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Monceaux

Les Africains, La littérature latine d'Afrique; Les Païens (1898)

 

Extrait du chapitre 5, consacré à Apulée (première partie)

 Apulee-a071a

CHAPITRE V

 

APULÉE DE MADAURA. — L'ANE d'OR.

 

Avec Apulée on peut dire que l'Afrique prend définitivement conscience de son génie littéraire. Toutes les innovations de ses prédécesseurs au pays d'Atlas, le mysticisme et le réalisme pittoresque de Manilius, le stylisme de Florus, la rhétorique à outrance de Fronton, la curiosité érudite d'Apollinaire et d'Aulu-Gelle, toutes les influences combinées de la race et du climat, toutes les singularités du latin local, tout cela vient se fondre dans l'œuvre d'Apulée. Non seulement il fut admirablement doué par la nature ; mais encore il eut la chance

d'arriver à son heure, de trouver l'instrument tout prêt, et d'être en parfaite communion d'esprit avec son public. Pour charmer ses compatriotes, il n'eut qu'à s'abandonner à son instinct, d'autant mieux qu'il eut assez de bon sens ou fut assez malin pour se fixer au milieu d'eux. Loin de l'Italie, sur la côte libyque, son génie original se développa librement ; il fut, dans les lettres, l'enfant chéri et le vivant portrait de l'Afrique romaine, qui aimait à se contempler en lui ; il resta toujours l'auteur favori de son pays natal, et il décida de la voie où allait s'engager pour des siècles toute la littérature  locale.

 

Apulée, bien sûr qu'on ne le prendrait pas au mot, aimait à se donner pour une façon de barbare : il disait de lui-même, dans des discours d'apparat, qu'il était à moitié Numide, à moitié Gétule (1). Modestie ou vanité, c'était exagérer un peu. Madaura, aujourd'hui Mdaourouch, où il naquit dans la première moitié du règne d'Hadrien, était située non point, comme il le prétend par hyperbole, « sur les confins de la Numidie et de la

Gétulie », mais à l'extrémité de la Numidie Proconsu laire et tout près des frontières de la Numidie propre : la Gétulie, c'est-à-dire le désert, commençait bien loin de là, au sud de Théveste, de Lambèse et du mont Aurès. En tout cas, Apulée était fier de sa ville natale :

« Je ne rougirais pas de ma patrie, disait-il, quand bien

même nous serions encore une place forte de Syphax. Mais, après la défaite de Syphax, notre cité fut cédée à Masinissa par le peuple romain. Puis, elle a été fondée , de nouveau par des vétérans, et maintenant nous sommes une magnifique colonie. »

 

Le site était admirable. Bâtie à l'extrémité septentrionale des Hauts-Pla-teaux de Numidie, à trois mille pieds d altitude, et protégée au sud par des crêtes boisées, Madaura dominait la vallée du Bagradas (la J/erf/erc^a), où l'on apercevait les cités florissantes de Thubursicum et de Thagaste ; des bords du plateau, où se creusaient de nombreux torrents, on voyait se dérouler, au delà du fleuve, en un large demi-cercle, les montueux horizons et les forêts de Calama, d'Hippone et de Thabraca. Apulée, tout enfant, subit la fascination de ces beaux paysages ; et, pour toute sa vie, son œil s'ouvrit aux reflets de lumière, aux tons chauds et aux formes pittoresques. Madaura,

d'ailleurs, était une ville de ressources.

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(1) Apol.^ 24 (L. Apulei Madaurensis Apolog>'a sive De Magia

Liber, edidit G. Krueger, Berlin, 1864). — Pour plus de détail sur Apulée, qu'on nous permette de renvoyer le lecteur à nos études précédentes : Note critique sur la chronologie des œuvrer d'Apulée {Revue arch., 1887) ; Apulée magicien^ histoire d'une légende africaine (Revue des Deux-Mondes, i*^ février 1888) ; Apulée, roman et magie, Paris, 1889.

_________

 

 

 

Grande et riche, elle avait le goût des arts : l'élégance de ses ruines suffit à l'attester. Elle possédait d'importantes écoles : Augustin y commença ses études ; là aussi se formèrent deux enfants de Madaura qui devinrent célèbres par toute l'Afrique, le rhéteur Maxime, camarade d'Augustin, et Martianus Capella. Apulée put donc recevoir une bonne éducation dans sa ville natale, où il passa toute son enfance jusqu'à l'âge de seize ou dix- sept ans.

 

On fut ambitieux pour lui. Il appartenait à l'une des premières familles du pays ; son père, qui était riche, avait rempli successivement toutes les charges municipales et avait même été élu duumvir(l). Aussi l'on songea à pousser le jeune Apulée. Avant tout, pour qu'il fît son chemin dans le monde, il fallait le dépayser.

Comme tous ses camarades, il savait surtout la langue du pays, un patois libyque, mêlé de punique ; il avait bien appris le latin à l'école, mais il le parlait avec un accent détestable, dont il ne put jamais se défaire entièrement, et qui plus tard lui valut à Rome bien des railleries. Aussi fut-il envoyé à l'Université de Carthage. Là, il se lia avec des jeunes gens distingués, dont plusieurs devaient avoir une belle carrière politique. Il se mit au travail avec une ardeur incroyable, étudiant surtout le grec, le latin, la philosophie. Devenu célèbre, il aimait à se rappeler cette époque de sa vie, et il disait aux Carthaginois : a Je suis votre compatriote ; je suis venu à vous dès mon enfance ; je ne suis pas un étranger pour vos maîtres (2). »

 

Comme tant d'autres, il voulut compléter son instruction par un voyage en Grèce. Il rencontra en Attique toute une colonie d'étudiants africains, qui devinrent ses amis et dont plus tard il se plaisait à faire les interlocuteurs de ses dialogues.

______

(1) Apol., 23-24.

 

(2) Florid,, 16 et 18 (Apulei Floridorum quae superstmi^ éd. G.

Krueger, Berlin, 1865).

________

 

L'un de ses meilleurs camarades était Ponlianus d'OEa, qui devait jouer un rôle décisif dans sa vie ; à Athènes, les deux

jeunes gens logèrent ensemble et vécurent dans une étroite intimité. Pour connaître l'existence qu'ils menaient, il suffit de se reporter aux récits d'Aulu-Gelle, qui étudia vers le même temps à la même Université.

Avec une intelligence autrement vive, Apulée portait dans son travail autant d'enthousiasme. Il s'intéressait à tout, à la rhétorique, à la grammaire, à la musique, à la poésie, aux sciences, à la dialectique, à l'ensemble de la philosophie: « Dans Athènes, dit-il, j'ai bu à toutes les coupes (1). » Sa curiosité l'avait entraîné bien plus loin encore. La précision de certains paysages de son roman prouve qu'il avait visité la Thessalie et la Grèce centrale. Peut-être alla-t-il jusqu'en Egypte et en Syrie.

Sûrement il parcourut la côte d'Asie-Mineure et les îles voisines : il nous dit lui-même qu'il connaissait la Phrygie, et dans une de ses conférences de Carthage il a décrit longuement, et en témoin oculaire, le temple de Héra à Samos (2). » Ce qui l'attirait surtout vers l'Orient, c'était son ambitieuse dévotion. Il voulait pénétrer tous les cultes secrets, il se fît admettre aux mystères de Dionysos, d'Isis, de bien d'autres divinités : « En Grèce, dit- il, j'ai été initié à presque toutes les religions. J'ai reçu de leurs prêtres différents signes et symboles que je conserve avec soin (3). » Il demandait la vérité à toutes les sectes comme à toutes les philosophies, et il ne se préoccupait guère démettre d'accord ces révélations incohérentes des savants et des prêtres; sa curiosité et sa foi ardente suffisaient à tout.

 

___________

(1) Florid.. 18 et 20; Apnl., 72.

 

(2) Apol.^ 23 ; Florid.^ 15 ; De Mundo, 17 (Apulei opuscula de

phllosophia, éd. Goldbacher, Vienne, 1876) ; Metam., XI. 28

(Apulei Metamorphoseon libri X7, éd. Eyssenhardt, Berlin, 1869).

 

(3) Apol,, 55.

 

______

 

 

Platon surtout était son dieu, mais le Platon transfiguré et à demi oriental des écoles du temps ; et dans ce néo-platonisme mystique se résumaient toute la science et tous les rêves d'Apulée.

 

Il était à Corinthe et venait d'être initié aux mystères d'Isis, quand cette déesse lui apparut et lui ordonna de retourner dans sa famille. Il obéit, et partit aussitôt pour l'Afrique. A Madaura, ses parents l'accueillirent comme l'enfant prodigue. Mais il y était à peine depuis quelques jours, que la déesse intervenait de nouveau, lui enjoignant de préparer ses bagages et de s'embarquer pour Rome. Une heureuse et prompte traversée le conduisit au port d'Ostie. « Là, dit-il, je montai dans une voiture qui m'emporta comme le vent ; et, vers le soir, la veille des ides de décembre, je fis mon entrée dans la cité sacro-sainte. » Il y goûta bien des joies mystiques, mais il y eut aussi bien des déboires. Sur l'ordre d'Isis, il se fit admettre aux mystères d'Osiris, fut affilié à la congrégation des Pastophores, et devint même l'un des dignitaires de Tordre. Asinius Marcellus, qui fut le parrain d'Apulée dans ces cérémonies, eut un songe qui promettait la gloire littéraire au nouveau confrère venu de Madaura. En attendant, le futur grand homme se débattait contre la gêne. Sa vie d'aventures ou d'études et des libéralités de tout genre avaient ébréché son

patrimoine, et l'existence coûtait cher à Rome : pour payer son costume d'initiation, il avait dû vendre jusqu'à ses bardes. Il dut songer à se créer des ressources. Un personnage influent, qu'il avait sans doute connu à Carthage et qui fut plus tard proconsul d'Afrique, l'avait recommandé à ses amis de la capitale. Apulée se fit inscrire au barreau et y gagna quelque argent ; mais il y devint le point de mire des mauvais plaisants, qui riaient de son accent numide et de son latin barbare. Heureusement Osiris lui apparut, l'engagea à persévérer et à se moquer des envieux. Bravement Apulée se remit à l'étude du latin, sans maître cette fois. Il y peina beaucoup, nous dit-il ; enfin il se corrigea de quelques défauts de langage, et trouva même quelques affaires lucratives. Pourtant il se dégoûta vite de Rome, où il sentait qu'il resterait toujours un étranger : bientôt il quitta la capitale, pour n'y plus rentrer(1).

 

Des raisons de famille précipitèrent sans doute son retour en Afrique. Son père venait de mourir, laissant une fortune assez considérable. Apulée hérita de la moitié du patrimoine, et en même temps des honneurs municipaux : désormais il eut un siège à la curie de Madaura. Il songea à se fixer dans sa patrie, où il reprit son métier d'avocat; et peu s'en fallut qu'il ne devînt

à son tour, comme ses ascendants, un bon bourgeois de Numidie. Mais ce n'est pas en vain qu'on a couru le monde, goûté à la science et à la gloire. Apulée eut bien vite la nostalgie des grandes villes. Sans rompre avec ses compatriotes, et en conservant chez eux ses places, il s'établit à Carthage, où il commença de fonder sa réputation. Nous savons qu'alors il prononça un discours d'apparat de vaut le proconsul Lollianus Avitus; et il a tant vanté le bon goût d' Avitus, qu'évidemment le proconsul l'avait beaucoup applaudi (2).

 

Un jour, on ne sait pourquoi, et suivi d'un seul esclave, il se mit en route pour Alexandrie d'Egypte. Mais il n'avait pas encore franchi les limites de la Proconsulaire qu'il tomba malade. Il dut s'arrêter dans la ville d'Œa, aujourd'hui Tripoli, Tout en se soignant, il plaidait et faisait des conférences publiques ; il débuta par un discours sur Esculape,qui eut beaucoup de succès et que les lettrés du pays apprirent par cœur. Une fois qu'on eut entendu l'habile orateur, on mit tout en œuvre pour le retenir à Œa ; on lui représenta le danger qu'il y avait à traverser en été un désert infesté de lions; bref, on le décida à patienter au moins jusqu'à l'hiver.

 

 

________

(l) Metam., I, 1 ; XI, 24-30; Florid., 17; ApoL, 23.

(2) Apol., 23-24 ; 94-96.

_______

 

Chaque discours qu'il prononçait était un nouveau triomphe; et il restait toujours. Au bout d'un an, comme il venait de parler à la basilique, le public fut si enthousiaste qu'on le nomma citoyen d'Œa et qu'on le supplia de s'établir définitivement dans le pays. De fait, il y séjourna trois années, s'éloignant quelquefois pour des tournées de conférences dans les villes voisines, jusque dans les montagnes et les oasis du désert, mais

revenant toujours vers Œa (1). Pourtant il regrettait Carthage et s'entretenait par lettres avec les amis qu'il y avait laissés : les suites d'une aventure romanesque allaient le ramener dans la capitale de la province.

 

En arrivant à Œa, il était descendu chez ses hôtes les Appii. Mais à peine y était-il installé qu'il avait vu arriver son ancien camarade d'Athènes, Pontianus. Celui-ci avait son idée : comme sa mère Pudentilla songeait à se remarier, il cherchait un honnête homme qui ne s'efforçât point d'accaparer la fortune, et son ami le philosophe lui semblait devoir être le beau-père idéal. Aux premiers mots de mariage, Apulée s'était mis en garde, déclarant qu'il aimait trop les voyages pour enchaîner

sa vie. Pontianus avait tant et si adroitement insisté que

les Appii avaient consenti à céder leur hôte, et le jeune philosophe, bon gré mal gré, avait dû accepter tout au moins l'hospitalité de son camarade. D'ailleurs, il s'était plu tout de suite dans la maison de Pudentilla, surtout à cause des belles terrasses d'où le regard s'étendait au loin sur la mer. Peu à peu il avait apprécié les vertus et l'amabilité de la veuve, et pour payer son écot, tout en travaillant pour son compte, il s'était mis à diriger les études de Pontianus et de son frère Pudens.

____________

(1) ApoL, 17; 41; 55 ; 72-73.— Cf. Saint Augustin, Epist, 138.

__________

 

Bien des mois avaient passé, quand Pontianus revint à la charge :

« Si tu prétends Le dérober, lui dit-il, parce qu'on te propose non point une jeune et belle pupille, mais une femme de médiocre beauté et mère de deux enfants ; si de semblables considérations te déterminent à chercher ailleurs plus de charme ou de richesse, je ne verrai plus en toi ni un ami ni un vrai philosophe (1). » Cet argument emporta les résistances d'Apulée ; au fond, il ne demandait qu'à se laisser convaincre. Le mariage fut célébré bientôt après à la campagne. Mais, dès que les deux époux rentrèrent en ville, Apulée se vit en butte à d'odieuses calomnies. Pudentilla était riche; et la famille de son premier mari accusait hautement le philosophe de vouloir détourner la fortune. Après divers in- cidents, ces insinuations prirent corps dans un procès :

les ennemis d'Apulée prétendirent qu'il avait usé de sortilèges pour gagner le cœur de la veuve, et ils l'inculpèrent de magie. L'affaire fut portée devant le proconsul d'Afrique. C'est à cette occasion que fut prononcée la curieuse et charmante Apologie que nous possédons. Apulée eut gain de cause; mais ces calomnies, ce déchaînement de haines et ces attaques l'avaient dégoûté de la ville d'OEa.

 

(1) Apol, 72-73.

 

Il revint à Carthage, et il s'y fixa, cette fois pour toujours. C'est dans cette grande cité, la métropole de l'Afrique, qu'allait se déployer tout son talent et se consacrer sa réputation. Il y exerça bien des métiers, en même temps qu'il remplissait diverses fonctions honorifiques : à la fois avocat, médecin consultant, philosophe, savant, rhéteur, poète, romancier, bibliothécaire et prêtre d'Esculape, député au Conseil provincial. Il avait d'ailleurs l'indépendance que donne la fortune : il avait partagé avec son frère l'héritage paternel qui montait à près de deux millions de sesterces, et, malgré tous ses voyages et ses largesses, il affirme lui-même que son patrimoine n'était pas trop entamé ; de plus, sa femme Pudentilla, qui appartenait à une famille de chevaliers, possédait dos biens-fonds en Tripolitaine et d'importants revenus. Apulée pouvait donc, en toute liberté, se livrer à l'étude, et sa femme elle-même le secondait dans ses travaux ; il passait une bonne partie de ses journées dans sa bibliothèque ou son laboratoire, lisant, écrivant, disséquant. Avant tout, il se sentait né pour l'éloquence, et il saisissait toutes les occasions de se produire. Souvent il entreprenait quelque tournée littéraire en province ; il courait de ville en ville, partout attendu; reçu en triomphe, acclamé, fêté, applaudi, honoré de statues. Mais à tous il préférait ses chers Carthaginois. C'était là son vrai public, avec lequel il se sentait toujours en communion d'esprit. Apulée était toujours prêt à parler ; car il estimait que, pour bien parler, il faut parler souvent.

On pouvait l'entendre un peu partout : au sénat de Carthage, où il siégeait sans doute en sa qualité de prêtre ; à la bibliothèque ; sur l'Acropole de Byrsa, au temple d'Esculape, dontles terrasses, tournées vers les ports, dominaient un escalier monumental. Le plus souvent, les conférences d'Apulée avaient lieu au théâtre, qui était situé dans le quartier de l'Est, sur les pentes du plateau et en vue de la mer. On plaisantait un peu l'orateur sur le choix du local, et l'on affectait de comparer ces séances d'éloquence à des représentations dramatiques. Apulée s'en défendait avec esprit; mais, au fond, il ne parlait jamais si bien qu'au théâtre.

C'est que, d'abord, il lui fallait un public nombreux, il le dit lui-même ; et il aimait à voir devant lui une foule compacte « telle qu'on n'en vit jamais dans l'auditoire d'un philosophe. » Puis, cette vaste scène encadrait à merveille son talent un peu théâtral. Il était né orateur: il avait la belle prestance, le regard dominateur, l'imagination forte, le verbe enflammé, la souplesse et l'audace de l'homme qui par des mots mène un peuple. Dévot comme nous le connaissons et avide de surnaturel, s'il eût vécu cinquante ans plus tard, il eût sans doute été conquis par le christianisme, comme Tertullien et tant d'autres rhéteurs du pays ; il eût trouvé dans la religion nouvelle un aliment à sa chaude éloquence.

Mais un païen qui vivait sous les Antônins, au milieu d'une société paisible et blasée, ne pouvait que gaspiller les plus beaux dons oratoires: ce fut le destin d'Apulée. Ne pouvant instruire et entraîner, du moins il sut toujours plaire et amuser. Pour cela, comme on l'adorait à Carthage, il n'avait qu'à parler de lui. Avec une verve intarissable et une bonne humeur communicative, avec une complaisance naïve et spirituelle, il racontait sa vie, ses voyages, ses aventures dévotes, ses occupations, ses lectures, ses réflexions, ses mala dies, ses succès. Il lisait des fragments de ses œuvres ; et, si par hasard quelque envieux l'avait attaqué, il prenait le public à témoin de l'injustice de ses ennemis. Quand il traitait un sujet de philosophie, ou d'histoire, ou de littérature, ou de science, il suivait de l'œil ses auditeurs, toujours prêt à réveiller l'attention par une anecdote, un portrait, une fable, un mot piquant, une drôlerie quelconque. Sa vaste érudition, sa mémoire toujours prête, son imagination alerte lui fournissaient à propos l'argument décisif, le trait qui porte ; et celle éloquence fantasque s'enveloppait tout naturellement d'un style étrangement personnel, incorrect et maniéré, mais vivant et lumineux (1).

 

Rarement un orateur a été aussi complètement goûté, aussi constamment suivi de son public. Les Carthaginois ne pouvaient se lasser d'entendre Apulée. On lui reprochait toujours de mettre trop d'intervalle entre ses conférences. On lui demandait compte de la moindre absence.

 

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(1) Florid., 5 ; 9 ; 13; 17-18. — Apol.^ 23 ; 92 sqq.

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Un jour, au théâtre, un orage avait interrompu une séance de lecture ; Apulée avait promis de poursuivre le lendemain, mais on l'avait attendu en vain ; pour le forcer à reparaître, on avait imaginé de lui élever une statue. Le moyen était bon, car on revit bientôt le conférencier. Il arriva en boitant, mais en-

chanté ; il expliqua pour s'excuser comment, après la réunion précédente, il avait eu la malencontreuse idée de se réfugier à la palestre ; là il s'est tourné le pied, puis a été pris d'accès de fièvre, ce qui la forcé d'aller se soigner aux Eaux Persiennes; il n'est pas entièrement guéri, mais il a voulu partir quand même, pour retrouver ses amis les Carthaginois ; en route, il a appris les honneurs qu'on lui décernait, et cette bonne nouvelle l'aura vite remis d'aplomb sur ses deux pieds : tout cela raconté avec force détails drolatiques et un entrain

à réveiller un mort. Dès qu'Apulée se montrait de nouveau, on lui pardonnait aisément ses fugues. Mais, quand on le tenait, on entendait bien le contraindre à déployer toutes ses grâces ; on lui demandait, par exemple, d'improviser sur un sujet choisi par l'auditoire ; tantôt il devait s'exprimer en grec, tantôt en latin ; et si les avis étaient partagés au début de la séance, il lui fallait commencer dans une langue et terminer dans l'autre. L'orateur et le public, qui ne pouvaient se passer l'un de l'autre, faisaient assaut de caprices et de compliments. Apulée ne cessait de vanter Carthage, la grandeur et la beauté de la ville, l'intelligence et le bon goût des habitants ; chaque témoignage de sympathie, tout honneur qu'on lui rendait, lui fournissait l'occasion d'un remerciement solennel au public,

au proconsul, au sénat local ; en reconnaissance de tant de bienfaits, il s'engageait à se donner partout comme Carthaginois ; il composait des panégyriques de la cité ; et, comme ses livres se vendaient bien, dit-il, la gloire de Carthage se répandait dans le monde entier.

 

D'ailleurs, tout ce que disait Apulée était parole d'or ; et toujours des sténographes étaient là, prêts à lancer dans la capitale et dans toute la province le dernier discours (1).

 

Cela dura bien des années, jusqu'au moment où mourut Apulée, sans doute dans la seconde moitié du règne de Marc-Aurèle. Par son talent, par ses succès d'écrivain et d'orateur, il était devenu l'un des principaux personnages et la gloire de TAfrique. Il était l'idole de la foule, il était recherché de toute la haute société ; il vécut dans l'intimité des proconsuls qui se succédèrent à Carthage, de Lucianus Avilus, de Claudius Maximus, de Severianus, d'Orfitus, qui tous l'applaudirent bien souvent.Il siégeait au Conseil provincial, probablement comme député de Madaura, et c'est ainsi qu'il put être élu président de cette assemblée,

grand-prètre d'Afrique : en cotte qualité il donna des jeux, et dans les cérémonies il ne cédait le pas qu'au gouverneur. Depuis longtemps on lui avait élevé des statues dans beaucoup de villes ; il en eut au moins deux à Carthage de son vivant, l'une offerte par le consulaire Emilianus Strabo, l'autre par le sénat de la cité (2). Il dut mourir content; car il avait toujours rêvé la gloire, et il aimait toutes les formes de la louange.

 

S'il fut si populaire dans l'Afrique des Antonins, c'est qu'il était bien de son temps et de son pays. Il tient de son siècle par son immense érudition un peu confuse, par son ardeur pour la science, par son goût des minuties et par sa frivolité pédante. Mais il tient bien plus encore de l'Afrique, par son patriotisme local, par ses caprices d'imagination, par son enthousiasme mystique, par son exagération et ses audaces, par le tour oratoire, la sincérité et la personnalité de ses œuvres, par le réalisme, l'éclat et le relief de son style, par sa maladresse à manier le latin classique.

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(1) Florid., 9; 16-24.

 

(2) Florld., 9; 16-17 ; saint Augustin, EpisL 138.

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Parmi les païens, il est l'Africain par excellence, comme Tertullien parmi les chrétiens. C'est une physionomie singulière et bien vivante, toute en contrastes. Comblé de tous les dons de la fortune, affamé de gloire, soigneux de sa réputation jusqu'aux mesquineries de la vanité, chatouilleux sur les critiques et prompt à la riposte, Apulée du moins ne se laissa point gâter par le succès ; il conserva ses goûts simples et continua d'étudier, toujours honnête homme, bon pour tous, fidèle en ses amitiés. Il était généreux, ouvrait largement sa bourse, dotait des filles pauvres : il n'avait que le tort de raconter ses bienfaits.

Il affectait de dédaigner la richesse et les avantages physiques, ce qui ne l'empêchait pas à d'autres moments d'énumérer avec complaisance ses revenus, d'être fier de sa beauté virile et de sa longue chevelure bouclée.

Il passa la moitié de sa vie à courir le monde, et cependant il adorait son pays natal, y pensait toujours et y revenait : une seule chose lui plaisait autant que les aventures du voyage, c'était l'existence calme et sédentaire du savant. Homme d'imagination et de fantaisie, il vivait dans les laboratoires et les bibliothèques. Orateur applaudi et toujours rappelé, il emmagasina dans sa tête toute la science de son temps.

Erudit infatigable, il sut rester original : il portait allègrement ce lourd bagage, et avec sa naïveté de cœur il gardait sa fraîcheur d'impressions. Philosophe, mathématicien , naturaliste, romancier réaliste et railleur sans vergogne, il fut en même temps prêtre et le plus crédule des dévots ; il avait toujours sur lui quelque talisman ; il fut affilié à toutes les sectes, aux

mystères de l'Orient ; il accepta les rêveries du néoplatonisme et admit l'existence des démons ; il eut le tourment de l'occulte, et passa pour sorcier. Il usa et abusa de tous les artifices de la rhétorique, et néanmoins il eut un style bien à lui, à la fois naturel et raffiné, pédant et fantasque, avec un mélange de trivialités et de délicatesses, plein de mauvais goût, mais aussi de verve, d'esprit et de couleur.

 

De ces contrastes on trouve l'explication dans quelques-uns des traits dominants de cette figure si complexe. D'abord Tacharnement au travail : « Dès mes premières années, dit Apulée, je me suis voué corps et âme aux belles-lettres, et à elles seules ; j'ai méprisé tous les autres plaisirs, jusqu'à l'âge où me voici ; j'ai peut-être plus travaillé qu'aucun autre homme ; j'ai peiné jour et nuit ; j'ai prodigué, j'ai sacrifié une constitution des plus vigoureuses, uniquement pour m'instruire (1). » Avec cela, une imagination mobile et une curiosité gloutonne, qui tour à tour l'entraînaient vers les lointains pays ou renfermaient dans un cabinet d'études, qui le poussaient alternativement vers la science et vers les dévotions mystérieuses. Enfin le besoin de paraître, de s'enivrer de mots, l'audace, les ressources infinies d'un talent original et bien personnel: il osa tout, par amour de la gloire ; il réussit en tout, grâce â une prodigieuse souplesse d'esprit ; il laissa son empreinte sur tout ce qu'il toucha. De là ces aspects si variés de son talent ; car il fut également célèbre comme philosophe et comme savant, comme orateur, comme romancier, comme écrivain.

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