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Je me dois de préciser d’abord, avant même d’entrer dans le vif du sujet, ce qui m’a poussé à travailler sur la représentation des Libyens, c’est-à-dire des Berbères de l’antiquité, dans la littérature grecque. Après avoir lu de nombreux ouvrages historiques sur les Berbères, et notamment des ouvrages de vulgarisation, j’ai constaté qu’on présentait trop souvent les sources antiques sur les Berbères comme des sources dignes de foi, qui donnaient un témoignage objectif sur ce qu’étaient les Berbères de l’antiquité. Bien sûr, ce sont les seules sources que nous avons sur les antiques Berbères, et nous ne pouvons pas les ignorer en les balayant d’un revers de main. C’est que j’ai voulu faire simplement, et humblement, c’est montrer en quoi même dans les écrits historiques et a fortiori dans tout ce qui est poèsie, épopée, tragédie, dithyrambe, en quoi, dans ces écrits, il y avait la trace ineffaçable, insurmontable et irréductible d’une culture qui donne à voir par là-même sa particularité.

Ce que j’ai voulu souligner c’est donc l’ancrage culturel  et la valeur essentiellement littéraire de ces textes qui traitent des Libyens. En ce sens, d’une certaine manière,dans mon travail, on en apprend moins sur les Libyens, que sur les Grecs et sur la représentation que ces derniers se faisaient de nos ancêtres. De plus, je précise que les sources grecques concernant les Berbères, sont beaucoup moins connues et aussi beaucoup plus éparses que les sources latines. J’ai donc essayé de défricher un terrain qui  ne l’était pas encore assez.

J’insiste donc sur le fait que l’intitulé de mon sujet est « L’image des Libyens dans la littérature grecque ». Que faut-il donc entendre par « image »? Tout d’abord il faut dire que j’ai essayé de replacer la représentation du Libyen dans le cadre général de la représentation de l’autre par les Grecs, qui était comme toute représentation sociale imprégnée de mythes. Le mythe est en cela le premier moyen d’accèder au monde et à l’autre. Bien sûr l’image du Libyen ne se limite pas aux mythes, mais elle lui doit beaucoup du fait que les mythes sont structurants par essence. Le mythe est en quelque sorte une oeuvre sociale, un imaginaire collectif, qui sera le socle privilégié de  la littérature. Le mythe, la connaissance diffuse du mythe détermine alors un horizon d’attente pour toute oeuvre littéraire, prose ou poèsie. L’imagination collective trouve donc sa pleine réalisation dans la littérature, et dans les arts représentatifs, instruments de fixation et de diffusion d’un monde culturel intérieur vécu comme réel. Mais, la littérature est aussi enjolivements, figures, images, en un mot, un art que marque un style propre à un auteur: ainsi, non seulement la littérature est nourrie de l’imagination collective, mais encore, en retour, elle alimente celle-ci par sa poétique singulière. 

Il s’agissait donc de me demander ce qui dans l’image proprement dite est véritablement oeuvre littéraire. En fait, l’image met en jeu des réfèrences communes. Elle s’adresse directement à un regard fait pour les regarder, pour les comprendre en elles-même et dans ce qu’elles suggèrent. En ce sens, on peut dire que l’image est plus ou moins révélatrice de la structure dans laquelle elle se donne. 

Le problème essentiel qui se posait à moi dans la recherche d’une image du Libyen dans la littérature grecque, c’est le risque de reconstruction que peut induire une telle démarche. On risque par exemple de perdre de vue ce qui fait l’originalité d’un auteur par rapport à la « tradition » et de le considérer comme le porte-parole attitré de la société et de la culture dans laquelle il vit. 

De plus, il y a dans dans la création littéraire non seulement l’investissement du génie propre d’un auteur, en même temps que d’un imaginaire collectif, mais de surcroît un dialogue de l’auteur avec d’autres textes, ce que Genette a appelé « intertextualité ». Comment déceler la présence d’un texte à travers un autre quand le premier nous est inconnu? Il fallait ensuite voir si ces textes sur l’image du Libyen étaient représentatifs. En effet, en matière d’image, la diffusion a son importance. On peut même dire que c’est cette diffusion qui détermine le statut de l’image: acquiert-elle la dimension d’un type, ou est-elle simple image fugitive, ephémère représentation qui n’a de portée que limitée à un espace et à un temps déterminés, et même à un auteur?

Il me fallait donc considérer si pour ce qui concernait le Libyen, le Berbère, il y avait autant d’images que de mentions qu’on pouvait en faire. Je précise tout de même que les textes que j’ai rassemblés dans le corpus couvrent près de onze siècles.

Et, il n'est pas impossible qu'à avoir voulu fouiller en archéologue les textes grecs à la recherche de la figure du Libyen, je n'ai pas fait plus oeuvre d'architecte et reconstruit plus qu'examiné l'horizon de ces textes.

 

En tout état de cause, il m’a semblé que l’image du Libyen se donnait essentiellement sous trois dimensions:

- la dimension mythique

- la dimension ethnographique

- la dimension historique, si l’on peut dire.

 

La première confine à l’âge mythique de la raison, la perception de l’autre Libyen se donne alors sur le mode d’une représentation mythique et mythifiante, qui donne lieu à toutes sortes de fantasmes.

La seconde naît avec une nouvelle exigence de la raison qui reconnaît l’importance de l’expérience directe de l’autre. C’est alors la découverte du relativisme des lois et des coutumes qui transparait dans l’ethnographie  par la description rationnelle plus ou moins « exhaustive » des moeurs de l’autre, ce qui implique soit l’observation, soit l’information.

La dernière dimension et non des moindres apparait avec l’apparition dans ces peuplades de personnages particularisés, en tant que figures historiques et non simplement ethnographiques. Le Libyen, l’Africain apparait alors comme ayant une importance particulière dans le déroulement de l’histoire et des évenenements historiques qui touchent d’une façon ou d’une autre l’interêt (et l’imaginaire) grec.

 

Mais, on ne peut pas dire qu’à ces trois dimensions, il y ait des époques, des périodes qui correspondent nettement: en effet, elles peuvent se mettre en oeuvre de manière contemporaine, mais encore se présenter à quelques pages l’une de l’autre chez un même auteur. Pour des raisons de commodité, pour me conformer à mon plan chronologique, et surtout dans un souci de clarté, j’ai distingué quatre périodes de la représentation du Libyen dans le cadre de la représentation du Barbare, pour autant que les Grecs du temps d’Homère ne regardent pas de la même façon le monde que les Grecs du temps de Plutarque

 

 

Ainsi, le premier chapitre s'est fondé essentiellement sur l'écriture poétique et mythique.

Le deuxième a été centré sur l'écriture ethnographique et rationalisante, et essentiellement sur le livre IV d'Hérodote.

Le troisième, avec l'évolution du statut de l'Autre avait pour but de montrer de quelle manière il pouvait y avoir un lien, dans le cadre de l'érudition poétique, entre le Mythe et l'ethnographie. Le quatrième chapitre enfin s'est axé essentiellement sur le Libyen comme personnage historique dans la période romaine.

 

Il est certain que je n'ai pas pu au cours de l'exposé m'en tenir à cette vision schématique, et souvent j'ai dû faire des anticipations, et parler de l'historique dans l'écriture ethnographique ou mythique. Il est d'ailleurs à remarquer que le découpage chronologique, comme j'ai pu le signaler dans l'introduction, nous a fait faire de nombreuses répétitions, mais il est vrai qu'il nous a permis de ne pas laisser d'équivoque pour ce qui est de l'image "textuelle" (au sens propre du terme) du Libyen.

 

J’ai, à chaque fois traité, séparément prose et poésie, car le statut de l’image du Libyen tient tout autant de l’époque dans laquelle elle se donne que de la différence générique des textes qui la mettent en oeuvre. La poésie donnera par exemple plus de place au discours mythique, tandis que la prose, notamment historique et ethnographique, mettra essentiellement en avant un discours qu’on pourrait qualifier de rationnel, du moins  où le mythe semble subsumé à la raison.

 

En fait si l’on considère les choses de manière générale, on peut dire qu’il y a une certaine permanence dans l’élaboration de l’image du Libyen, ce qui semble toujours présent c’est l’ambivalence, l’équivocité du Libyen, et de la Libye, tantôt hostile, tantôt hospitalier.

 

Je vais essayer autant que possible de résumer chacun de mes quatre chapitres en insistant  sur l’essentiel. Il est certain que les chapitres historiques ou ethnographiques sont peut-être ceux qui intéresseront le plus les berbèrisants, mais il n’en est pas moins que la poésie et l’image du Libyen qu’elle véhicule a pu avoir une certaine influence sur cette écriture.

 

 

I. Le Libyen dans la poésie archaïque et classique

 

Mon premier chapitre, auquel correspond la première partie du corpus, s’est centré essentiellement sur la poésie d’Homère et de Pindare qui sont pour la période archaïque les plus prolixes en ce qui concerne la Libye, moins en ce qui concerne les Libyens, il faut l’avouer. Ce chapitre est lié au mythe. Et la première mention de la Libye dans la littérature grecque le montre assez bien, puisque cette contrée y est caractérisée selon le mode de la profusion et de la fertilité: « La Libye où les agneaux naissent aussitôt avec des cornes, car les brebis mettent bas trois fois dans l’année, là où ni le chef ni le berger ne manque de quelque fromage, de viandes ou de doux laitages, mais toujours elles fournissent du lait en abondance. »

La Libye mythique semble alors nettement associée à la fécondité, et à la richesse, elle deviendra par la suite une sorte de topos littéraire, de lieu commun de la représentation de la Libye. Mais, comme corrolaire à la fertilité, il y a toujours le danger, le risque que l’on retrouve dans la profusion en bêtes sauvages, dans le danger des côtes de Libye, dans l’aspect désertique de ces plages. En somme, aussi fertile soit-elle la Libye peut se présenter comme inhospitalière.

Pourtant, la Libye entretient des liens avec la Grèce ou du moins a sa place dans l’horizon de l’hellénisme, notamment à travers la présence des Dieux grecs en Libye.

On peut signaler par exemple outre la présence de Zeus Ammon, la mention d’Athéna Tritogénéia, qui est considérée par Eschyle par exemple comme née « œn libustiko‹j tÒpoij ». On trouve cet épithète aussi bien chez Homère que chez Hésiode, mais elle ne semble pas avoir comme chez Eschyle ce sens topographique. Mais on peut voir de quelle manière cet adjectif « tritogeneia » a été assimilé par les Anciens à une région particulière de la Libye. 

La figure de Poséidon est aussi intéressante dans le sens où elle met en relation la Grèce et la Libye à travers sa descendance: ainsi Eurypyle-Triton offrira à son frère Euphèmos, l’un des Argonautes, la motte de terre qui fera des Battiades les maîtres de la terre de Cyrène. Une scolie nous dit que toute la Libye est consacrée à Poséidon du fait de son union avec Libye, la déesse. Poséidon est donc à l’origine de la colonisation de la Libye: Hérodote signale le fait que Poséidon est un dieu proprement libyen qui a été par les Grecs aux Libyens.

Libye est aussi une déesse, elle serait la fille d’Epaphos, fils de Zeus et de Io. Enfin tout est toujours ramené à la Grèce, et la plupart du temps le discours mythique est à considérer comme la justification de la colonisation par les Grecs d’une partie de la Libye, à cause de sa richesse, de sa fécondité et de la marque qu’ y ont imposée les dieux.

 

Jusqu’à maintenant il ne s’est agi que de la terre, mais dans le mythe, il y a aussi la présence de personnages présentés comme libyens ou du moins comme vivant en Libye: ainsi, Antée, les Danaïdes, Atlas, les Hespérides, Triton: la caractérisation de chacun de ces personnages dépend essentiellement de l’utilité que peut en avoir le poète, tantôt ils seront caractérisés comme sanguinaires, violents et cruels, frappés d’une démesure essentielle, tantôt ils se verront qualifiés de doux, d’hospitaliers. Autant dire que les personnages mythiques libyens sont aussi ambivalents que la terre qu’ils habitent.

En forçant les textes on peut essayer de lire, un embryon d’ethnographie poétique. Il n’y a au sens strict qu’une seule mention de peuplade libyenne, et bizarrement elle se trouve dans la plus ancienne de nos sources, chez Homère: il s’agit des Lotophages, peuplade qui, au dire d’Ulysse, ne se nourriraient que d’une plante qui cause l’oubli, en cela ils représentent un danger pour le retour au pays. Pour ce qui est du mode de vie, nous sommes essentiellement renseignés par Homère et par l’image de la Libye féconde qu’il a véhiculée. Avec les Lotophages, l’activité essentielle semble être la cueillette. La conséquence de la fécondité de la Libye pourtant c’est que la population soit en majorité composée d’agriculteurs et de pasteurs. Le pastoralisme semble essentiel dans la présentation que nous fait Ménélas de la Libye heureuse, qui l’est tellement que la division sociale entre Prince et berger ne recouvre pas une division des richesses. On peut voir une allusion au nomadisme, dans la mention par Pindare de « nomades cavaliers »: il illustre d’une certaine manière l’importance que les chevaux et l’art équestre ont en Libye et pour les Libyens. Pour ce qui est de l’organisation sociale, nos textes, qui n’ont pas de vocation ethnographique, font allusion à une organisation de type hiérarchique, du moins à l’existence d’une classe dirigeante: basileuj ou anax, roi ou chef. Le roi a un nom, Pindare le nomme Antée,ou plutôt Antaioj comme le titan, roi de la ville d’Irasa, il organise un jeu pour marier sa fille. Bien sûr il en est tout autrement quand dans l’écriture ethnographique proprement dite, on nous décrit les moeurs et le mode de vie des Libyens.

 

 

II. Le Libyen au miroir de l’ethnographie

 

De fait, la Libye dans la prose classique passe toujours par les mêmes avatars de fascination et de crainte, la poésie n’est pas étrangère à cet attrait dont parle Aristote. Mais, à la représentation purement poétique et allusive des poètes vient se substituer la démarche rationnelle et scientifique qui veut donner du monde une description ordonnée. La Libye acquiert alors la dimension archétypique de la contrée qui se caractérise par le danger qu’elle représente: le désert constitue essentiellement le paysage que les Grecs associent à la Libye. Elle semble liée à l’aridité, à la chaleur, au sud, comme la Scythie, son exacte opposée, peut être associée au froid: la représentation du monde et de la Libye en particulier sous le signe de la géométrie, et de la symètrie. Le mode de représentation géométrique, archétypique vaut essentiellement pour la géographie, pour la cartographie, pour les contrées. Mais, l’espace de la carte qui se donne comme « l’espace » universellement valable, est en fait l’espace grec du savoir. La manière même de se placer par rapport à l’espace marque une sorte d’hellénocentrisme qui est à l’origine de la représentation particulière que peut véhiculer le discours ethnographique. De plus, cette manière de situer son discours dans un espace grec inclut constamment l’observateur ou l’utilisateur: dans ces descriptions rationalisantes, les yeux de celui qui regarde, sont toujours présents; orientation proprement grecque d’un regard qui se veut panoramique et exhaustif, et dont la singularité même réside dans sa subjectivité.

Un exemple de continuité de la poésie et de la prose : l’union des bêtes sauvages de toutes espèces à des points d’eau. On trouve cet exemple dans un traité attribué à Aristote, Histoire  des animaux.

En fait, le discours poétique est alors parmi d’autres un des avatars de l’enquête, non pas autopsie mais ouïe-dire: le discours poétique a donc le statut d’un témoignage, celui d’un éminent témoin. La prose du moins ne se contente pas de  se référer à ce qu’a pu dire la poésie, elle a son propre discours fondé sur les principes généraux d’une conception du monde.

En fait, s’il y avait un regard typisant dans la poésie qui permettait une représentation plus ou moins facile à faire du Libyen, il n’est pas aussi clairement mis en scène dans le discours ethnographique. La quantité d’informations que suppose l’enquête cache une représentation diverse du  Libyen, qu’il faut essayer de lire à travers la profusion des textes et des descriptions qui ne sont pas toujours exempts de jugement.

Les écrits d’Hérodote se présente comme objectifs. En fait, la méthode de description que suppose l’enquête pour circonscrire le Libyen relève d’une certaine subjectivité. On nous présente bien le Libyen et son mode de vie, son organisation politique, ses moeurs sexuelles, son alimentation et son économie, ses rites religieux, mais il y  a toujours implicitement ou explicitement la présence d’une norme grecque qui est la grille de lecture à travers laquelle Hérodote ou ses lecteurs peuvent interpréter la relative étrangeté des ces Libyens qui sont décrits. En fait, bien que la description du Libyen se place dans le cadre d’un certain relativisme naissant, le Libyen n’est jamais décrit en lui-même, mais toujours en rapport à d’autres peuples, les Perses, les Egyptiens, les Grecs, qui ont une véritable profondeur historique. Le Libyen est en fait considéré par Hérodote comme le représentant d’un âge primitif, du temps des origines des Grecs. Hérodote est alors comme le lointain ascendant de la théorie du Primitif, image d’un temps révolu. 

En tout état de cause pour ce qui est de la représentation de la Libye et du Libyen, avec la géométrie et l’ethnographie, elle acquiert des aspects différents par rapport à la simple représentation mythique: 

- La Libye apparaît comme une terre formée de trois bandes (littoral, bêtes sauvages, bourrelet sablonneux)

- Le Libyen se constitue encore une fois dans une ambivalence et une plurivocité poussée à son comble par la description ethnographique. Ce qu'il faut considérer, c'est d'abord la manière dont apparaît le Libyen au niveau physique. Si on suit Hérodote, les Libyens sont les plus sains de tous les hommes (ce qui n'est pas l'avis d'Hippocrate qui est médecin). Bien qu'on ait peu de descriptions physiques détaillées, le Libyen est caractérisé par sa coiffure singulière, ses vêtements en peaux de chèvres ou en peau d'autruches et parfois par la couleur rouge dont il s'enduit le corps. Le Libyen, si l'on suit Hippocrate, aurait une belle apparence et de l'embonpoint (comme l'Egyptien) mais rien en lui ne marquerait la fermeté d'âme et de caractère. Et il paraît plutôt caractérisé pour le médecin par la lâcheté plutôt que par le courage. Pourtant, Hérodote nous décrit le peuple libyen comme un peuple relativement pugnace qui ne se laisse pas faire ni par le colonisateur grec, ni par l'envahisseur perse. Mais, la théorie des climats d'Hippocrate nous le montre comme ayant des moeurs dissolues, ce que confirme Hérodote. Le Libyen apparaît alors comme quelqu'un qui se laisse aller au désir sexuel et à sa satisfaction immédiate avec la première venue, parfois même il ne se marie pas et use en commun des femmes. Le Libyen devient alors être de fantasmes, mépris et fascination se mêlent alors dans l'élaboration de son image. L'exotique libyen a une sexualité débridée qui confine à la bestialité. Mais, il n'est pas que bestial, et quand il s'agit du respect des morts ou des dieux, il est alors aussi pieux que le Grec, même si parfois quand il se retrouve aux marges du monde il est en proie à la démesure. Le pays du Libyen c'est le désert qui abrite les serpents, les montagnes boisées pleines de bêtes sauvages et parfois merveilleuses, c'est cette île où l'on ne se nourrit que de lotus, c'est ce bourrelet où l'on habite dans des maisons de sel, c'est cet Atlas qui touche les nuages du ciel. Le Libyen est partout insaisissable parce qu'il est nomade, parce qu'il habite les escatiai du monde. Le Libyen est toujours en route, toujours au loin. Tantôt pasteur, tantôt agriculteur, tantôt brigand. C'est le Nasamon, le Garamante, l'Asbyte, le Maxyes ou l'Ammonien. C'est Inaros ou Adicran. Le Libyen a de multiples noms et ce n'est qu'en le démultipliant, comme dans l'enquête ethnographique, que l'on a l'impression de véritablement le saisir. Il ne peut se comprendre que dans sa diversité, sa profusion, sa richesse.Mais, l'écrivain se doit de faire sentir cette richesse, et la démarche d'Hérodote en ce sens c'est " de construire une figure de l'autre qui soit parlante aux gens du même".

 

 

III. Le Libyen dans la poésie hellénistique: l’époque de l’érudition

 

La découverte de l’altérité, et pour ce qui nous concerne de l’altérité libyenne, a eu des conséquences sur la conception et la vision du monde des Grecs. C’est encore plus flagrant quand le monde grec s’étend avec les conquêtes d’Alexandre de manière extraordinaire à de multiples pays barbares. Avec la bibliothèque d’Alexandrie c’est aussi la concentration de toutes les oeuvres littéraires grecques ou barbares en un lieu du monde grec, hellénistique. De la culture vécue, de la lecture vivante qui était l’apanage de la période archaïque et classique, on passe à une culture savante, une lecture scientifique qui est le fait d’érudits et de savants. La littérature n’est plus désormais l’affaire de tous, mais celle de spécialistes. C’est à ce moment que l’on peut véritablement parler de littérature, moment privilégié où une culture scrute la littéralité d’une tradition dont elle construit la profondeur dans le mouvement même de son regard. L’image du Libyen devient alors véritablement image littéraire, prise dans la trame d’une « intertextualité » qui ne rend que plus complexe la lecture de textes dont la brièveté cache parfois mal la difficulté. Point n’est besoin d’avoir contact avec ce sauvage, la tradition nous en donne un instantané, une figure déchiffrable au moyen de l’érudition.

Mais, il ne s’agit plus de mettre en avant des connaissances brutes , mais de solliciter avant tout l’imagination et si possible la culture littéraire, en lui parlant la langue qu’elle connaît le mieux, celle du mythe, et du type. Ainsi, dans les poèmes, la Libye est toujours représentée selon l’ambivalence: pays désert, pays fécond.

On peut voir une illustration de ce que j’ai appelé mythification des connaissances dans le fait par exemple, qu’Apollonios, donne au seul Libyen mortel qui se trouve dans son épopée Caphauros, une généalogie adaptée des descriptions ethnographiques d’Hérodote: Caphauros, est le fils de Garamas (on peut lire dans ce nom l’ethnique Garamante) et d’une nymphe Tritonide, et il a pour frère Nasamon (tribu). On a d’ailleurs rattaché le nom de Caphauros au nom d’un roi Libyen Kaper connu par l’épigraphie. Il en est de même de l’utilisation chez Lycophron de l’ethnique Asbyste qui n’est pas placé par le poète au même lieu qu’Hérodote le place. La poésie héllénistique tout en utilisant une certaine culture ethnographique prend des libertés avec elle.

Pour ce qui est de la mise en scène du Libyen proprement dit, on peut voir qu’il y a une représentation particulière du Libyen qui passe par la blondeur et la clarté de son teint. Callimaque, comme Apollonios nous parlent ainsi de « blondes libyennes ». L’aspect physique des Libyens concernent essentiellement les femmes. Quand il est question des hommes, il n’y a pas de descriptions physiques notables. On peut signaler tout de même, que Triton, la divinité qui aide les Argonautes à retrouver le chemin de la mer, se présente, se révèle comme un homme dans la force de l’âge. Le Libyen est alors caractérisé soit par sa fraîcheur et sa jeunesse, en tant que figure féminine, soit dans son apparence masculine par la sagesse et la vénérabilité qu’il connote. On voit aussi une allusion à l’habit libyen décrit par Hérodote: l’habit en peaux de chèvres, portées par les héroïnes tutélaires de la Libye, qui apparaissent à Jason au moment où le désespoir l’envahit. 

Quant à la parole du Libyen, elle est vue essentiellement chez Apollonios où elle est mise en scène dans le cadre de l’épopée, sous le signe de la bienveillance, et de la pitié face à la situation malheureuse des Grecs. Cette parole est toujours le fait de divinités, elles informent sur la marche à suivre, sur le destin, elles parlent de façon énigmatique, la parole du Libyen devenant pour le Grec une autre épreuve à surmonter, épreuve qualifiante qui lui ouvrira le chemin du retour.

En fait, encore une fois, la Libye comme le Libyen servent avant tout à mettre en avant la piété, le courage des personnages grecs eux-mêmes.

 

IV. De l’ethnographie à l’entrée dans l’histoire: la période romaine

 

Dans mon dernier chapitre qui est en fait le plus riche en matière de textes et où se joue véritablement la dimension historique du Libyen, le regard grec sur le Libyen se voit investi par le regard romain. Le monde grec est totalement remis en question, bouleversé par la nouvelle puissance. Cet empire de plus en plus pesant sur la politique grecque a aussi son pendant dans le domaine de la pensée, de la littérature et même de l’art représentatif. L’image qu’auront les Grecs des autres se lira alors au travers de cette expérience douloureuse de la perte de leur souveraineté.

La représentation mythifiante des Libyens résistent tout de même, et Diodore comme Plutarque mettent en scène des mythes qu’ils présentent comme libyens, au moins pour Diodore, dans laquelle, il réintroduit tous les stéréotypes concernant le Libyen et la Libye: aridité du climat, violence des habitants, Amazones, inversion du monde humain, fécondité du lieu: toute l’ambivalence d’une contrée étrange que certains grecs voient comme le refuge imaginaire contre l’impérialisme romain.

Les choses sont tout à fait autre pour ce qui est des écrits qui se veulent historiques, géographiques et ethnographiques qui intégrent de manière consciente le point de vue romain, devenu incontournable.  Ainsi chez Polybe ou chez Strabon est mis en avant le nécessaire engagement de Rome sur la terre d’Afrique: la fécondité du lieu, la richesse en bêtes fauves, en matières premières, en hommes doués à la guerre. Tout cela montre la nécessité pour les Romains de prendre pied sur la terre d’Afrique, naturellement si riche, mais qui peut être davantage mise en valeur comme le montre l’exemple du souverain numide Massinissa qui a eu le mérite « d’avoir fait d’une contrée dénudée, dont on pensait qu’elle était incapable de fournir des récoltes, une région aussi productive que n’importe quelle autre .»

Pour Polybe, à l’instar d’Aristote, c’est par la politique que l’homme est animé, aussi l’homme qui l’intéresse ce n’est pas le Libyen, gardeur de chèvres, mercenaire ou brigand, mais l’homo politicus, celui des états méditerrannéens hellénisés. Pour lui, la Libye et le Libyen ne présentent pas d’intérêt en eux-mêmes, mais seulement en rapport avec l’évolution des puissances méditérrannéennes, à leur service, à leur profit. La Libye n’est qu’un réservoir et un enjeu. Le Libyen fait alors office de figurant , auxiliaire nécessaire de l’histoire, dans ce combat de géant entre Romains et Carthaginois.

Avec la présence romaine de plus en plus accrue, après la destruction de Carthage et la constitution de la province d’Africa, la Libye apparaît comme le lieu de lutte d’influences entre généraux romains: les guerres civiles auront pour théâtre essentiellement l’Afrique, et la guerre contre Jugurtha est le moyen pour certains généraux romains de se gagner la faveur du peuple à Rome.

Str. XVII, 3, 12

Mais, on peut tout de même voir que la mention même du Libyen dans le récit d’évenements purement historiques nous permet de voir de quelle façon le personnage du Libyen acquiert bel et bien, peut-être malgré lui, le statut de personnage historique. Il n’est plus simplement le Libyen, il est Matho, Naravas, Massinissa, Syphax, Gulussa, Micipsa, Jugurtha, Adherbal, Bocchus, Hiempsal, Juba...

On peut remarquer que l’éminence du personnage libyen implique son intrusion dans l’histoire.

On remarque en fait que les personnages fonctionnent toujours par paire, l’un qui est contre et l’autre qui est pour, que ce soit pour Rome ou pour Carthage.

ex: Massinissa -Syphax; Jugurtha -Adherbal

Cependant le personnage de Juba II apparaît comme  ayant une place à part dans cette galerie reconstruite de portraits libyens. Juba II élevé à Rome, après la défaite de son père Juba Ier contre les troupes de César, nourri et éduqué dans l’entourage de la famille des Julii, auprès du futur Auguste, devient pour un Grec comme Plutarque «le plus savant des historiens grecs». Ainsi c’est dans sa participation à la construction de cette universalité antique dont les deux piliers sont la Grèce et Rome que le Libyen entre dans l’histoire de la littérature.

 

 

 

 

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