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arc-en-ciel-cilaos

 

Zik-nni, illa yiwen qarren-as Anzaṛ. D netta i d agellid n ugeffur. Yebγa ad yaγ yiwet n teqcict : aggur deg igenni, nettat di lqaεa. Udem-is yettak ticci; talaba-s d leḥrir amceεεal.

 

Taqcict-agi, degmi ara d-tekker teccucuf deg yiwen wasif, aman-is d imẓerfen. Akken ara d-iṣubb ugellid-nni n ugeffur ar lqaεa γer teqcict-nni, nettat tettagad, dγa ad yuγal.

 

Almi d yiwen wass, yenna-yas :

 

Aql-i gezmeγ-d igenwan,

A yiwen n yetran;

Ffek-iyi akejjuḍ m-fkan,

Neγ ad am-kkseγ aman.

Terra-yas teqcict-nni :

 

Ttxil-ek, ay Agellid n waman,

A bu teṣbiεt n lmeṛjan, 

Nek d keč i wumi iyi-fkan,

Maεna ugadeγ imennan.

 

Dγa yekker fell-as Ugellid-nni n waman, yebren taxxatemt tettureγ. Dγa yeqqel wasif-nni d aγerγar. Agellid iγab. Taqcict tuγwas, ṛṛuḥ-is d aman. Tettru, tettru. Temmeγ tekkes talaba-nni n leḥrir, teqqim d taεarit. Tessawal ar igenni :

 

Ay Anzaṛ, ay Anzaṛ,

Ay ajeğğig n uzaγar;

Asif rra-s-d lεinseṛ,

Ṛuḥ-ed ad d-terreḍ ttaṛ.

 

Dγa cwiṭ kan akka, twala ifeṭṭiwej d ameqran, yeqqel-ed Ugellid-nni n lehwa. Iger taqcict-nni deg yiri-s. Asif-nni yeqqel akken yella; tezegzew tmurt.  

.................

 

Il était jadis un personnage du nom d'Anzar. C'était le maître de la pluie. Il désirait épouser une jeune fille d'une merveilleuse beauté : la lune brille dans le ciel, ainsi elle brillait elle-même sur terre. Son visage était resplendissant, son vêtement était de soie chatoyante.

 

Elle avait l'habitude de se baigner dans une rivière aux reflets d'argent. Quand le maître de la pluie descendait sur terre et s'approchait d'elle, elle prenait peur, et lui se retirait.

 

Un jour, il finit par lui dire :

 

Tel l'éclair j'ai fendu l'immensité du ciel,

Ô toi, Etoile plus brillante que les autres,

Donne-moi donc le trésor qui est tien

Sinon je te priverai d'eau.

 

La jeune fille lui répondit :

 

Je t'en supplie, Maître des eaux,

au front couronné de corail.

(Je le sais) nous sommes faits l'un pour l'autre...

mais je redoute le "qu'en dira-t-on"...

 

A ces mots, le maître de l'eau tourna brusquement la bague qu'il portait au doigt : la rivière soudain se tarit et il disparut. La jeune fille poussa un cri et fondit en larmes. Alors elle se dépouilla de sa robe de soie et resta toute nue. Et elle criait vers le ciel :

 

Ô Anzar, Ô Anzar,

Ô toi, floraison des prairies !

Laisse à nouveau couler la rivière,

et viens prendre ta revanche.

 

A l'instant même, elle vit le maître de l'eau sous l'aspect d'un éclair immense. Il serra contre lui la jeune fille : la rivière se remit à couler et toute la terre se couvrit de verdure. 

 

Voici donc la version que Genevois a recueillie chez les At-Ziki, en Kabylie.

 

Après lecture de ce texte, quoique incomplet, et après l'avoir comparé aux mythes gréco-romains, même si dans la forme, il présente toutes les caractéristiques d'un mythe. Il n'en demeure pas moins que notre version, telle qu’elle est rapportée par Genevois, pêche par son contenu, notamment de par sa partie en prose. Car la partie en vers, les métaphores aidant, se donne plus de liberté dans le traitement du sujet, quoique la langue utilisée, truffée de mots d'origine arabe, nous laisse quelque peu sceptiques quant à l'authenticité du mythe (Nous y reviendrons plus tard sur la partie poétique du texte.) 

 

Pour le moment, intéressons-nous à l'introduction du mythe, notamment, à la première phrase.

 

Il n'est pas courant en effet qu'un mythe de cette importance, racontant l'épisode de la vie d'une divinité, comme Anzar, commence par Zik-nni, illa yiwen qarren-as Anẓar/Il était jadis un personnage du nom d'Anzar. Un personnage. Dès le commencement, on ressent une hésitation de la part de notre conteur à qualifier Anzar de divinité.  Est-ce une démarcation de celui-ci quant à cette divinité ? L'a-t-il appris ainsi ? Est-ce la peur des représailles de la part des monothéistes musulmans locaux ? Est-ce une maladresse liée à sa façon de conter ?  

Nous savons que dans les villages kabyles, rares sont les gens qui possèdent l'art de raconter des histoires. De plus, ces gens-là, malgré leur savoir-faire, manquent souvent d'esprit d'analyse. S'ils ont appris, étant petits, qu'Anzar est un personnage, ils le répéteront ainsi toute leur vie durant. C'est ainsi qu'ils ont reçu l'histoire de leurs proches ancêtres et c'est ainsi, qu'ils continueront à la raconter à leur descendance. On leur a dit qu'Anzar est un personnage et ils le transmettent tel quel aux générations futures. On appelle cela "la tradition". Personne ne peut la remettre en cause et elle ne souffre aucune question. 

 

Si on peut expliquer l’interdiction de la nudité dans le rite par la prégnance du monothéisme dans la société kabyle traditionnelle, on peut supposer aussi que le fait de qualifier une divinité de l’eau, en l’occurence Anzar, comme un personnage de conte merveilleux s’explique par la volonté, peut-être inconsciente, de la part des conteurs de ne pas sortir de l’orthodoxie musulmane.

Nous l'avons déjà dit dans les précedents articles, pour un monothéiste, seul son dieu est vrai, celui et ceux des autres sont faux. 

 

De personnage, (yiwen) Anzar devient au fur et à mesure du récit un Agellid(1), mot kabyle qui veut dire Roi, et que Genevois a traduit par Maître. Pourtant, pour les Kabyles, le mot Agellid peut à la fois signifier roi, maître et dieu. Mais nous constatons tout de même que la qualité divine d'Anzar demeure implicite, même si elle tente de se dévoiler, petit à petit, à travers la description du personnage, notamment dans le passage suivant :  il descend du ciel et apparait à la jeune fille sous l'aspect d'un immense éclair lumineux. Mais là encore, si nous ne connaissons pas la mythologie gréco-romaine, l'image lumineuse de Zeus-Jupiter, nous ne pouvons savoir qu'il s'agit d'un dieu, car rien ne l'indique d'une façon explicite. Quant à son pouvoir d'assécher les rivières, les fontaines et les étangs, il n y a pas de mystère, il le fait grâce au pouvoir magique qu'il tire de  l'anneau(2) qu'il porte au doigt. L'anneau qui, peut-être, était destiné à la jeune fille, et qui devient dans notre récit un objet magique, accomplissant des miracles. 

Ce genre d'anneau, on le retrouve dans beaucoup de contes kabyles. Il est souvent utilisé par le héros dans les situations critiques. Mais Anzar, en tant que divinité, avait-il besoin d'un objet magique pour accomplir ses fonctions ?  

 

Durant notre enquête sur le mythe d'Anzar, nous avons rencontré beaucoup de gens, avec qui nous avons discuté. Et durant ces rencontres, il nous est arrivé de discuter avec deux personnes. La première est un religieux kabyle et la seconde, une ancienne étudiante de l'université de Tizi Ouzou. La première personne a daigné accepter à Anzar le statut de roi de la pluie, mais pas celui de dieu. Comme s'il existait un royaume nommé pluie ! Quant à la jeune fille, pour elle, Anzar n'est ni dieu ni roi. C'est tout simplement la pluie(4). 

Certes, la qualification de roi n'est pas totalement fausse, car il y a des théories qui attestent que les dieux sont d'anciens rois, divinisés par leurs peuples, après leur mort. C’est la théorie d’Evhéméros développé au cours du IIIème siècle avant JC et largement diffusée par des historiens comme Diodore de Sicile et Strabon, notamment.

Mais une fois déifiés, ces rois, pour leurs peuples, deviennent de véritables dieux. Notre religieux ne s'appuie certes pas sur ces théories, il les ignore. Il a fait juste ce que font les monothéistes actifs dans ce cas, il s'est contenté de camper sur sa position de missionnaire. Quant à la jeune fille, pur produit de l'école algérienne, ignorant jusqu'au mythe d'Anzar, elle a trouvé notre propos tout simplement sans fondement, voire scandaleux. Se couvrant derrière une sorte de rationalisme socialiste, elle ne voit dans ce personnage d’Anzar que la représentation allégorique de l’idée de la pluie.

 

Voilà comment les monothéistes traitent les dieux des autres. Faute de les supprimer, ils les dévalorisent et les caricaturent. Comme l'ont fait les Chrétiens pour les dieux gréco-romains, après la chute du paganisme.

 

Zik-nni, illa yiwen/Il était jadis un personnage : Même Genevois était dans l'obligation de traduire yiwen, qui veut dire en kabyle Un par Personnage, mot qui ne rend pas le sens de yiwen, mais qui lui permet de rester évasif comme son informateur. Illa yiwen/il y avait un...  A entendre cette phrase en kabyle, nous comprenons de suite que yiwen signifie un homme. Mais Genevois savait qu'il ne s'agissait pas d'un homme, or, le conteur ne lui ayant pas précisé la nature de son sujet, il a,  lui aussi, préféré rester dans le flou. 

 

Dans les contes kabyles, on précise souvent et d'emblée la nature du personnage ou du héros de l'histoire. On commence souvent les contes par : Zik-nni, illa yiwen sselṭan(5)/Jadis, il y'avait un sultan; Zik-nni yella yiwen ugellid/Jadis, il y avait un roi;  Zik-nni yella yiwen wakli/Jadis, il y'avait un esclave,... Dans le mythe d'Anzar, nous sentons une réserve, voire une honte, à prononcer le mot dieu. Sauf si le conteur voulait dire : Zik-nni, illa Yiwen, là, la majuscule changerait tout. Mais comment savoir si à l'oral le mot Y(y)iwen porte la majuscule  ? 

 

Mais si le conteur, par manque d'esprit d'analyse, voulait juste dire yiwen comme on l'aurait dit de n'importe quel mortel, de fait, il nous éloigne de la qualité du personnage annoncé. Même en rajoutant : ... qarren-as Anẓar/qui s'appelait Anzar. Le nom du personnage ne nous aide pas plus à savoir de qui il s'agit, surtout pour ceux qui ne connaissent pas le mythe d'Anzar.

 

Qu'est-ce qui oblige, à ce point, la tradition à taire la qualité divine d'Anzar ? A-t-elle des doutes quant à son existence ?  Est-elle dans une demi-croyance en ce dieu ? A t-elle subi une censure dans le passé ? A t-elle peur de la malédiction des monothéistes musulmans locaux ? Difficile à dire. 

 

Pour le reste du conte, nous comprenons qu'Anzar est un être surnaturel, qu'il a beaucoup de pouvoir, qu'il vient du ciel, qu'il se métamorphose en un immense éclair de lumière, mais on hésite, malgré tout cela, à dire de lui que c'est un dieu. Car, à nos proches ancêtres, on a appris, depuis belles lurettes, qu'il n’y a d'autres dieux qu'Allah, et on leur a même interdit d'associer quiconque à ce dieu unique, omniprésent et omniscient. 

 

Mais si Yiwen voulait dire Un (en majuscule), dans ce cas non plus, la tradition n'aurait pas échappé à la censure. La phrase Zik-nni, illa Yiwen/Jadis, il y avait Un, remet en doute l'existence d'Anzar en tant que divinité. Jadis, il y avait Un, cela laisse entendre que ce Yiwen n'existe plus. Chose paradoxale, quand on sait que le récit du mythe est fait durant le rite que les habitants d'At-Ziki rendait à Anzar, pour obtenir de lui le retour des pluies.

 

Qu'est-ce que le mot Zik-nni/Jadis représente pour les Kabyles ? Ce mot fourre-tout est utilisé dans presque toutes les histoires kabyles. Zik-nni, asmi thedder ddunit/Jadis, quand la nature parlait; cette introdution revient surtout dans les fables; Yella zik-nni yiwen sselṭan/Jadis, il y avait un sultan, quand il s'agit d'un conte. Le mot Zik-nni/Jadis, dans l'imaginaire kabyle, renvoie aux temps lointains. Des temps lointains qui peuvent s'étendre de l'origine du monde jusqu'à un passé très récent. C'est un temps exclusivement légendaire, sans âge. Contrairement au temps légendaire grec et romain qui se confond avec le temps historique, le temps légendaire, chez les Kabyles, n'évoque ni de grands évènements historiques, ni de grands événements politiques, comme c'est le cas dans l'Illiade et l'Odyssée d'Homère, chez les Grecs.  La religion monothéiste musulmane, qui se veut pourtant rationnelle, n'a en rien aidé à la clarification chronologique. Elle a au contraire accentué la confusion en séparant le temps de l'humanité en deux périodes : Avant et Après l'Islam. Et dans notre mythe, Zik-nni/Jadis renvoie sûremment à l'Avant l'Islam. C'est à dire aux temps des balivernes et des chimères selon les détenteurs de l’absolu théologique. 

Zik-nni/Jadis, chez notre conteur, constitue un indice de démarcation quant aux anciennes croyances. Par Zik-nni/Jadis, le conteur prend ses distances par rapport au dieu Anzar. Le mot Zik-nni/Jadis est utilisé plus pour rassurer les monothéistes musulmans que pour situer et dater l'évènement. (Nous reviendrons plus tard sur les rapports qu'entretiennent les Kabyles avec le temps scientifique et historique.)   

 

Et pourtant, cela n'empêche pas les Kabyles d'évoquer Anzar chaque fois que la sécheresse frappe leur pays. Le manque d'eau réveille en eux l'instinct de conservation, et c'est vers Anzar, leur dieu ancien, le vrai, le naturel, qu'ils se tournent pour faire revenir les pluies. En ces moments cruciaux de leur vie, ils reviennent à leurs divinités premières et personne ne peut les détourner de leur vraie croyance. 

 

Mais, me diriez-vous, les Kabyles croient-ils vraiment en leur dieu Anzar ? Sans doute, mais pas à la façon des monothéistes. Ils croient en Anzar à la façon de leurs ancêtres païens, chez qui, la croyance dans leurs divinités n'est ni quotidienne, ni absolue. Dans l'antiquité, les païens ne pensaient aux dieux que quand ils avaient besoin de leur aide. Les dieux antiques, habitant la sphère supérieure, avaient leur vie et ne s'occupaient que rarement des affaires des mortels. Il n’y a pas d’obligation de croire pour les Anciens, l’obligation concerne surtout les rites communs de la cité. Il s’agit donc essentiellement d’une obligation civique et non théologique. Le païen est libre de croire ou non aux dieux, et ces derniers, de leur côté, ne sont pas obligés de répondre favorablement à ses prières. Comme le dit un proverbe romain : "Tu deviendras mon dieu si tu le mérites." - Les Kabyles, comme leurs ancêtres païens, n'évoquent Anzar qu'au temps des sécheresses, au moment où ils ont besoin de lui. La plupart du temps, chacun reste dans ses préoccupations : Anzar s'occupe de sa vie de dieu et les Kabyles, de leurs affaires humaines.    

 

Chemin faisant, les sciences modernes ont fait incursion  dans les villages de Kabylie et les jeunes Kabyles, épris de scientisme et de rationalisme, ont cru bon, voire de bonne foi, si l’on peut dire, de faire profiter leurs parents de leurs Lumières. Ils commençaient à remettre en cause publiquement les anciennes croyances, à qualifier de superstitieux le rite d'Anzar,  à voir dans les maigres vestiges de la mythologie kabyles de s contes de vieilles femmes, etc. Ces jeunes en s'écartant petit à petit de la tradition «obsurantiste»,  se dispensent pourtant de l'interroger (comme l’ont fait les Grecs du IVème siècle avant JC pour leur mythologie), en la reléguant sous l’étiquette de la superstition. Ils ont fini par abandonner les cultes anciens, tout en entraînant dans leur sillage leurs parents et leurs entourages. Mais, en faisant cela, nos jeunes rationalistes n'ont fait que faciliter la tâche à l'Etat algérien et à ses alliés naturels islamistes et arabistes(6) qui, petit à petit, ont réussi à remplacer le rite d'Anzar par la prière "réhydratante" musulmane. Comme dirait l'autre : "Tu peux oublier l'Etat, mais l'Etat ne t'oublie jamais."

 

De ces deux pratiques, pour obtenir de l'eau, selon vous,  laquelle est vraie, est-ce le rite d'Anzar ou la prière des monothéistes musulmans ? Pourquoi l'une doit être plus vraie que l'autre? Qui décide de la véracité de l'une et de la fausseté de l'autre? En quoi Allah serait supérieur à Anzar dans le domaine atmosphérique? Qui souhaite à jamais effacer du coeur du Kabyle un dieu qu'il ne connait que trop, un dieu qui lui ressemble et le seul qu'il sache vraiment prier ? 

L'Etat algérien bien sûr. Fort de son école et de sa mosquée, cet Etat traque les dieux païens jusqu'à dans leur dernière retraite. Pour ce faire, il plante des mosquées modernes et des écoles archaïques partout sur les terres d'Anzar. Il fait têter aux enfants kabyles Allah au biberon et reconvertit les derniers irréductibles adultes par la peur, la paupérisation et la force. Saint Augustin, grand monothéiste, avait compris cela très tôt. A ce sujet, les monothéistes musulmans n'ont rien inventé. Ils ne font que s'inspirer de l'expérience chrétienne. N'est-ce pas Saint Augustin, qui expliquait qu'en forçant les gens à croire, ils finissent par croire ? - "C'est le fondement même du devoir de persécuter et du tristement célèbre compelle intrare(7)." dixit Paul Veyne. Paul Veyne qui, sur la même lancée, ajoute : "Les rapports de vérité sont des rapports de force. D'où ce qu'on appelle la mauvaise foi." 

 

Comme tous les mythes antiques, celui d'Anzar est aussi contrarié par l'enquête historique et la physique spéculative. Mais comme pour tous les dieux, fu(ssen)t-il(s) monothéiste(s), personne jusque là, n'a prouvé aux Kabyles l'inexistence d'Anzar; ni aux Grecs et aux Italiens, celle de Zeus et de Jupiter.

 

L'Etat algérien, qui, continuant sa conquête d'arabisation et d'islamisation des Kabyles, daigne reconnaître, depuis peu, à ces derniers le droit à l'enseignement de leur langue, - transcrite en arabe de préférence - mais pas l'enseignement de leurs croyances premières. Pourquoi donc ? Car l'Etat algérien sait mieux que quiconque, surtout la majorité des Kabyles, que le mythe transmet des souvenirs collectifs. Il sait aussi que le mythe flatte le désir des origines. Pas les siennes bien sûr ! 

Voilà pourquoi l'Etat algérien désire construire ce qui reste de la culture kabyle sur d'autres légendes, celles de ses origines à lui. Le Kabyle est devenu pour l'Etat algérien une obsession. Il voit en lui son miroir brisé, et il n'a qu'Allah et ses saints à lui opposer. D'où son grand projet de réislamisation du pays kabyle. Son unique lubie.

 

L'Etat algérien sait que dans les mythes kabyles, il y a des symboles, des valeurs et ils sont différents des siens.

En conséquence, il met des limites à toute réflexion sur les temps passés. L'alphabet latin devient l'alphabet colonial, les premières religions deviennent des chamaneries primitives et les valeurs  antiques, des moeurs de débauchés sans dieu ni foi. Et dans sa grande générosité monothéiste, il veut sauver ce peuple "sauvage", malgré lui, des joies de la vie de Dionysos et de celles de la connaissance de Prométhée..

 

L'Etat algérien est profondément théocratique. Il fait du prosélytisme par l'école et de la persécution par ses missionnaires religieux,  ses mercenaires militaires et ses clients "pétroliers". Faute d'arabiser les Kabyles, il les pousse dans le puritanisme religieux. Et les Kabyles, qui ont sombré, pour la majorité, dans une indifférence léthargique, se laissent guider, les yeux fermés, par plus aveugles qu'eux vers des prairies incertains, où couleraient infiniment des rivières de beurre et de miel.

 

Notes : 1) Agellid : "L'égide, dit Hérodote, c'est le nom berbère du chevreau et c'est vrai c'est le même qu'on emploie aujourd'hui Iγid." M. Mammeri (L'arbre de mon climat à moi, c'est l'olivier).

 

1b) Agellid : roi en kabyle. Il se peut que dans les temps anciens, chez les les Grecs, les Berbères et les peuples méditerranéens, les rois se coiffaient d'une peau de chevreau, d'où peut-être l'expression sous l'égide, under the aegis : sous la protection. Egide provient du grec Aegis/Egide. Zeus maître de l'égide. Aegis est le bouclier de Zeus fait avec la peau de la chèvre Amalthée. Chèvre qui l'a allaité enfant sur le Mont Ida en Crète, à l'abri du regard de son père Chronos. 

 

1C) Agellid, c'est probablement de là que vient aussi le mot ljid, lejwad/Noble(s), prince(s), qu'on retrouve dans la formule finale de chaque conte kabyle. Tamacahutt-iw lwad lwad, ḥkiγ-tt i warraw n lejwad, uccen yekka aḥṛiq aḥriq, nekk kkiγ luḍa luḍa, wwteγ-t s tedwdect ṛziγ-t, yewt-iyi-d s teḥbult ččiγ-tt. 

 

2) Anneau : l'anneau d'Anzar ressemble à celui de Gygès. : Le berger Gygès découvre par hasard lors d'un violent orage qui ouvrit le sol devant lui. Il s’aperçoit qu’en tournant vers l'intérieur de sa main le chaton de cette bague, il peut devenir invisible. Il s'arrange, alors, pour faire partie des messagers envoyés au palais royal. Là, grâce à cette invisibilité, il séduit la reine, complote avec elle et assassine le roi pour s'emparer du pouvoir. (Livre I de la République - de Platon) - Cet anneau magique est réccurent dans les contes kabyles. Il s'appelle Taxxatemt n Waεmmeṛ yefεel, ayen nniγ ad yefεel/L'anneau de Wamar Yeffael, tout ce que j'ordonne se réalise. Qui est Wamar Yeffael ? Est-ce un personnage à l'instar de Gygès ? Est-ce une légende à part ? Nous ne pouvons vous le dire pour l'instant. Nous comptons sur vos compétences dans le domaine pour nous donner des éclairages là-dessus. 

 

3) Anẓar  : pluie. Le mot Anzar signifie aussi la pluie en kabyle, et est attesté en cheuh. Il vient du verbe Nẓer/Être à sec. Yenẓer : il est sec. Tanẓruft : Désert. Anẓar : ce qui humidifie la terre séche, pluie. Au village Agoussim, à Illoula Oumalou, il y a une fontaine qui s'appelle Tinẓraṛin. Il y a même une légende autour de cette fontaine : Yiwwas, yelli-s n tteryel, tetti d tixsi, dγa tedda deg tejlibt n yiwen umeksa n Maraγna, taddart yellan γer tama n taddart Ugussim. Imi d-yewweḍ yiḍ, degmi akken tεeṭṭel yell-is ur d-tekcim, dγa tteryel tekker, teffeγ γef iberdan akken ad ttnadi fell-as. Tetteddu tessawal, teqqar-as : "Ar tala Tineẓraṛin, a taydit m texxamin !" - Un jour, la fille de l'ogresse se métamorphose en brebis et s'introduit dans le troupeau d'un berger de Maraghna, village voisin d'Agoussim. A la tombée de la nuit, l'ogresse, impatiente de ne pas voir sa fille rentrée, se met à sa recherche. Elle allait par les chemins en l'appelant : "A la fontaine des Tinezrarin, ô chienne errante !" - Ce qui reste inconnue dans cette légende, c'est le sens du mot Tinẓraṛin.  Ce nom a t-il un rapport avec Anzar ? Tineẓraṛin sont-elles les filles d'Anzar ? Sont-elles des nymphes des fontaines ? A creuser.

 

5) Sselṭan : Sultan. Dans beaucoup de contes kabyles, le mot Sselṭan/Sultan a supplanté le mot Agellid/Roi. L'emploi du vocable Sselṭan remonte sans doute à l'invasion ottomane de la côte nord-africaine. Le sultanat est devenu pour les Kabyles de l'époque un modèle d'organisation politique. Les mots Sselṭan d lewzir/Sultan et visir, à l'instar des prénoms arabo-muslmans avec lesquels on désigne nos héros légendaires, ont, à leur tour, colonisé les pays imaginaires des contes kabyles.   

 

5b) Remarque : La façon qu'ont les Kabyles de construire leurs contes est tout de même assez étrange. Ils attribuent des noms arabo-musulmans aux héros de leurs légendes, qualifient leurs juges et leurs rois de Lqaḍi/Juge, sselṭan/Sultan d lewzir/Vizir, et ils ne nomment en kabyle que les personnages de rôle dégradant comme Akli/Esclave, Awaγzen/Ogre, Tteryel/Ogresse... Même Amγar Azemni/Le vieux sage - personnage qui tient le rôle d'oracle dans les contes kabyles - est là pour aider et servir le héros contre les monstres kabyles.  Les kabyles, dans le domaine du conte, font exactement le contraire de leurs ancêtres païens qui, comme tous les peuples antiques, voient dans l'autre le barbare et le monstre. Les Arabo-Musulmans ont reproduit la méthode grecque qui, dans leurs mythes, n'ont laissé aux Africains du Nord que les rôles des monstres, en l'occurence Antée, les Gorgones* et les Lotophages.  Des monstres que les héros grecs, comme Heraclès, Persée et Ulysse viennent pour tuer afin de civiliser notre terre sauvage. Quand cette dévalorisation vient des autres, c'est de bonne guerre. Le drame, c'est quand on intériorise soi-même les calomnies de l'autre, celles de son ennemi, et qu’on les répète dans nos contes et légendes. Sinon pourquoi les Kabyles se donnent-ils le mauvais rôle dans leurs contes ? Pourquoi nomment-ils les monstres en kabyle et les héros de leurs légendes en arabe ? Pourquoi Amγar azemni/Le vieux sage kabyle aide-t-il les héros étrangers à pacifier sa terre des monstres kabyles, qui selon nos détracteurs, se nourrissent de chair humaine ? Pourquoi le Kabyle se donne-t-il, dans ses contes et légendes, le rôle d'esclave des sultans et des vizirs ottomans ?  Tout notre drame est là. On donne inconsciement à travers nos créations culturelles des justifications et des arguments à l'ennemi pour qu'il se sente dans son bon droit, voire dans son bon devoir, de nous exterminer.

 

5C) Gorgones : du grec Gorgones ou gorgoï, au singulier gorgo, sont, dans la mythologie grecque, des créatures fantastiques malfaisantes et quiconque ose les regarder de face meurt petrifié. Selon Hésiode, il s'agissait de trois filles des divinités marines Phorcys et Céto: Sthéno "la puissante", Euryalê "grand domaine" et la plus célèbre, Méduse, qui était mortelle, contrairement à ses deux soeurs qui ne connaissaient ni la mort ni la vieillesse. Leur demeure se trouvait de l'autre côté de l'Océan occidental, au mont Hélicon et selon d'autres versions, en Libye. Nous constatons que l'une de ses Gorgones, en l'occurence Euryalê porte la même racine que Tteryel en kabyle. Notre Ogresse n'est-elle pas donc l'une des Gorgones grecques empruntées aux Libyens ?     

 

6) A l'indépendance, des jeunes kabyles arabisants, revenaient des universités de Syrie, de Tunisie et d'Egypte. Ils ont été accueillis en Kabylie comme des savants. Arrivés dans leurs villages, ils se sont mis à attaquer tout ce qui constitue la vie dans nos villages. Ils faisaient l'éloge du monde arabe, de la langue arabe, de la religion musulmane tout en dénigrant les us et coutumes villageoises. Ces étudiants étaient de véritables missionnaires de l'arabisme et de l'islamisme. L'Etat algérien leur confiait les écoles de la région où ils tentaient de diffuser leurs idées arabo-islamistes. Ils constituaient de véritables relais de l'Etat algérien. Ils ont beaucoup aidé, dans nos villages, à la disparition de beaucoup de rites et de fêtes. L'association des oulema algériens, avec à sa tête Ben Badis, a crée des Diwan dans les villages des Aurès. Des étudiants aurèsiens qu'il avait sous sa tutelle dans son école coranique à Constantine  étiaient envoyés, pendant les vacances, dans leurs villages pour réislamiser les "sauvages" Chaouis.  

 

7)  Compelle intrare : Force-les d'entrer, parole de Jésus dans les Evangiles, qui a servi à justifier l’Inquisition en Europe.  

 

 

Mohand LOUNACI et Ameziane KEZZAR

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