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       Après que la jeune fille[1] est déshabillée, elle s'offre à Anzar en faisant des tours autour du sanctuaire. Sa giration terminée, elle commence à déclamer des vers, que reprend en écho un choeur, composé de femmes du village.

           La jeune fille déclamant ses requêtes poétiques à Anzar et les  chants en écho et en choeur de ses accompagnatrices ont quelque chose de semblable à la première forme de la tragédie grecque, où un personnage déclame et un choeur l'entourant lui répond avec des chants. Le choeur peut être constitué d'hommes, de femmes ou les deux à la fois. 

 

         Le jeu de représentation théâtrale dans le rite d'Anzar se fait dans un esprit religieux, et l'origine de la tragédie chez les Grecs est aussi religieuse. Les tragédies sont jouées à Athènes à l'occasion des fêtes de Dionysos ou Dionysies, dont les grandes sont célébrées au début du printemps et les petites en décembre. Elles s'inscrivent dans le culte à Dionysos, dieu du vin et du théâtre, à travers des concours, comme les concours homériques s'inscrivant dans le cadre du culte d'Athéna, déesse des arts.

 

         Cette forme théâtrale[2] est fréquente en Kabylie. On peut l'observer aussi dans Aεarus a bu beṛnus/L'escargot au burnous, où un personnage, femme ou homme, selon le village, jouant le rôle d'un vieil homme, se couvre d'un burnous, cache sa tête et son visage à l'aide d'une capuche, puis il se met à tourner sur une piste de danse au milieu d'un énorme choeur de femmes. Les femmes chantent et lui répond. Elles lui demandent de se lever pour aller travailler, il répond qu'il ne peut pas; d'aller au marcher, il ne peut pas... Des demandes se succèdent et lui répond toujours qu'il ne peut pas, jusqu'au moment où le choeur lui demande de se lever pour se marier, là, content de faire l'amour, l'escargot se lève, il se met à danser et à tourner de joie. Un jeu de rôle exclusivement sexuel qui rappelle à la fois Dionysos, dieu du théâtre, et Dionysos, dieu des plaisirs charnels.   

 

         Le mot tragédie[3] reflète une signification religieuse. Il se peut qu'il dérive du mot grec Tragoidia/Tragos : le bouc et du mot Aido: chanter. Le mot signifiant donc "Chant du bouc". Le terme tragédie pourrait donc désigner une forme de dithyrambe jouée par des acteurs déguisés en Satyres et vêtues de peau de bouc, hypothèse reprise par Aristote. Puis d'autres hypothèses, évoqués par d'autres savants antiques, et qui voient en cette évocation du bouc la récompense offerte au gagnant du concours, ou la victime d'un sacrifice effectué à cette occasion.

 

         D'autres hypothèses sont formulées à propos de la tragédie[4], comme celle qui dit que le mot bouc ne viendrait pas du sujet de la tragédie, mais plutôt du cri de l'animal au moment du sacrifice. Puis une autre origine de la tragédie, selon d'autres specialistes, qui est liée à la transformation de Dionysos, fils de Zeus et de la mortelle Sémélé, en chevreau[5], dans le but d'échapper à la colère de Héra. 

 

         Le théâtre grec a pour origine le culte de Dionysos, dieu du vin, de la nature et des arts. Des dithyrambes[6], des processions, des danses et des paroles chantées à la gloire des héros grecs. Ces processions ont lieu devant le temple de Dionysos ou bien dans l'Agora comme à Corinthe. Puis petit à petit, un lieu spécifique s'intègre au temple pour les représentations théâtrales[7].

 

         La tradition rapporte que Thespis, auteur du VIème siècle avant notre ère, qui se produisit près d'Icaria, est le premier à introduire un acteur ou un protagoniste, pendant que le choeur chante des vers parlés. Ce protagoniste joue tous les rôles. C'est la forme primitive du théâtre. Eschyle introduit le Deutéragoniste (Deuxième acteur) et Sophocle le Tritagoniste (Troisième acteur). Tous ces rôles sont joués par des hommes. Néanmoins les femmes et les esclaves peuvent se rendre, en compagnie des Citoyens, au théâtre pour voir les spectacles.

        

         Pourquoi le théâtre grec est-il lié à Dionysos ? Jean Pierre Vernant écrivait à ce sujet : "Si l'un des traits majeurs de Dionysos consiste, comme nous le pensions, à brouiller sans cesse les frontières de l'illusoire et du réel, à faire surgir brusquement l'ailleurs ici-bas, à nous déprendre et à nous dépayser de nous-mêmes, c'est bien le visage de dieu qui nous sourit, énigmatique et ambigu, dans ce jeu de l'illusion théâtrale que la tragédie, pour la première fois, instaure sur la scène grecque."

 

          Pour Nietzsche, l'Art[8] dionysien, qui trouve son expression la plus  haute dans la musique et le mythe tragique, ne saurait être jugé selon les catégories de l'apparence et de la beauté. L'Art dionysiaque explore le côté laid du monde et témoigne d'une obscure prédilection pour le dysharmonique et le monstrueux. Dans la musique dionysiaque dominent la dissonance, la stridente et les rythmes violents. Le choeur exalté des Satyres, dans sa surexcitation, renvoie au spectateur de la tragédie l'image d'une bestialité sauvage. Quand au mythe tragique, il met en scène la démesure des luttes titanesques, la toute puissance d'un destin au-delà de toute justice, l'impiété de Prométhée ou le crime d'Oedipe. Dans l'Art dionysiaque, la nature, qui parle d'une voix déguisée, apparaît aussi dans toute sa cruauté. Et cependant, en plongeant le regard dans l'horrible, l'homme grec trouve une consolation métaphysique, dans la pensée que la vie, malgré son atrocité, est imperturbablement puissante et pleine de joie. Ce spectacle, en dépit de l'effroi et de la terreur, fait naître en l'homme grec l'allégresse et l'enchantement. Cette maîtrise artistique a pour nom sublime : la Tragédie[9]

 

         Pour Nietzsche, comme pour Hegel, l'antiquité grecque nous offre le spectacle d'un intarissable débordement de beauté, auquel nous devons, à travers le marbre radieux des statues, les lignes nobles de son architecture, ou la langue harmonieuse des héros de la Tragédie, les plus splendides manifestations de la beauté. Ce désir de beauté, selon Nietzsche, trouve sa source dans la tendance apollinienne, pulsion artistique qui a dominé le monde hellénique. Apollon, dans la mythologie grecque, contrairement à son frère Dionysos, est le dieu de l'élucidation, de la distinction et de la mesure. Il est aussi le dieu solaire, le dieu brillant. C'est dans l'instinct apollonien que les Grecs puisent le sens de la mesure, eux qui craignent l'hubris, l'excès.  Sont apolliniens la limpidité à la fois pure et lumineuse du style d'Homère, le langage des héros de Sophocle, la figure majestueuse des statues des dieux olympiens. Dans le monde apollinien tout paraît simple, transparent et beau. C'est la belle apparence des rêves, à la fois impassible et sereine.

 

         Le peuple grec avait une conscience aiguë de l'horreur et de l'atrocité de l'existence. Cette sagesse est la Révélation du dieu Dionysos. Pour comprendre le véritable sens du culte grec de la beauté, il faut adjoindre à l'instinct apollinien un instinct opposé, que Nietzsche appelle : la pulsion dionysiaque, dont l'expérience est la découverte de l'arrière-fonds originel du monde et des forces souterraines et irrationelles qui l'animent, comme la démesure, la dissonance, la lutte perpétuelle et l'anéantissement. La Nature, en son fond, est contradiction et douleur, parce qu'elle est puissance de création et de métamorphoses perpetuelles; tout unité primordiale est destinée au déchirement. Devant cette vision terrifiante de l'essence de la nature, l'homme grec ne pouvait qu'être saisi de l’horreur, par laquelle, il risquait à tout moment d'être terrassé et vaincu. Si les Grecs savaient, cependant, les atrocités de l'existence, ils ont su aussi les recouvrir et les dissimuler sous le voile de la beauté pour les rendre supportables. 

 

         Tel est le véritable sens de l'art pour l'homme grec, seule façon de se protéger de l'horrible démesure de la vie : "Car c’est seulement comme phénomène esthétique que peuvent se justifier éternellement l'existence et le monde". La belle sérénité grecque n'est pas naturelle, mais est durement conquise : elle est la victoire remportée par le monde hellénique, grâce au mirage de la beauté, sur le mal et la philosophie du mal. 

 

         Le mythe d'Anzar, comme le mythe grec, a aussi son enfer : la sécheresse. Le manque d'eau qui menace l'existence de tout un peuple. Le manque d'eau qui apporte à la vie la laideur dionysiaque : l'agonie de la nature, la mort des animaux et des hommes, en deux mots, la fin du monde. En assèchant les cours d'eau, Anzar a montré à ses adorateurs l'horreur, l'avènement de la fin des temps. Il reste à ce peuple à sacrifier une vie humaine. Et c'est une jeune fille qui doit donner sa vie pour sauver les siens. Une jeune héroïne au destin hors du commun qui connaîtra, comme tous les héros et les héroïnes tragiques grecs, une fin malheureuse. Celle de la séparation d’avec les siens, comme Perséphone et Démeter; celle de ne pouvoir vivre sa vie de mortelle, comme Ulysse qui refusa de devenir un immortel chez Circé; etc.

 

         Voici l'horreur mythique que les Kabyles ne cessent de mettre en scène depuis, à chaque sécheresse. Ils réinventent le mythe, s'adonnent à une représentation théâtrale de toute beauté. On y voit sur la grande "scène" du village des femmes et des garçons s'organiser en procession, chanter en choeur, en transportant la plus belle jeune fille du village, pour simuler un sacrifice. Que nul n'oublie. L'existence est dure. La Nature n'a pas d'état d'âme. Elle frappe parfois durement la vie des hommes. Et pour se protéger, ces hommes doivent se défendre. Ils fondent des cérémonies, voire des fêtes, où tout rivalise de beauté avec l'horreur que peut manifester la Nature. A la sécheresse menaçante, les Kabyles oppose la beauté de leur plus belle jeune fille. Comme les Grecs, rien ne peut dissimuler l'horreur de la Nature que le désir de beauté[10].

 

La danse

 

         La religion, les croyances et les rituels ont constitué une part importante de la vie de l'homme primitif et la danse était utilisée pour actualiser ces croyances et ces rituels. La danse de l'homme primitif est figurative. La danse primitive est liée à la chasse. Le danseur imite dans son mouvement le comportement de l'animal dont il convoite la capture, la lutte et la mise à mort de l'adversaire nécessaire à l'existence de l'exécutant. C'est aussi le cas des danses guerrières. 

 

         A un stade plus élevé de la civilisation, l'homme passe de la danse figurative à la danse abstraite. Celle qui transforme le mouvement concret de la danse figurative en gestes symboliques et métaphoriques, comme la danse de la levée de la semence confiée à la terre ou celle des mariages, qui sont des types de danse symbolisant la fertilité.

 

         L'homme, depuis le début de son apparition sur terre, a appris à danser : des danses de la chasse, de la guerre, de la pluie, des danses d'initiations, des danses funèbres, religieuses. Toute activité humaine de ce temps a donné naissance à des danses. Les hommes exécutaient des danses concrètes de chasse et de guerre, et les femmes les danses abstraites liées à la fertilité végétale ou à la leur, comme les danses des mariages. Des Historiens de la danse prétendent même que la quasi-totalité de notre folklore est le reliquat des rites néolithiques de fécondité. Preque tout le folklore actuel présente des origines symboliques lointaines. Ce symbolisme est l'idée qui préside à la danse et qui la justifie.

 

         Dans la Grèce antique, l'enseignement des arts était partie intégrante de l'éducation du futur soldat. Presque tous les philosophes grecs, notamment Platon, Socrate et Aristote, se sont prononcés en faveur de la danse  dans l'éducation du jeune Grec. La danse était utilisée comme moyen d'intégration qui réalise l'unité du corps et de l'âme. Utile à l'entraînement militaire du futur soldat qui devait developper la beauté physique, la santé et le courage. En Grèce antique, on dansait aussi en l'honneur des dieux et des déesses, afin de leur rendre hommage et d'apaiser leur colères. Terpsichore[11] était la muse de la danse. C'est elle qui présidait aux assemblées religieuses.  Le théâtre grec a largement utilisé la danse, mais elle s'apparentait beaucoup plus à la Pantomime[12] rythmée qu'à la danse que nous connaissons aujourd'hui, car elle incluait tout l'art du mouvement humain.  

 

         Puis, à côté de ces trois catégories de danse : guerrière, religieuse et tragique, il existe d'autres styles qui s'exécutaient dans les fêtes, telles les danses bacchiques, les danses comiques et lascives... Des danses accompagnées de déhanchements immodérés et de mouvements érotiques, danses qu'on appelait à l'époque la Sikinnis, danse de Satire.

 

         La danse grecque avait atteint un raffinement sans précédent. Elle était artisque et expressive. Elle permettait la représentation physique d'une idée. 

 

           Quand aux Romains, ils tentèrent de reproduire chez eux les danses grecques, mais ils n'y sont pas arrivés. A l'opposé du Grec, pour qui la danse est une exaltation de la force et de la beauté du corps, le Romain pense qu'elle est plus une source de plaisir des sens qu'une expression de nature artistique. C'est ce qui amena la religion catholique à dénoncer la danse romaine, car pour les Monothéistes chrétiens, elle faisait partie de la vie corrompue de Rome et de ses sujets.

 

         En Kabylie[13], comme à Rome, la danse n'a pas un objectif artistique. Elle sert surtout comme moyen de domination. Cela dit, il y a des danses revendiquées, comme les danses folkloriques, comme celles réalisées durant les mariages, où les hommes dansent en mettant en valeur leurs poitrines, leurs muscles, leurs fusils et leurs portes-monnaie.  L'homme kabyle aime à se montrer, sur la piste de danse, viril, dominant, riche, chasseur et guerrier. Il lui arrive de tirer des salves en tournant et parfois, de prendre de sa poche des grosses coupures d'argent qu'il distribue ostensiblement aux joueurs de tambours. Quant à la femme, dans les cérémonies de mariage, elle produit des mouvements très concentrées sur les hanches et les fesses. A croire qu'on est dans une pleine période nuptiale où l'homme est le chasseur et la femme la chassée. Puis il y a des moments, toujours durant ces fêtes, où d'autres hommes utilisent leurs corps d'une manière lascive[14] ou comique. Ces danses sont exécutées surtout par les simplets du village, les "fous", les saouls et ceux qui se trouvent en bas de l'échelle. Ceux-là, ils sont soit moqués soit réprimandés. Leurs danses sont souvent qualifiées par la noble communauté de «burlesques», voire de «vulgaires.» On ne laisse danser ces "pantins" que pour détendre l'atmosphère qui se charge parfois de haine et de rivalités entre les mâles dominants du village. Les danses comiques sont spectaculaires. Elles constituent des entre-actes ou des exutoires pour les frustrés et les dominés, afin d'évacuer les mauvaises ondes qui s'installent dangereusement parmi les convives. Leurs danses, dans la plupart des cas, provoquent mépris et hilarité.

 

         A côté de cela, il y a les gestes effectués durant les cérémonies religieuses, comme ceux qui se réalisent, duant le rite d'Anzar. Le jeu auquel s'adonnent les participantes, car le rite, souvenez-vous, est exlusivement féminin, ressemble à la Pantomine rythmée grecque. Les comédiennes qui participent au rite d'Anzar ne dansent pas comme elles le font durant les fêtes de mariage, mais elles simulent des mimiques d'expression accompagnant le texte et le jeu théâtral, fait d'évocation, de plaintes, de complaintes et de cris de sacrifice...    

 

Le chant et la musique

        

         Le chant a été toujours une partie intégrante de toutes les cultures et les religions. Mêmes les cultures les plus isolées connaissent le chant. L'homme primitif invoquait les dieux par des incantations, célébrait les rites de l'agriculture et de la chasse en chants, invoquant les esprits dans l'espoir de rendre les récoltes et la chasse fructueuse.

 

         La manière de vivre et de faire de la musique des peuples, peu touchés par la technologie de l'homme moderne, est un témoignage vivant  des expressions musicales les plus profondes de l'homme. Sans conteste, notre ancêtre primitif a prouvé le besoin de s'exprimer musicalement, pour cela, il utilisa d'autres parties de son corps, en plus de sa voix, pour produire des sons comme ceux des percussions : on frappe dans les mains, des pieds, sur le ventre, sur les cuisses ou sur le torse.

 

         Au fur et à mesure que l'homme se met à utiliser les matériaux bruts pour en faire des objets utilitaires, le bois, la pierre, les peaux et les os; soit des objets décoratifs comme les coquillages et les osselets, il y découvre l'élément sonore. Ces objets deviennent petit à petit des instruments rythmiques qui accompagnent la danse.

 

         La musique dans le stade premier de son évolution est souvent alliée de la danse et exerce sur l'homme un pouvoir de guérison d'exorcisme. Pour les Civilisations les plus raffinées de l'Egypte ou de la Grèce, la Mousa appartient à l'univers de la religion ou sous-tend des spéculations philosophiques, scientifiques et politiques. Orphée et Amphion ont employé la puissance magique de la musique pour dominer les forces occultes de la nature. Pythagore parle de la musique des Sphères, Platon reconnut à la musique des influences morales tantôt purificatrices, tantôt nocives. 

 

         Dans les cultures traditionnelles, la musique est vécue de façon active et possède en premier lieu une fonction de liaison sociale, où l'individu, à travers la musique, peut affirmer sa place spécifique dans le groupe.  Ainsi la vie se déroule en deux grandes phases de significations religieuses et rituelles : la naissance et la mort. C'est le mouvement circulaire dans lequel mourir et naître se succèdent et se répètent inlassablement. 

 

         La musique est également employée comme un moyen de communication. A l'intérieur des villages, on utilise des tambours, des cornes et des flûtes à courte portée, puis vers l'extérieur, les instruments de longue portée, pour annoncer de grands événements comme la mort du chef de la tribu ou encore l'arrivée de soldats ennemis.

 

         La musique tient une place importante dans la vie sociale et religieuse de la Grèce antique. Pour les Grecs, la musique est l'un des arts majeurs avec la poésie, la danse, la médecine et les pratiques magiques. La musique tient un rôle important dans les mythes grecs, en l'occurence celui d'Orphée, qui grâce à sa musique, réussit à convaincre Hadès, dieu des Enfers, de lui rendre sa fiancée Eurydice. Le mythe d'Orphée est considéré comme fondateur de la musique[15], dont Euterpe est la muse.

 

         Mais si le jeu des instruments[16] en solo, comme dans le cas d'Orphée, prit de plus en plus d'importance dans la vie sociale des Grecs, primitivement la musique grecque fut surtout vocale. Quant aux oeuvres lyriques des anciens poètes, elles étaient toutes composées pour être chantées. La tragédie grecque est en grande partie musicale : les choeurs y étaient chantés, surtout à l'origine, par exemple dans les oeuvres d'Eschyle. Dans l'Athènes ancienne, les représentations des tragédies étaient des cérémonies officielles et des fêtes populaires auxquelles tous les citoyens prenaient part. Tout ceci pour rappeler l'importance de l'art musical[17], associé à la poésie, à la danse et à la mimique, dans la Grèce antique.

 

         En Kabylie, la vie sociale est rythmée de chants et de musiques. Quelle que soit l'activité réalisée, elle est accompagnée de chants et de musiques. Il y a des chants et des musiques pour toutes les circonstances : naissance, circoncision, mariage, mort, travaux des chants, visite des lieux saints, rites païens, séances de guérison, etc. Il y a des cérémonies où il y a de la danse, puis d'autres pas. La musique tient une grande place dans la vie sociale des Kabyles. Ils chantent en toutes circonstances, tristes ou joyeuses. La musique, à côté du théâtre, est devenue même leur arme de combat politique. Grâce à la musique, la Kabylie a su fédérer tous les Kabyles autour de leurs valeurs et de leur identité linguistique et culturelle. Les musiciens kabyles sont depuis l'indépendance de l'Algérie à l'avant-garde des combats pour la modernité, la démocratie et la laïcité. Presque tous engagés politiquement.  Ils chantent en Kabylie et à l'étranger pour faire connaître leur culture. Ce qui a valu à certains d'entre eux, notamment les plus engagés, la prison, l'exil, et parfois la  mort.

 

 

 

Annexes

 

 

Le théâtre grec

 

 

         Le théâtre grec est à l'origine du théâtre moderne. Il prend naissance dans les spectacles de la civilisation pour atteindre son apogée à Athènes au Vème siècle avant notre ère.

 

         Athènes organisait, à l'époque classique, trois festivals de théâtres par an : Les Dionysies champêtres, de décembre à janvier; les Lénéennes, de janvier à fevrier et les Grandes Dionysies de mars à avril. Ces festivals donnent lieu à des concours de tétralogie ; trois tragédies et un drame satyrique. L'ouverture des festivités est faite de processions et de cérémonies duarnt lesquelles on sacrifie un bouc en l'honneur de Dionysos, dieu du vin.

 

         Pendant les Grandes Dionysies, les représentations théâtrales durent du lever au coucher du soleil à raison d'un auteur par jour. Le premier jour du festival est consacré à la dithyrambe, le deuxième à la comédie, puis les trois jours qui suivent à la tragédie, où chaque oeuvre consiste en tétralogie, une trilogie composée de trois tragédies sur le même thème, suivie d'un drame satyrique.

 

         Les auteurs sont choisis par l'archonte, dit l'archonte éponyme, l'un des magistrats qui dirigent la cité et qui donne son prénom à l'année. C'est lui qui nomme les differentes composantes de la représentation. Il nomme les chorèges, les poètes et les protagonistes. Le chorège, un riche citoyen, recrute de son côté les choeurs[18]. Les chorèges fournissent parfois du vin et de la nourriture pour le public, composé de citoyens, de femmes et d'esclaves.

 

         Le protagoniste est l'un des trois acteurs, qui recrute le deuxième acteur, le Deutéragoniste, puis le troisème, le Tritagoniste.

 

         Les acteurs revêtent des habits différents de ceux de la vie quotidienne. Ceux-ci varient selon l'époque et le genre. Il s'agit de faciliter l'identification des acteurs. La tradition attribue l'introduction des costumes à Eschyle, mais ceux-ci peuvent être variés. Dans Les Choéphores, Electre porte un vêtement de deuil; le même personnage porte des haillons dans l'Electre d'Euripide. Les choreutes, quant à eux, portent des costumes qui identifient leur métier ou leur condition sociale. Dans les Suppliantes, le choeur représente les Danaïdes, qui portent de somptueuses robes barbares. Dans les drames satyriques, le choeur est toujours composé de satyres : nus, dotés d'un énorme phallus postiche en érection. Dans la comédie, le costume est toujours agrémenté d'accessoires comme de petites ailes pour les acteurs des Guêpes d'Aristophane.

 

         Les sujets des pièces font  une très large part à la mythologie : le cycle troyen, les Atrides, Héraclès... Parmi les pièces conservées, une seule évoque un évènement historique: Les Perses d'Eschyle, racontant la défaite des Perses à Salamine. Les pièces intègrent toutes dans leur mise en scènes le dieu Dionysos : prières, libation et sacrifices prennent à chaque fois une place dans l'action. Les poètes tragiques reprennent les thèmes traités déjà par Homère dans l'Iliade et l'Odyssée. Le public ne s'attend à aucune surprise, il connait les grandes lignes de toutes les histoires qui concourent. Le nouveau se trouve dans le choix des variantes que chaque auteur apporte à ces histoires.

 

         Tous les acteurs portent des masques[19]. Des masques ne couvrant que le visage. C'est par la suite qu'ils s'agrandissent vers le sommet du crâne de sorte à pouvoir y fixer des perruques ou au contraire, à figurer un crâne chauve. Le masque est percé aux yeux et à la bouche, pour permettre au comédien de voir et de parler. Le masque tragique est très réaliste. Le masque des drames satyriques porte une barbe, des oreilles et un crâne chauve, avec deux trous pour les yeux et un pour la bouche. Les masques sont de différentes couleurs, ce qui permettait aux spectateurs de reconnaître les personnages : rouge pour les satyres et blanc pour les femmes. Les masques grecs, notamment les originaux, en raison de la fragilité de leur matériau, bois, cuir, cire...  ont presque tous disparus. En revanche, les specialistes ont conservé une bonne idée de ces masques grâce à leur reproduction en terre cuite[20]. Des reproductions de faibles dimensions, que les Grecs offraient en ex-voto aux temples, déposaient sur les tombes ou utilisaient comme objets de décoration.

 

         D'autres accessoires permettent de reconnaitre le personnage : un sceptre pour le roi par exemple. Des cothurnes, des chaussures à épaisses semelles de bois, grandissent l'acteur et lui donnent un air majestueux conforme aux rôles de roi ou de héros de la mythologie. 

 

         Quant au décor, il illustre souvent l'endroit où se situe l'action, dans un palais par exemple ou un temple pour la tragédie, ou bien une maison pour une comédie. Les murs sont peints sur la Skénè. Il y a peu de changements de lieu. Les événements extérieurs sont rapportés par des messagers. Autres éléments de décor : rocher, tombeau, statue de dieux ou de déesse... Les décors sont réutilisés plusieurs fois. Une machinerie permet l'apparition ou la disparition dans le ciel des personnages : Médée s'envole sur son char ailé dans la pièce qui porte son nom.

        

         Les poètes, les choeurs, les acteurs sont tous rétribués pour leur prestation.

 

         Le jury est composé de dix juges, choisis parmi les citoyens. Ce sont eux qui décident des personnes gagnantes. Ce jury attribue six récompenses symboliques et prestigieuses : deux aux meilleurs protagonistes, deux aux meilleurs chorèges comiques ou tragiques, puis deux aux meilleurs poètes comiques ou tragiques. Ajouté à cela, les poètes reçoivent des couronnes de lierre et les chorèges des trépieds qu'ils posent souvent sur des colonnes dans les lieux particulièrement fréquentés. Le public juge aussi l'archonte organisateur en le félicitant ou en le blâmant.

 

 

L'édifice théâtral grec

 

         Le théâtre[21] grec se joue en plein air, dans un endroit choisi pour ses qualités acoustiques. Les gradins sont creusés à flanc de colline.  Le spectacle a lieu dans deux endroits distincts : l'Orchestra de forme ronde où évolue le choeur (chants et danses) et le Proskénion (Proscenium) où joue les acteurs, devant la Skénè qui porte le mur de la scène (loge des acteurs) sur lequel sont accrochés les décors et derrière lequel se trouvent les coulisses.  

 

         La capacité d'un théâtre grec peut aller de 5000 places (Théâtre de Délos) jusqu'à 15000 places (Théâtres d'Athènes et d'Epidaure).

 

Le théâtre romain

 

         Bien que le théâtre romain soit l'héritier du théâtre grec, son architecture diffère. En effet, l'Orchestra du théâtre romain n'est plus réservée au choeur, mais aux spectateurs de marque. La scène du théâtre romain est plus profonde et plus basse, et le décor est formé par un gigantesque mur de scène, orné de colonnades et de statues, perçé de trois portes. Le public accède aux divers étages de l'hémicycle (Cavea) par des passages voûtés (Vomitoria), rendus possibles par la structure de la Cavea, qui au lieu de prendre appui sur une colline, élève ses voûtes et ses colonnades en terrain plat. Un Velum, un voile tendu au-dessus de la Cavea pour protéger les spectateurs du soleil, peut être également tendu au-dessus de l'hémicycle.

 

         Quelques villes de province ont utilisé  les pentes pour construire des gradins à la façon grecque, mais ce n'est le cas d'aucun des trois théâtres de Rome, où pourtant les collines ne manquent pas. 

 

         La capacité des théâtres romains peut aller de 17000 places (Théâtre Marcellus) jusqu'à 30000 places (Théâtre de Pompée).

 

 


[1]En grec la jeune fille s'appelle Koré, c'est aussi le nom de Perséphone, fille de Démeter, enlevée par Hades, maître des Enfers. On appelle koré aussi  une jeune fille sculptée, type sculpture archaïque. La statue de Koré adopte une attitude conventionelle. Vêtue souvent à la mode ionienne, elle présente l'offrande d'un oiseau, d'un vase ou d'un fruit. Droite et majestueuse, la carrure puissante, la jeune fille serre une offrande contre son buste. La statue est souvent riche en ornements ciselés et était autrefois peinte.

[2]En Kabylie, même si le théâtre n'est pas structuré au sens moderne du terme, beaucoup de manifestations nous rappelle Dionysos : Buğlima/L'homme àla cornemuse, Zzerda/ des fêtes organisées durant le pélerinage dans les lieux saints locaux, Zzyara/Des séances de danse, voire même de transe, au rythme des tambours chez les voyants et les voyantes, puis le plus spectaculaire est Sidi Amar/Un mini-cirque composé de musiciens, de chanteurs, d'un magicien et parfois d'un cracheur de feu.  Ces personnages vont de village en village, jouent aux tambours et font danser les gens après leur avoir fait goûter leur tabac. Il paraît que celui qui consomme de ce tabac, devient comme fou. Dès qu'il entend le tambour, il entre en transe. La pratique est devenue proverbiale. En Kabylie, quand on voit une personne danser beaucoup, on dit d'elle :"A s-tiniḍ icum ccema n Sidi Amar/On dirait qu'il a prisé le tabac de Sidi Amar", une véritable drogue ! 

[3]  La tragédie grecque met en scène des personnages de rangs élevés et se dénoue par la mort d'un ou de plusieurs personnages. Aristote lui assigne pour objectif d'inspirer crainte et pitié. Dans sa définition scolaire, la tragédie est une oeuvre dramatique, en vers, représentant des personnages d'exceptions comme les héros, les héroines ou les rois, en proie à un destin hors du commun, mais souvent à la fin malheureuse.   

[4]Melpomène est la muse de la tragédie. Elle inspire les auteurs de celle-ci et les protège, ainsi que leurs troupes.

[5]Dans le conte kabyle Tafunast Igujilen/La Vache des Orphelin, le héros, en l'occurence, celui qui devient Zerzer, comme Dionysos, en fuyant la femme de son père, s'est transformé en chevreau.

[6]La dithyrambe est un hymne religieux chanté par un choeur d'hommes, accompagné d'un aulos, flûte à double anches, et d'une danse représentant à l'origine l'emprise de Dionysos sur les hommes. Même si des dithyrambes sont adressées à d'autres divinités, il s'agit avant tout d'un chant pour Dionysos. 

[7]En 538 avant notre ère, le tyran Pisistrate (- 600 à -527) organisa le premier concours athénien de tragédie. Sous Périclès, au temps du developpement de la démocratie et de la philosophie, le théâtre devint sujet à des interrogations politiques, notamment chez Aristophane (- 450/445 à - 385)

[8]Pour Nietzsche, la Tragédie grecque met en scène le masque de Dionysos.

[9]La Tragédie, rencontre d'Apollon et de Dionysos, qui a pour contenu un mythe dionysiaque, représentée sous le voile de la beauté formelle apollinienne. Ce voile enchanteur qui recouvre et dissimule la profonde horreur du spectacle du monde, cette magnifique illusion qui transfigure la dissonance et qui console l'homme grec emporté par le fleuve glacé et terrifiant de l'existence.

[10]N'est-ce pas la laideur de la Nature qui a poussé l'homme à s'imaginer des dieux : de belles forces extra-terrestres, dominant la monstruosité de l'environnement naturel ? Seul un héros beau comme Ulysse, guidé par la force divine d'Athéna, déesse de la sagesse, peut, dans la tête des Grecs, aveugler le hideux Cyclope, qui pourrait être, selon certains interprètes, le cratère de l'Etna

[11]Terpsichore : celle qui aime danser, muse de la danse, fille de Zeus et de Mnémosine. C'est elle qui intercédait auprès des dieux de l'Olympe pour que la paix et la prospérité règne dans le monde grec.

[12]Pantomime : art de l'expression gestuelle, sans parole.

[13]Actuellement, en Kabylie moderne, il y a toutes sortes de danses : danses comtemporaines; danses sociales les plus populaires comme le rock, la valse, le twist...; danses scéniques, très spectatculaire afin de plaire au public; danses folkloriques ou ethniques, de nature traditionnelles, liées parfois aux pratiques religieuses et aux habitudes sociales des Kabyles. Le problème c'est qu'il n y a pas d'école de danse en Kabylie pour pouvoir fixer des règles liées à chaque danse, préserver et moderniser les danses dites traditionnelles, pour des besoins artistiques. 

[14]Que ça soit à Rome ou en Kabylie, les Monothéismes voient d'un mauvais oeil les danses dionysiaques, inspirées par l'ivresse.

[15]Les Grecs sont les premiers à trouver le lien entre la musique et les mathématiques. De ce fait, ils sont les premiers à l'écrire.

[16]Les principaux instruments utilisées par les Grecs anciens étaient la lyre et la cythare, à sept cordes; l'aulos, instrument à anche double, et la syringe, sorte de flûte de Pan. Les Kabyles ont pendant longtemps utilisé une flûte à double anches qui ressemble à l'aulos. A part cela, ils utilisent, pour les besoins de la musique traditionelles des flûtes de roseaux, des trompettes, des corne-muses et des tambours. Aujourd'hui encore, les compositeurs kabyles, dilettantes pour la plupart, pour rajouter une touche de tradition à leur musique moderne et conventionelle, recourent parfois à ces anciens instruments.  Leur mariage avec les instruments modernes, comme les guitares et les cavaliers, donnent des sons agréables quand ils sont bien exécutés.

[17]Les Grecs attribuaient toutes sortes de vertus à la musique, un pouvoir merveilleux sur les âmes. Selon leurs philosophes, il existe quatres modes : le mode dorien, l'austère, qui dispose au courage et à l'action; l'Hyperdorien qui invite à la sérénité et à la retenue; puis les modes ionien et phrygien qui poussent au plaisir. Dans l'éducation des enfants et des jeunes grecs, la musique avait une place de première importance. Elle était considérée comme indispensable pour former le caractère.    

[18]Les choeurs tragiques sont constitués de douze  ou de quinze choreutes et les choeurs comiques de vingt-quatre.

[19]L'utilisation du masque permet de jouer plusieurs rôles puisqu'il n'y a que trois acteurs mais plus de trois personnages. Les traits grossis du masque sont visibles de loin et permettent aux spectateurs de deviner tout de suite le statut du personnage : vieillard, esclave, roi...

[20]C'est probablement des masques en terre cuite dont il s'agit à propos du personnage théâtral kabyle : Amγar ucequf/Le viellard au tésson : nom avec lequel les Kabyles désignent  une forme théâtrale.

[21]Théâtre, du grec Théatron qui signifie le lieu d'où l'on voit.

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