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       La matrone du village, femme aimée de tous et de conduite irréprochable, devait procéder elle-même à la toilette de la fiancée d'Anzar. Elle remet à la jeune fille une cuiller à pot (Aγenja) sans aucun ornement qu'elle tiendra à la main. Puis elle charge la fiancée d'Anzar sur son dos.

 

         Un immense cortège les accompagne composé des gens accourus du village qui les suivent derrière.

 

         La jeune fille, sur le dos de la matrone,  brandit aγenja/une louche ou une cuiller à pot, sans aucun ornement, c'est-à-dire toute nue; et un immense cortège les accompagne.

 

       La louche est-elle en bois ou en terre cuite ?

         La louche est-elle scupltée ?

 

         Le cortège est constitué de femmes et de jeunes garçons, il processionne vers le sanctuaire du village, derrière la louche.

 

       Que pourrait représenter la louche ?

 

         La cérémonie de la louche nous rappelle les phallophories d'Athènes dont voici le mythe : Ikarios, un paysan athénien reçoit un jour un cep de la part de Dionysos et fait connaître généreusement autour de lui la  boisson nouvelle. Le vin pur fait merveille, mais les buveurs tombent dans un sommeil si profond que leurs voisins, à peine arrivés au banquet, les tiennent pour morts. Ils accusent Ikarios et le frappent mortellement. Et Dionysos entre à nouveau en colère et enverra à ses ingrats un beau piège : il viendra chez eux sous les traits d'un enfant[1] dans la fleur de l'âge. Pris de désir, les paysans d'Attique veulent le séduire. Mais Dionysos éphèbe n'aura suscité le désir que pour s'y soustraire : il disparaîtra en laissant les paysans à leur stupeur et à la tension priapique[2] de leurs sexes. Une épidémie érotique s'abat sur les paysans d'Attique. Il faut courir à Delphes, et l'oracle leur enjoint de fabriquer des figurines de terre cuite et de les offrir en offrandes au dieu du vin. Ainsi Dionysos s'apaise quand des phallus lui sont offerts.

 

        Le phallus, l'organe sexuel mâle, que portent en procession les citoyennes[3] et les citoyens d'Athènes en plein jour, à l'occasion des fêtes de Dionysos oudes Grandes Dionysies[4] en mars-avril. Pendant les phallophories, une énorme procession défile dans les rues d'Athènes en brandissant un phallus de bois en l'honneur de Dionysos.

 

       Mais quelle est la nature du phallus dionysiaque ? Voilà ce que dit Marcel Detienne, dans son ouvrage "Vie quotidienne des dieux grecs" : "Satyre et Priape, fort opportunément évoqués à propos de la folie sexuelle dispensée par Dionysos, un dieu certes, très entouré de phallus en érection, ceux des satyres ou des ânes de sa suite, mais qui, lui-même, sur ses images, ne se montre jamais pourvu d'un sexe érigé ni à fiortiori d'un phallus demesuré. Dionysos ne se confond pas avec les Satyres aux oreilles pointues, aux queues de cheval[5], aux sexes aussi longs que celui des ânes[6]. Sur les vases, les Satyres s'en donnent à coeur joie, se masturbent, copulant avec des animaux, agressent des femmes surprises dans leur sommeil, des ménades qui se défendent et fort bien. Ils mettent en scène sur les flancs des coupes et des vases à boire tout un théâtre de phallus-objets[7] : bâton-phallus, javelot-phallus, thyrse-phallus, toutes sortes d'instruments phalliques manipulés mais également donnés comme autonomes, car ces phallus sont dotés d'un oeil fixé sur un gland. L'oeil du désir et du vivant, de la force animée du phallus."

 

        Le phallus est, selon Aristote, à côté du coeur, une partie du corps qui jouit du privilège d'une vie autonome, un vivant qui entre en mouvement sans que l'intellect lui commande. Il augmente et diminue de volume, se contracte et s'allonge, possède en lui, comme le coeur, une humeur vitale. Son autonomie éclate dans la puissance du sperme jaillissant[8] comme une espèce d'animal.  (Voir : Traité sur le mouvement des animaux, Aristote)

 

       Le phallus signifie le pouvoir générateur, comme l'écrit Jamblique, au VIème siècle de notre ère, dans son livre sur les Mystères, quand il interpète la coutume de dresser le phallus lors des fêtes de Dionysos, celles de mars-avril, quand la terre commence à se remplir de sève, de sucs et d'humeurs, quand vient le sacre du printemps, quand s'éveille devant les Satyres brandissant[9] le phallus Dionysos. 

 

       Le phallus chez Dionysos ne se confond pas avec celui des Satyres. Même si Dionysos est représenté dans les phallophories en statuette de phallus, le dieu du vin n'a pas le monopole de l'organe génital mâle. Dans ses représentations, Dionysos n'est jamais ithyphallique. Le dieu ne se confond pas avec les satyres de son cortège. Contrairement à ces derniers, le dieu du vin agit en maître par et sur le phallus.  Marcel Detienne, dans son ouvrage "La vie quotidienne des dieux grecs", écrivait que Dionysos aime les femmes et fait si belle place à la Ménade (alors que le corps masculin est toujours bestialisé). Dionysos n'a pas choisi le sexe mâle contre celui des femmes. Dionysos ne peut se confondre avec un vulgaire phallocrate : le phallus manifestant la "puissance virile" de la nature n'appartient à aucun corps mâle. Il transcende le corps, il excède la sexualité humaine comme la force du vin pur outrepasse les limites du banquet et du cratère au milieu des buveurs et des convives. Le jour du phallus, c'est la toute-puissance de Dionysos qui se donne à voir, spectacle pour la cité entière de la force vitale irriguant la nature, les plantes, les arbres et les vivants quels que soient leur sexe et les détails de leurs relations.

 

          Le phallus[10] des phallophories, est un objet de bois, taillé et sculpté, comme pourrait l'être la cuiller à pot du rite d'Anzar. Le phallus est une oeuvre à la fois cultuelle et artistique, faite par  un charpentier ou un sculpteur sur bois[11]. Il se présente sous la forme d'un oiseau[12] dont la tête et le cou sont remplacés par un pénis. L'oiseau-phallus en l'honneur de Dionysos est un pénis pourvu d'ailes. Il est à rappeler qu'à la fin de la cérémonie d'Anzar, après avoir remis la jeune fiancée à  la divinité de l'eau, le choeur accompagnant la fiancée, chante : "Attan eg-as afriwen, kecmet deg igenni, ṛuḥet/La voici donne-lui des ailes et foncez vers le ciel : allez."

 

         Iflu est un autre nom kabyle de Aγenja[13]/La louche. Iflusemble de même racine que phallus/Le pénis. Il est probable même que le mot Abuc/Le pénis, en kabyle, vienne du mot grec Péos/Pénis, ou du mot latin Bacchus, autre nom de Dionysos. Iflu: celui qui transperce en opposition à Tifli, ce qui transpersé, le trou, comme l'anus. Quant à Aγenja, dans certaines versions d'Anzar, on retrouve dans les incantations de la procession la réplique suivante : Aγenja la yetteqliliḥ sennig wexxam n uquliḥ[14]/La louche s'ébat au-dessus de la maison du bouc."- Nous avons toutes les raisons de croire que le mot Aγenjadans cette réplique signifie Phallus quand on sait que Aquliḥsignifie bouc, l'un des attributs de Dionysos.

 

         Phallus comme objet de reproduction, on le remarque dans le rite d'Anzar, quand la fiancée, encore sur le dos de la matrone, dit :

 

Ô Anzar, la louche est sèche,

Toute verdure a disparu.

Le vieillard est voûté par les ans,

La tombe l'appelle à elle.

Mon ventre est stérile

Et ne connait pas de progéniture.

Ta fiancée t'implore,

Ô Anzar, car elle te désire.

 

         La louche est séche. Quelle louche ? Celle que la fiancée d'Anzar tient dans la main ou bien la verge du viellard qui ne connaît plus l’érection : celle qui n'a plus de sève pour pouvoir féconder ? La verge stérile, qui ne se gonfle plus, qui est sèche comme le bois mort dans lequel on a taillé le phallus sous forme de louche. Le phallus que la vie s'apprête à quitter.  Le mal de "débandade" phallique, appelée sécheresse, dont se plaignent les femmes, et que seul Dionysos peut guérir, à condition de lui faire l'offrande d'un phallus sous forme de louche.

 

         Le phallus reste en Kabylie un élément organique important, même si la "pudeur" tente de le censurer, il se manifeste au grand jour dans les fêtes de circoncision[15] et de mariage. C'est autour de lui que les Kabyles font des fêtes et c'est en son honneur qu'ils déploient faste et puissance. Ne dit-on en pas en Kabylie d'un homme dont la verge ne se gonfle pas : "Ur yesε'ara ddunit/Il n'a pas de vie ?"- Cette affirmation ne signifie pas que l'homme en question est mort ?  - N'est-ce pas pour les Kabyles la pire chose qui puisse arriver à un homme que de perdre l'usage amoureux de son sexe ?

 

         Pendant le mariage, tout se fait autour du sexe, mais sans le nommer. Comme dans la Grèce antique, où pendant les mariages Dionysos reste discret. C'est Hermès, le messager de Zeus, dieu des voyageurs, qui transporte la fiancée de chez elle jusqu'à la maison du nouveau marié. En Kabylie, quand la fiancée se marie au village[16], il y a encore quelques années, on choisissait un homme vigoureux pour la transporter sur son dos. Il la transporte en position debout, et l'homme ne doit pas se reposer en chemin de peur de la répudiation. Il doit faire le trajet sans s'arrêter.

 

         Mais malgré le tabou de l’évocation du sexe en Kabylie, les gens ne tarissent pas de discussions sur le mariage, surtout chez les femmes. N'est-ce pas une façon de deviser du sujet sans tomber dans le satyrisme ? - Quand les femmes conseillent aux jeunes hommes le mariage comme panacée à tous leurs maux, même une rage de dent, ce n'est pas uniquement pour leur "vendre" leurs filles en âge d'être mariées, mais pour leur faire comprendre que "s'ils (les jeune hommes) ne vont pas bien, c'est parce qu'ils ne font pas l'amour." - Ces mêmes femmes, ne surnomment-elles pas l'homme qui tarde à se marier Abewal/Le pisseur, autrement dit, celui qui ne fait bon usage de son pénis. En revanche, pour les hommes kabyles, l'homme qui tarde à se marier est à surveiller. Il est considéré comme un Satyre.  Le phallus dionysiaque, lié au mariage, bâtisseur de foyer, est discret; il est l'opposé du phallus des Satyres, celui des champs, considéré comme destructeur des ménages, ennemis de Dionysos, d'Hermès, de Héra et d'Hestia.

 

         Mais dans le rite d'Anzar, qui est cette matrone qui transporte la fiancée de son foyer vers le sanctuaire d'Anzar ? Pourquoi la matrone, qu'on appelle en kabyle Lemqiblaou Lqibla/l'accoucheuse, la sage femme, celle qui accueille les nouveaux-nés, celle qui leur coupe le cordon ombilical ? Pourquoi doit-elle être  de conduite irréprochable ?  Qui est son équivalent

dans les autres mythologies, notamment gréco-romaines ?

 

         En absence des hommes[17], il est donc normal que ce soit une femme qui doive assurer le transport de la fiancée de son foyer vers le sanctuaire de la divinité. Que represente donc cette femme irréprochable ? Une chaste ? Une sainte ? Une prêtresse ? Une vierge ? Rien d'autre n'est indiqué dans le texte à part que c'est celle qui rencontre ou qui accueille...Irréprochable par rapport à quoi ? Si cette femme est irréprochable par rapport au sexe, ce qui est fort probable, elle doit-être soit mariée, maîtresse de maison et protégée d'Héra ou vierge, gardienne de foyer, prêtresse d'Hestia, comme les vestales de Rome. Mais le mariage d'Anzar concerne un immortel et une mortelle. Ce qui sous-entend que le rôle des autres immortels n'est peut-être pas le même que dans un mariage entre mortels. Que représente donc la matrone dans le rite d'Anzar ? Est-ce une prêtresse complice d'Anzar ?   N'est-ce pas elle qui lui remet la fiancée tout nue ?

 

         Avant de tenter une réponse à la question de l’identité de cette matrone, nous vous invitons à la lecture du mythe grec de Zeus et Sémélé : Sémélé est la fille de Cadmos, le fondateur de Thèbes, et d'Harmonie, que Zeus, roi des dieux, aima. Héra, la femme de Zeus, jalouse, emprunta les traits de Béroé, la nourrice de Sémélé, et conseilla à sa rivale de demander à son amant de lui montrer son visage.  Epouvanté, Zeus ne pouvait refuser de s'exécuter car il lui avait promis de lui accorder tout ce qu'elle désirait. Zeus se présenta donc devant elle dans toute sa splendeur, avec sa foudre et ses éclairs, et Sémélé fut foudroyée. Le dieu eut cependant le temps de retirer, du ventre de Sémélé, l'enfant Dionysos, l'enfant que Sémélé avait conçu avec le roi des dieux. Ensuite, il le mit dans sa cuisse jusqu'au terme de sa naissance. 

 

         Lorsque l'enfant Dionysos naquit, Zeus le déguisa en petite fille, le donna à Hermès qui, à son tour,  le confia à Athamas et Ino, soeurs de Sémélé. Mais Dionysos ne put échapper à la colère de Héra qui frappa ses parentes adoptives de folie. Suite à quoi, Zeus le transforma en chevreau[18] et le confia cette-fois-ci aux nymphes d'Hyades, qui entreprirent avec Silène, son éducation.  Des nymphes que Zeus transforma plus tard en étoiles. Des étoiles qui amènent la pluie lorsqu'elles s'approchent de l'horizon.

 

         Le dieu Dionysos, naquit ainsi du feu et fut élevé par la pluie : la chaleur brûlante qui mûrit la grappe de raisin et l'eau qui empêche le plant de mourir. Dionysos est aussi dieu de l'agriculture et le protecteur du théâtre.  

 

         Dans le mythe d'Anzar, le dieu de la pluie se présente sous forme humaine. Selon la description, faite par la jeune fille, il a un visage humain avec une couronne de corail au front. Quant à la jeune fille, dans sa réplique, dieu la compare à la lune, une lune argentée par les reflets de la rivière. Qui est donc cette jeune fille comparée à la lune ? N'est-ce pas Sémélé, mère de Dionysos ? 

        

         Puis, au moment où Anzar s'unit avec sa fiancée, il devient un immense éclair lumineux[19]. Comme dans le mythe de Sémélé, quand Zeus, se manifeste devant elle avec son éclair et sa foudre de feu.

 

         Et la matrone du village, lqiblaou celle qui accueille les nouveaux nés, ne serait-elle pas l'équivalent de Béréo, la nourrice de Sémélé, mère de Dionysos, dans la mythologie grecque ?

 

         Dans le rite d'Anzar, Dionysos, dieu du théâtre, ne se manifeste pas uniquement à travers la louche, mais aussi par la représentation théâtrale qui se déroule durant la cérémonie, ou le choeurs des femmes du village donnent la réplique en chants à la fiancée, qui profère des prières à l'égard du dieu de l'eau. Nous avons effleuré le sujet dans l'un des articles précédents, en rappelant que cette forme de théâtre nous rappelle la naissance de la tragédie en Grèce, où la mise en scène est faite autour d'un comédien et d'un choeur. Nous reviendrons plus tard sur cette forme de tragédie, basée sur le dialogue entre un comédien et un choeur, forme très fréquente en Kabylie, comme nous l'avons déjà vu dans l'histoire de Aεaṛus a bu beṛnus/L'escargot, au burnous.

        

         Après le jeu de théâtre, quelques jeunes filles en âge d'être mariées, s'assemblent auprès de la fiancée, toujours nue, pour le jeu dit "Zerzari" qui se pratique avec une balle de liège. Elles se groupent dans un endroit plat, non loin du sanctuaire. Munies chacune d'un bâton, elles se disputent la balle, jusqu'à ce qu'elle tombe dans le trou préparé pour la recevoir.

         Qui est Zerzari ? N'est-ce pas le cerf au pied de bouc, représentation du Satyre, tombé sous les bâtons des chastes Ménades, compagnantes de Dionysos ? Le Satyre, au phallus sauvage, opposé de la louche, phallus domestique, que les jeunes vierges ont décidé de lacérer et de déchiqueter. Le Satyre qui viole et qui agresse les jeunes filles aux coins des bois et sur les chemins des champs et des fontaines. L'homme qui tarde à se marier et qui court la campagne à la recherche des femmes isolées. Le destructeur des ménages et de la réputation des filles pas encore mariées. Dans le rite d'Anzar, la louche, instrument domestique et familial, est fêtée et la balle de liège, bois sauvage, est punie.

 

         Le rite d'Anzar est la célébration de l'amour céleste au détriment de l'amour terrestre. C'est l'accueil par les femmes de l'amour divin tout en excluant du sanctuaire de celle-ci celui des hommes.  L'union d'Anzar et de sa fiancée est la divinisation de l'amour physique. Leur montée dans le ciel, dans la splendide lumière du roi des dieux, est l'expression d'un somptueux orgasme. C'est une ascension vers les sphères supérieures, raffinées. L'union d'Anzar et de sa fiancée, c'est deux êtres purifiés s'élevant vers l'ivresse, la jouissance, le divin.

         Parmi les fêtes de Dionysos, il en est deux que les Romains célébraient. C'est d'abord les fêtes des Liberalia, qui se célébrait le 17 mars, et qui n'avait rien de commun avec les Dionysiagrecques. Ovide disait que le jour des Liberalia, on rencontrait partout dans les rues de Rome des vieilles femmes, qu'on appelle les prêtresses de Liber, couronnées de lierre, elles vendaient aux passants des gâteaux faits avec de la farine, de l'huile et de miel. Le même jour, les jeunes gens quittaient la toge prétexte pour revêtir la toge virile (toga virilis), c'est-à-dire abandonnaient le vêtement des enfants pour prendre celui des hommes. Tertullien ajoute que le jour des Liberalia, chaque famille avait l'habitude de dîner dans la rue.

         Le jour des liberalia[20], comme le rite d'Anzar, exclut toute relation entre Liber pater romain et les vendanges. Liber des Liberalia est un dieu qui présidait à la fertilté des champs. On célébrait sa fête pour invoquer sa protection des récoltes futures, et pour détourner des champs le mauvais oeil. Durant ces fêtes[21], Dionysos est symbolisé par les statuettes de phallus.

 

         Nous remarquons quelques ressemblances entre la cérémonie des liberalia et celle d'Anzar. La nourriture qui se consomme dehors ce jour-la. La présence des garçons: à Rome il s’agit d’un rite initiatique de passage, de l’enfance à l’âge adulte, dans le rite d’Anzar,  sans connaître vraiment leur rôle dans la cérémonie, les garçons sont présents et peuvent à l'occasion voir le corps féminin dans son plus simple appareil. N'est-ce pas une occasion pour la communauté d'introduire les garçons du village dans le monde des adultes et de les initier en même temps à la chose sexuelle ?

 

Le sexe et le monothéisme

 

 

         Voilà ce que dit Augustin d'Hippone, alias Saint Augustin, père de l'Eglise, dans son ouvrage "La Cité de Dieu", Livre VII, chapitre 21, à propos des Liberalia: "Entre les rites les plus nombreux que je suis forcé d'omettre, Varron raconte qu'en certains lieux de l'Italie les fêtes de Bacchus se célébraient avec un tel cynisme qu'en son honneur l'on adorait les parties viriles de l'homme; et, dédaignant même la pudeur du secret, ce titre étalait au grand jour le triomphe de l'infâmie. car, pendant le temps de ces solennités, ce membre honteux, promené sur un char, parcourait les environs de Rome, puis entrait dans la ville même. A Lavinium, tout un mois était donné à Liber, durant lequel on proférait les plus horribles obscénités jusqu'à ce que l'infâme idole eût traversé le Forum pour rentrer dans sa demeure. Et il fallait qu'en public la plus honnête mère de famille vint déposer une couronne sur ce monstrueux objet. Et pour rendre Liber propice aux semences, pour détourner des champs tout sacrilège, il fallait donc qu'une femme fit publiquement ce qui sur le théâtre devrait être interdit même à une courtisane, en présence des femmes honnêtes."

 

         L'Eglise avec à sa tête Saint Augustin a combattu ce genre de pratiques,  et la louche a probablement fait son apparition dans les rites d'Anzar, en Afrique du Nord, à partir de cette époque.

 

         Depuis la lointaine antiquité, il s'est posé la question philosophique de l'opposition entre la Loi et la Nature, entre Physiset Nomos. Les matérialistes et les hédonistes voient la Loi comme une limitation aux libertés individuelles. Selon eux, la nature doit refléter les aspirations réelles de l'être humain tel le bien-être et l'accomplissement de soi. Les philosophies platoniciennes, quant à elles, donnent la priorité aux Lois, cultivant la réalisation de l'âme et le mépris du corps. De ce fait nous pouvons affirmer que les religions monothéistes appartiennent au registre de la Loi contre la Nature. Mais les Lois religieuses, notamment monothéistes, diffèrent des lois platoniciennes qui sont des lois humaines censées gérer la cité, la Loi religieuse est divine, son instrument est le bien et le mal, et c'est avec des dogmes et des impératifs divins, qui ne sont que des verdicts, des jugements des comportements humains.

 

         Dès l'origine, (Voir l'histoire d'Adam et Eve et le péché originel), les religions monothéistes ont montré leur haine à l'égard de la femme, du corps et de la sexualité. Cette dernière n'a jamais cessé de les hanter, surtout les plus fanatiques d'entre eux.  Pour eux, une relation sexuelle ne sert qu'à procréer, et non à se faire plaisir, c'est pourquoi tout ce qui va à l'encontre de ce but est proscrit. On ne fait plus l'amour pour jouir, mais pour se reproduire. Ce qui exclut l'idée du désir, du plaisir et des sentiments. La pratique sexuelle, pour les monothéistes, est utilitaire, d'où la haine du désir, du plaisir et du sentiment qu'un homme puisse manifester à une femme.

 

         La haine du corps et l'adulation de la souffrance  sont défendus avec véhémence par les monothéistes, notamment au début du christianisme par Saint Paul, Tertullien et Saint Augustin, puis aujourd'hui encore, par le Vatican et sa position vis-à-vis du préservatif, sans oublier les Islamistes, qui cultivent la détestation de la beauté et la diabolisation du corps feminin qu'ils préfèrent cacher pour ne pas réveiller le désir du paisible et vertueux Musulman.

 

         Certes, Saint Augustin a rêvé d'un amour absolu, débarrassé du désir. Comme le Platonisme, dont se revendiquent à tort les Monothéismes, ils prêchent la séparation de l'esprit et du corps, mais encore une fois, le Platonisme défend la continence pour atteindre la bonté, et le monothéisme, lui, prêche l'abstinence pour le salut de l'âme.

 

         Pour les Monothéistes, la sexualité est un mal nécessaire à la survie de l'espèce, car l'acte sexuel, pour eux, est ce qui rapproche l'homme de l'animal, alors que leurs religions voudraient qu'ils restent purs. La sanction d'un acte sexuel, infâme et souillant, est l'enfant, à condition qu'il soit né d'une union légitime et sous l'autorité religieuse.

 

         Le monothéisme veut gérer la nature humaine comme un ennemi. Il se situe, du coup, dans un rapport conflictuel avec le corps et la sexualité.  Il interdit toute sexualité en dehors du mariage, il condamne la masturbation qu'elle soit le fait d'un homme ou de la femme, ainsi que l'homosexualité..., il considère ces pratiques comme des détournements de l'acte sexuel à des fins de plaisir, non de procréation. Il voit dans la virginité, surtout, celle des filles, une condition incontournable de respectabilité et de l'honneur de la famille et du groupe.

 

         Le monothéisme combat la nudité. Il préconise la pudeur, mot venu du latin Pudorqui signifie honte. Une honte qui s'attache principalement au corps et au sexe. 

 

         Toutes ces "vertus" sont de mises en Kabylie. Des pratiques qui remontent sans doute au début du Christianisme en Afrique du Nord, puis par la suite, l'arrivée de l'Islam, qui a intensifié les interdits quant à la vie dionysiaque que beaucoup de croyants dénoncent encore, en montrant du doigt accusateur les adeptes de Bacchus, à savoir les mécréants, ceux qui boivent du vin, ceux qui mangent le porc et ceux qui aiment les femmes. Voici ce que les Kabyles présentent comme la tradition : des lois monothéistes auxquelles leurs lointains ancêtres ont été soumis et dont les Kabyles ont hérité comme traditions.   

 

         En Kabylie, l'acte sexuel, en dehors du mariage, est considéré comme un crime. Toute la dignité des hommes est rattachée à la virginité des jeunes filles, parfois mêmes vieilles, et à la fidelité des épouses. Le nu est banni et pourtant revendiqué dans le rite d'Anzar. Voyez-vous, nous sommes bien loin des prouesses sexuelles des dieux grecs, des rapts de mortelles par Zeus et ses fils, des Satyres en érection courant les Nymphes, des héros faisant la guerre pour la beauté des femmes, etc.

 

         Le Monothéisme a émasculé Zeus et il en a fait un dieu asexué, si parfait que l'homme se sent en permanence en faute et n'arrête pas de se repentir dès que l'idée de la chair lui traverse la tête ou le pénis. Si dans l'Antiquité, on disait qu'après l'amour l'animal est triste; dans les sociétés monothéistes, on devrait dire : après l'amour, l'animal est coupable. Sentiment que le païen ignorait avant que Zeus, "le coureur de jupons", ne se fasse moine.

 

          La honte et la culpabilité, voila ce que l'Homo kabylus a appris du monothéisme. Deux sentiments qui ont fait que le Kabyle se mésestime. C'est par ce sentiment que les monothéistes le tient en lui faisant sentir qu'il est un mauvais Musulman, et qu'il le considère comme responsable de la dégradation des moeurs et de la désintégration de la nation. L'Arabo-islamiste, bien qu'il soit majoritaire, sachant le Kabyle, enclin à la culpabilité, n'hésite pas à le surcharger en l'accusant de mécréance et de racisme. Culpabilisé et apeuré, le Kabyle se met sans cesse à prouver le contraire à son accusateur. Désirant racheter ses fautes imaginaires,  il se retourne contre les Kabyles qui assument publiquement leur athéisme et qui refusent la culpabilisation. Agacé par ses derniers, il adopte le comportement de ses bourreaux, à savoir, accuser à son tour de traîtrise les Kabyles qui rejettent l'Islam et la culture arabe. Il les considère comme responsables des malheurs de la Kabylie. Il se met du côté des Arabo-islamistes, et pour leur plaire, il appelle le Kabyle affranchi des liens de soumission l'extrémiste, voire même le fasciste. 

 

         Le Kabyle, culpabilisé[22] à souhait, a hâte de se montrer tolérant vis-à-vis de son ennemi et adversaire du Kabyle libéré. Il ressemble dans son comportement à ce père de famille qui, incapable de défendre sa progéniture, la punit au lieu d'aller réprimander les enfants du voisin, même plus agés, qui les avaient attaqués. Il s'excuse même auprès de ce voisin de l'insolence de ses enfants à lui. En politique, le Kabyle soumis  se presse de freiner tout élan et tout espoir de libération venant d'un autre Kabyle, qui, lui, refuse de se laisser berner. On dirait qu'on est chez le peuple de la caverne de Platon.

 

         Idem dans l'Art. Toute nouveauté allant dans le sens de la libération le terrorise. Il envie la culture et la civilisation des grands pays modernes tout en interdisant dans son village et dans son quartier toute initiative de liberté et de fête. Il oppose aux artistes, pétris d'idéaux universels, la culture populaire locale, puis parfois celle de son dominant. Le Kabyle, coupable doublé d'ignorant, trouve sa seule joie dans son opposition aux idées progressistes des jeunes kabyles révolutionnaires qui tentent de le sortir de sa caverne, pour voir la lumière du soleil.

 

L'élite kabyle et l'écriture

  

         Le rite d'Anzar réduit à un simple rite d'obtention de la pluie d'une commmunauté kabyle, d'emblée considérée comme éternellement musulmane, comme le veulent les ethnologues modernes qui face à n'importe quelle tradition, ils l'observent avec les lunettes du colon français, ou encore les intellectuels algériens, voire même kabyles, qui présentent le rite d'Anzar avec leur bagages culturels monothéistes et islamiques. Il est presque impossible de faire admettre à ces deux catégories que le rite d'Anzar vient de la haute antiquité. Pour les ethnologues européens, notamment français, partisans de la nation Maghreb arabe et islamique, dans leur souci de préserver la culture occidentale loin de tout apport culturel berbère, ils excluent ceux-là de toute l'Histoire antique. Ils cherchent par tous les moyens à faire appartenir les Berbères au monde oriental. Dans leur études sur les dieux et religions anciennes de l'Afrique du Nord, en aucun moment ils ne citent les dieux et les déesses adulés dans les ancienns métroploles Gréco-libyques ou Berbero-romaines, comme Cyrène, Cirta, Timgad, Césarea et Tipaza. Ils vont plutôt chercher des dieux phéniciens ou orientaux gravés par ces derniers sur les stèles et les parois rocheuses.

 

         Quant aux monothéistes musulmans, les il-n-y-a-d'autres-dieux-qu'Allah, ils ne daignent même pas comprendre les us et coutumes anciennes des Berbères, ils balaient d’un revers de main tout ce qui n'est pas Arabo-Muslman. Mais les plus à plaindre ou à blâmer sont les chercheurs berbères qui jouent  les scientifiques, épris de "vérité" quand il s'agit de leur histoire et de leurs mythes, du coup, ils reprennent soit les thèses des colonialistes qui veulent enfermer les Berbères dans un contexte arabo-islamique, jonché ici et là de pratiques animistes soit, s’ils sont du système, ces chercheurs dénient aux Nord Africains toute antériorité antique. Pour ces derniers, tout ce qui pourrait venir des Grecs ou des Romains releverait du fantasme de quelques hellénistes et latinistes en mal d'universalité.

 

         Voilà pourquoi nous avons opté pour le concept d'Arcadia, qui est contraire à l'Académia. Un organisme où l'on n'est pas tenu à des méthodes universitaires, qui ne se risquent à la recherche que quand elles disposent des études précédentes qu'elles jugent autorisées, car venues de chercheurs diplômés, et étrangers de préférence, et on les reprend tels quels sans se soucier de l'idéologie des ces derniers.    

 

         Voila que des chercheurs européens ont construit, dans des organismes comme l'Arcadia, leurs langues et cultures sur celles des Grecs et de Latins, puis ferment les portes de cette institution, pour imposer aux autres cultures l'Académia. Eux, qui ont pris toutes les libertés pour traduire, adapter, enrichir leurs langues et leurs cultures de mots et de mythes grecs, ils inventent des disciplines de recherche très strictes qui empêchent les chercheurs des autres cultures de s'y aventurer. Il en est advenu que pour dire que tel mot berbère vient du latin, il vous faut d'abord présenter vos diplômes universitaires. Voilà  donc des universitaires berbères, fort diplômés pour la plupart,  faute d’objets de  recherche, s'occupent, en critiquant leurs méthodes d’amateurs, de ceux qui tentent d'apporter des réponses à des questions pertinentes sur leur langue, leurs croyances  et leur culture d'origine.

 

         Nous voyons défiler des intellectuels arabo-islamistes sur tous les plateaux de télévision, donner des conférences des entretiens partout dans le monde, enfin, ils squattent tous les espaces d'expression, pendant que les intellectuels berbères enfermés, dans leur sphère universitaire, passent leur temps à s'indigner entre eux, de ce que les premiers ont dit ou écrit. Mais pourquoi n'écrivent-ils pas nous demanderiez-vous ? Ils le pourraient, mais le veulent-ils vraiement? Ont-ils un interêt à ne pas le faire ? Sont-ils si scientifiques et si honnêtes qu'ils se refusent le droit de se tromper ? Nous ne pouvons vous répondre à leur place. Nous ne sommes sûrs que d'une chose, c'est que les fossoyeurs, pour ne pas dire révisionnistes et négationnistes, de l'Histoire des Berbères écrivent, le monde les lit et les croit.

 

         Le manque d'engagement des élites kabyles, leur pensée qui va dans le sens de celle du Kabyle lambda, ont laissé libre court à la pensée arabo-islamiste qui, aujourd'hui, s'installe en Kabylie à travers le livre et les activités culturelles. Le refus de voir le danger religieux, le vide spirituel chez les Kabyles, la soif d'espérance font que la population de Kabylie se jette pieds et mains liés dans les bras des prédicateurs de la mort et des prophètes apprentis sorciers de tous bords et de toutes barbes.

 

         Certes, cette élite a remis à jour l'Histoire antique de l'Afrique du Nord, a revisité les anciens rois, a revalorisé et restructuré la langue berbère, mais elle a oublié de réinventer le spirituel. Elle l'a manqué à travers l'Art comme l'ont fait les pays modernes. L'élite kabyle a détruit de bonne foi les pratiques païennes tout en laissant le boulevard libre à ses ennemis islamistes, qui avancent ses pions en terre kabyle. Nous ne pouvons rappeler les ancêtres antiques sans parler de leurs croyances. Nous ne pouvons célébrer la reine Dihya sans évoquer son combat et ce pourquoi et contre quoi elle est morte. Nous ne pouvons enseigner la vie du roi Massinissa sans parler de sa vie spirituelle. Nous ne pouvons pas ne pas interroger nos mythes et nos contes pour reconstituer les éléments sprituels qui, jadis, ont fondé les valeurs et la vision du monde de nos lointains ancêtres. Nous ne pouvons pas ne pas mettre en lumière les dieux anciens méditerranéens et leur apport dans la construction du spirituel chez nos ancêtres. Nous ne pouvons faire l'impasse, comme le souhaitent les monothéistes musulmans, sur les divinités anciennes, celles qui ont  façonné notre façon de voir, de sentir et d'appréhender la nature et le monde. Nous ne pouvons récuser les vérités, devenues aujourd'hui universelles, du vieux monde méditerranéen en allant les chercher dans les cultes moyen-orientaux.

 

         Ce passé-là, c'est à notre élite de le remettre à jour, de le réiventer et de le revaloriser. Comme chanterait Idir, dans sa chanson Muqleγ/J'ai regardé :

         "Mazal a neγz a nmuqel,

            A nelḥu a nesteqsi...

            Ulac tardast a nezgel,

            A nsiγ tafat ma texsi.

            Kra nḍeggeε lkenz n leεqel,

            Aneγrum-is ur ansi."

         "Nous regarderons et creuserons encore,

         Nous marcherons et interrogerons...

         Nous n'oublierons aucune parcelle,

         Nous allumerons la torche éteinte.

         Le trésor si nous le négligeons,

         Par quoi le remplacer."

 

         A Mare Nostrum Arcadia, nous sommes convaincus qu'il n’y a d'avenir pour la culture kabyle que si celle-ci renaît de ses cendres, c'est-à-dire, des ruines de l'ancienne culture méditerranéenne libyco-gréco-romaine, brûlée par les monothéismes orientaux... telle le Phénix.

 


[1] Voici peut-être la raison pour laquelle les jeunes garçons, pas les hommes, participent à la cérémonie du rite d'Anzar. Ce jour là, les femmes préfèrent soustraire les petits garçons aux hommes, qui à l'occasion, sont indésirables et considérés comme des Satyres. Rappelez-vous le Mythe d'Amymoné, fille de Danaos, que dieu Poséidon ou (Zeus selon les versions), a sauvé des mains d'un Satyre qui a tenté de la violer.

[2] Priapisme : Une véritable folie sexuelle, ce qu'on appelle dans les milieux médicaux : Pathologia sexualis. Le priapisme est caractérisé par une augmentation permanente de la verge, sans jouissance. Le membre est paralysé, mais sans volupté à l'horizon. C'est la verge de bois sec. Souffrance plus impuissance. Quant au Satyriasis, il est sanctionné par un acte sexuel, mais livré à lui-même, qu'une dépense infinie s'ensuit, avec jouissance mais demesurée, excessive, jusqu'à épuisement mortel. En Kabylie, il arrive que durant la nuit de noces, des jeunes mariés n’ont pas d’érection, un autre mal, même s'il est contraire au Priapisme et au Satyriasis, que les villageois (les hommes surtout) imputent toujours aux sorcières et que des sorciers tentent de guérir en préparant des anti-filtres et en récitant des incantations bienfaisantes. La bandaison chez les jeunes mariés kabyles peut parfois durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines.   

[3] Durant les phallophories rustiques, en Grèce, le phallus se fait pédestre et plus modeste de taille. Le jour venu, devant la cité entière, il va défiler, convoyé notamment par les jeunes filles de bonne famille faisant office de canéphores, c'est-à-dire portant les corbeilles de sacrifice. Dans le rite d'Anzar n'est-ce pas les femmes qui constituent la procession, qui portent la fiancée brandissant la louche, ainsi que les corbeilles de nourriture qu'elles ont récoltées durant la procession ?       

[4] Les fêtes de Dionysos ou les Grandes Dionysies sont des fêtes urbaines, elles attirent beaucoup de monde avec les représentations de tragédies qui se succédaient pendant quatre jours.

[5] "La Terre t'attend, livrée comme une jument, toute à la joie de ta venue." - Dans le tite d'Anzar, le choeur parle de jument, une jument qui attend d'être fécondée par un Cheval. Le cheval, attribut de Poseidon, chez les Grecs, animal qui se manifeste par la fougue, dans la puissance inquiétante, incontrôlable. Le cheval créature des eaux jaillissantes ou comme une force née de la Terre

[6]  En Kabylie, quand un homme possède une grande verge, les autres hommes disent de lui, sans doute par jalousie : "Il a troqué son âme contre la verge d'un âne." - Cette légende pourrait bien retrouver sa racine dans les Métamorphosesd'Apulée dont le héros Lucius se métamorphose en âne, avant de retrouver à la fin sa forme humaine. N'est-ce pas une transformation dionysiaque, réalisée par une sorcière, qui a frappé le héros d'Apulée ? N'a-t-il pas, pendant la métamorphose, troqué son âme contre l'attribut de l'animal dionysiaque ?  Le pénis de l'âne reste la hantise des Kabyles, d'où la castration dont l'animal est fréquemment victime. Ajouté à cela que l’on observe qu'il n y a pas pratiquement pas d'ânesse en Kabylie - L'âne, ce compagnon de Dionysos, serait, selon les Monothéistes, celui qui introduit le diable par sa queue dans l'Arche de Noé. En Kabylie, Bujlima, le musicien dionysiaque, vêtu de peau de chèvre, jouant à la corne-muse, qui se déplace de  village en village est toujours accompagné de son âne, d'où le proverbe : Bujlima yekkat ṭṭbel, yettxezziṛ aγyul-is/Boujelima joue de la musique en surveillant son âne.

[7] Pourquoi pas une Louche-phallus dans le rite d'Anzar ?

[8] Aphrodite, déesse de l'Amour, est née du sperme jaillissant du membre d'Ouranos, tranché par Cronos, à l'instigation de sa mère Gaïa, la Terre, la toute puissante. Ce que feront plus tard les Monothéistes avec Zeus-Jupiter.

[9] Priape est le plus petit des dieux pourvu du plus grand pénis. Quant à Pan, le bouc à silhouette humaine, il passe son temps à agresser ses victimes avec un phallus prêt à les pénétrer. Priape et Pan sont fréquement représentés sur les vases grecs.

[10] Le phallus, dans les phallophories, peut être sculpté avec un oeil sur le gland. Cela nous rappelle le chant de Matoub où il disait : "Wweṣaγ-k a bu-yiwet n tiṭ, ur ggan yes-s deg utemmu/Je te conseille borgne de ne pas dormir avec dans le buisson." - Atemmu, dans cette image, pourrait bien signifier les poils du pubis.

[11] Beaucoup de bergers en Kabylie aiment à sculpter au couteau des pénis, survivance sans doute antique. Mais si dans le rite d'Anzar, on a choisi la Louche pour symboliser le Phallus, le choix est sans doute tardif. C'est par pudeur ou par contrainte de la morale monothéiste qui voit d’un mauvais oeil la représentation du Phallus.

[12] "Rriγ afrux-iw di lqefṣ, γas akken deg igenni iγewwes/J'ai mis mon oiseau dans la cage mais il s'est envolé"-  Cheikh Sidi Bémoldans la chanson : "Azzlemt a lxalat", Chants des marins kabyles, 2008.

[13] On dit en Kabylie de celui qui est heureux : "Taqḍiεt tekmes, taγenjawt teγmes/La bourse scellée et la cuillère enfoncée."Dans cette citation, taγenjawtpourrait à la fois signifier l'abondance de nourriture ou une vie sexuelle heureuse.  

[14] Le mot Aquliḥ/Bouc est de même racine que le mot Aqelluy, Iqelluyen/Testicule(s), mot qui pourrait venir du mot Uqu/L'accouplement ou l'acte sexuel. Le mot Uqu a la même racine que le mot latin Coïtus/Coït. Vous vous rappelez tous de la fameuse citation latine : Post coïtum animal triste/Après le coït (l'amour), l'animal est triste." - Puis il y a le mot kabyle Abakuṛ/Masturbation. Mais le mot Abakuṛsignifie à la fois les figues précoces et la masturbation. Et le figuier n'est-ce pas l'arbre de Dionysos, dans lequel les Grecs taillaient des phallus ?  Le mot Abakuṛpourrait bien lui-aussi venir du mot Bacchus, nom latin de Dionysos.

[15] Pratique courante dans l'antiquité, notamment chez les Pharaons d'Egypte. Pratique reprise par les Hébreux, puis par les Musulmans (Voir : Moise et le Monothéisme, de S. Freud). Quand cette pratique a-t-elle atteint l'Afrique du Nord, et la Kabylie en particulier ? Probablement avec l'Islam. Nous ne saurions vous répondre. Nous savons juste que chez les Kabyles, après le coup de ciseau du circonciseur, les parents du circoncis enterre le prépuce dans un lieu secret, de peur que les sorcières le déterre et en fasse des filtres. Des filtres qui risquent de perturber ou d'orienter la vie sexuelle de l'enfant circoncis. C’est la même raison pour laquelle, il y a des veillées funéraires en Kabylie. La pratique est fort ancienne. Apulée en parle dans "Les Métamorphoses." : Les anciens organisaient des veillées autour du mort pour empêcher les sorcières de lui voler ses organes pour en faire des filtres de magie.

[16] En Kabylie, quand une femme se marie d'un village à un autre, on la transporte sur le dos d'un mulet. Pourquoi le choix du mulet ? Pourquoi on n'utilise pas l'âne ou le cheval ? Nous savons que le choix des Romains du mulet pour faire tourner la grande roue en bêton qui écrase les olives dans les huileries traditionelles est dû à son endurance et à son rythme uniforme, mais dans le cas du transport des mariées d'un village à un autre, nous ignorons le choix de cet animal par les Kabyles. A-t-on choisi le mulet pour sa stérilité et son absence dans le cortège de Dionysos ? Le mulet est-il considéré comme faisant partie des Satyres ? Et Hermès, pourquoi lui confie-t-on le transport des fiancées qui partent de leurs foyers vers celui du fiancé ? On dit d'Hermès que c'est un dieu ithyphallique, mais n'est-ce pas le dieu grec qui a eu moins d'aventures amoureuses et moins de progéniture. En revanche, n'est-ce pas lui qui joue l'entremetteur entre  Zeus son père et ses conquêtes mortelles, comme c'est le cas d'Alcmène, mère d'Hercule ?

[17] Dionysos, de par sa nature, il était appelé à devenir un dieu des Mystères. Ses fêtes les plus antiques telles que les Triétériques du Cithéron et du Parnasse ou les Aioleila d'Orchomène, avaient un caractère secret par l'exclusion des hommes; l'inspiration divine qui était censée y être communiquée à ceux qui y prenaient part, les rites purificatoires qui les accompagnaient, tout tendait à en faire de véritables initiations.

[18] Dionysos transformé en chevreau, il en est de même pour le héros du conte kabyle Tafunast igujilen/La vache des Orphelins, poursuivi, comme Dionysos, par la haîne de sa marâtre, il se transforme en cerf ou en chevreau, selon les versions.

[19] Voila ce qu'écrit Gustave Moreau à propos de son tableau "Sémélé et Jupiter": "Alors sous cette incantation et exorcisme sacré, tout se transforme, s'épure, s'idéalise : l'immortalité commence, le divin se répand en tout et tous les êtres, ébauches encore informes, se dégagent de leur limon terrestre (...) C'est une ascension vers les sphères supérieures, une montée des êtres épurés, purifiés par le divin, - la mort terrestre est l'apothéose de l'immortalité. Le grand Mystère accompli, toute la nature est empreinte d'idéal et de divin, tout se transforme. C'est un hymne à la divinité."

[20] Le culte de Liber Pater, assimilé à Dionysos, fut toujours honoré. Il avait été de bonne heure populaire dans le sud de l'Italie, puis il se répandit dans toutes les provinces de l'Empire romain, notamment en Espagne, en Gaule et en Afrique du Nord. Saint Augustin disait de la cérémonie des Liberalia qu'elle était d'abord purement rurale, mais qui ne tarda pas à être célébrée dans les cités. Il disait que la cérémonie des Liberalia avait un caractère nettement phallique.

[21] Le trait trait essentiel des Liberalia qui marqua la transformation du dieu, d'où sortit le nouveau Dionysos Hades. Il devient dieu Chthonios. Le trait essentiel des Liberaliaqui marqua la transformation du dieu, d'où sortit le nouveau Dionysos mystique, fut son assimilation à Hades. Il devient dieu Chthonios par excellence, le monarque de la mort. Dieu mourant publiquement pour ressusciter avec le printemps. Il descend aux enfers pour en ressortir vainqueur, maître et auteur de la production végétative.   

[22] Comme la plupart des troubles psychologiques, le sentiment de culpabilité semble bien vu de l'extérieur. Cependant, il est matière à altérer de manière significative la joie de vivre de celui ou celle qui en est victime. L'individu atteint de ce genre de trouble a besoin de l'assistance d'une tierce personne : une personne de la famille ou un ami proche. A cet tierce personne incombera le devoir d'amener le troublé chez le thérapeute. Le thérapeute, quant à lui, s'attelera à libérer le souffrant de son sentiment de culpabilité maladif et par la même, l'aider à recouvrer son estime de soi.

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