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Méthode

Méthode de travail

 

Pour restituer en kabyle la mythologie gréco-romaine, nous avons opté pour le choix d'adapter dans la langue d'arrivée des mots d'origine grecques et latines. A la fois pour habituer le lecteur à des mots connus dans les langues dites vivantes et de l’amener ainsi à constituer par lui-même des mots scientifiques. Nous vous proposons comme exemple le mot « sisma » / seisme, d'origine grecque « sismos » avec lequel nous pouvons former des mots scientifique tels « sismulugiya / sismologie » ou encore « sismugrafiya / sismographie » et ainsi de suite. Il est impératif de doter notre langue de concepts gréco-latins si nous désirons accéder au registre linguistique universel et pouvoir donner ainsi au kabyle un statut de langue scientifique.

 

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XX. Anzar, paroles sacrées.

 

         Dans la légende explicative d'Anzar, rapportée par Génevois, on pouvait lire :

Il était jadis un personnage du nom d'Anzar. C'était le maître de la pluie. Il désirait épouser une jeune fille d'une merveilleuse beauté : la lune brille dans le ciel, ainsi elle brillait elle-même sur la terre. Son visage était resplendissant, son vêtement était de soie chatoyant.

         Elle avait l'habitude de se baigner dans une rivière aux reflets d'argent. Quand le maître de la pluie descendait sur terre, s'approchait d'elle, elle prenait peur[1] et lui se retirait.

         Un jour, il finit par lui dire : "Tel l'éclair j'ai fendu l'immensité du ciel, ô Toi, Etoile plus brillante que les autres, donne-moi donc le trésor qui est tien sinon je te priverai de cette eau."

         La jeune fille lui répondit : "Je t'en supplie, Maître des eaux, au front couronnée de corail, (je le sais) nous sommes faits l'un pour l'autre... mais je redoute le qu'en dira-t-on"...

         A ces mots, le Maître de l'eau tourna brusquement la bague qu'il portait au doigt : la rivière soudain tarit et disparut. la jeune fille poussa un cri et fondit en larmes. Alors elle se dépouilla de sa robe de soie et resta toute nue. Et elle criait vers le ciel : "Ô Anzar, Ô Anzar ! Ô Toi, floraison des prairies ! Laisse à nouveau couler la rivière, et viens prendre ta revanche."

         A l'instant même elle vit le Maître de l'eau sous l'aspect d'un éclair immense[2]. Il serra contre lui la jeune fille : la rivière se remit à couler et toute la terre se couvrit de verdure.

 

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X- Anzar, un rite d'alliance

X- Anzar, un rite d'alliance

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                  En Kabylie, quand la pluie cesse et devient une bruine, le brouillard et les nuages s'écartent pour laisser passer quelques rayons de soleil un tantinet aveuglants, c'est le moment que choisit Teslit n Wanẓar/La fiancée d'Anzar pour étendre ses belles couleurs, qui semblent venir du ciel et qui finissent leur course derrière la montagne, probablement dans le lit d'une rivière. Du moins c'est ce que les yeux observent durant ce divin spectacle. Un moment magique durant lequel le soleil et une pluie fine se mélangent, et où toute la nature baigne dans un liquide lumineux à la fois doré et argenté[1].

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XIX. Anzar, mariage rituel de fécondation

 

 

            Dans le rite d'Anzar rapporté par Genevois, il y a donc mariage et union sexuelle entre un immortel et une "mortelle". Après avoir tenté d'expliquer tant bien que mal, dans le cadre de la mythologie méditerranéene ( notammment libyco-gréco-romaine)  qui est Anzar, il est légitime de s'intéresser maintenant à la fiancée d'Anzar, la future épouse de la divinité de la pluie, celle qui consacre l'alliance sacrée entre les Kabyles et leur principale divinité.

 

            Les anciens, si nous croyons les textes grecs, voyaient les mariages consommés entre les divinités et les mortel(les) comme une malédiction. Cela semble être aussi le cas du mariage entre Anzar, dieu de la pluie, et sa fiancée, choisie, dans le mythe, par ses soins. Cette union est vue comme une malédiction car elle se noue sur un sacrifice : le sacrifice de la jeune fille offerte au dieu de la pluie.  

 

            Dans le cas où Anzar serait la réplique kabyle de Zeus, sa future épouse, à l'instar de Danaé, Europe ou encore Léda ou Alcmène, il est clair que la fiancée d'Anzar, dans tous ces cas de figure, ne pourrait être qu'une mortelle de sang royal, à savoir une reine ou une princesse. Toutes les unions du maître de l'Olympe sont les fruits de rapt et de tromperies. Aucune mortelle choisie par Zeus n'a été consentante et elles ont toutes souffert de leurs unions avec le maître de l'égide.  Le phénomène est aussi similaire dans le cas inverse, Ulysse a bel et bien rejeté les insistantes demandes en mariage de Circé et de Calypso. Il a refusé de sacrifier sa condition de mortel, même si le prix, en retour, s'appelait l'immortalité. En Kabylie, ne dit-on pas des hommes qui ont épousé Tiṛuḥaniyin/Les nymphes des champs, qu'ils vivent dans deux mondes, un monde visible et un autre invisible ? On raconte même que parmi ses "malheureux élus", il y en a qui ont des enfants avec les divinités suscitées.

 

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IX. Anzar, rite non sanglant

 

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IX


 

                  La cérémonie d'Anzar se présente comme un rite non sanglant. Même si la viande, fraîche ou sèche, figure dans le menu cérémonial, les participants au culte ne sacrifient aucun animal à cette occasion. Nous regrettons toutefois l'absence de précision quant au mode de cuisson de cette viande.  Etait-elle cuite, bouillie ? Sur les cendres ? brochée ? Dans l'huile ?...

                   Nous reviendrons un peu plus loin sur la raison pour laquelle nous soulevons cette question.

                  Durant le rite d'Anzar, nous avons donc vu que l’on ne sacrifie pas à la divinité. Le seul "sacrifice" dans le rite d'Anzar est l'offrande, en la personne de la jeune fille, qu'on offre symboliquement, vivante en sus, au dieu de l'eau.

Comme dans le rite d'Anzar, il existe dans la Grèce antique des rites non sanglants durant lesquels on brûle des aliments, des plantes et des végétaux. Par la suite, ces rites se transforment et prennent la forme d'offrandes de gâteaux ou de tout autre nourriture : l'homme abandonne aux dieux une part de ce qu'il va manger, d'où les libations de vin ou de lait, ou bien, comme c'est d'usage en Kabylie, où,  des vieilles femmes continuent de déposer encore de la nourriture à l'entrée des grottes ou sur les troncs d'arbres tels l'olivier, le frène, le figuier et le chêne.

 

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XVIII. Qui est Anzar?

 

 

Qui est Anzar ?

 

       Si nous tenons compte uniquement du mythe d'Anzar tel que rapporté par Genevois, nous constatons qu'Anzar avait toutes les caractéristiques de Zeus-Jupiter : Maître de pluie, qui descendait sur terre sous l'aspect d'un éclair immense...Ajouté à cela, comme Zeus-Jupiter, Anzar pratiquait aussi de son côté l'enlèvement des mortelles.

 

         Toutefois la ressemblance du mythe d'Anzar avec celui d'Amymoné, nous donne le droit de penser qu'Anzar pourrait être aussi Poséidon-Neptune, dieu de la mer.

 

         Mais le rite que Genevois nous suggère, en plus de Zeus et de Poséidon, une autre divinité, en l'occurence Dionysos, dieu du vin. 

 

         Dans la représentation tragique que les choeurs de procession présentent, il y a beaucoup d'éléments qui font référence notamment à la fois à Zeus, à Poséidon et à Dionysos.

 

         Les éléments qui font référence à Zeus, roi des dieux, se trouvent notamment dans le premier chant que la procession entonne en accompagnant la fiancée d'Anzar vers le sanctuaire de celui-ci  et dans le chant du choeur de femmes une fois réunies dans le sanctuaire :

 

Anẓar ! Anẓar !

Ay agellid, eṛz aγurar.

 

Anzar ! Anzar !

Ô Roi, fais cesser la sécheresse.

 

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VIII. Anzar, banquet cultuel

 

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Un immense cortège de femmes et d’enfants accompagne la matrone du village et la fiancée d'Anzar. A chaque seuil devant lequel elles passent, de nouveaux membres les rejoignent en chantant. 

Sur le trajet de la procession, on offre semoule, viande fraîche ou séchée, oignons, sel... Et les familles ainsi visitées jettent de l'eau sur les têtes, s'efforçant surtout d'atteindre la fiancée que le cortège emmène.

Une fois arrivée à la mosquée ou à l'un des sanctuaires (du village), les femmes déposent la fiancée. Puis elles se mettent à faire cuire ce qu'elles ont recueilli de porte en porte : huile, oignons... Et tous les accompagnateurs prennent part à ce repas. Celui-ci terminé, on lave sur place les ustensiles et on jette l'eau dans la rigole.   

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XVII - Anzar, la tragédie kabyle

 

       Après que la jeune fille[1] est déshabillée, elle s'offre à Anzar en faisant des tours autour du sanctuaire. Sa giration terminée, elle commence à déclamer des vers, que reprend en écho un choeur, composé de femmes du village.

           La jeune fille déclamant ses requêtes poétiques à Anzar et les  chants en écho et en choeur de ses accompagnatrices ont quelque chose de semblable à la première forme de la tragédie grecque, où un personnage déclame et un choeur l'entourant lui répond avec des chants. Le choeur peut être constitué d'hommes, de femmes ou les deux à la fois. 

 

         Le jeu de représentation théâtrale dans le rite d'Anzar se fait dans un esprit religieux, et l'origine de la tragédie chez les Grecs est aussi religieuse. Les tragédies sont jouées à Athènes à l'occasion des fêtes de Dionysos ou Dionysies, dont les grandes sont célébrées au début du printemps et les petites en décembre. Elles s'inscrivent dans le culte à Dionysos, dieu du vin et du théâtre, à travers des concours, comme les concours homériques s'inscrivant dans le cadre du culte d'Athéna, déesse des arts.

 

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VII. Anzar, union des corps d’un dieu et d’une mortelle

 

 

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Durant le rite d'Anzar, vers la fin de la cérémonie, quelques jeunes filles en âge d'être mariées, s'assemblent auprès de la fiancée, toujours nue, pour le jeu dit "Zerzari" ou "takurt". Le jeu se pratique avec une balle de liège.  Elles se regroupent autour d'un endroit plat, non loin du sanctuaire. Munies chacune d'un bâton, elles se disputent la balle, jusqu'à ce que celle-ci tombe dans un trou préparé pour la recevoir. Pendant ce temps, la fiancée déclame des poèmes et le chœur des jeunes filles lui répond avec des chants.

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XVI - Anzar, dieu sans temple

 

 

 

            Dans le rite d'Anzar, selon la version de Genevois, la procession des femmes, accompagnées de jeunes garçons, finit sa marche nuptiale à la "mosquée" du village ou au sanctuaire consacré à Anzar, lieu où les femmes doivent lui remettre la fiancée. 

 

         Nous avons déjà évoqué, dans les précédents articles, que lğamaε ne signifie pas littéralement mosquée, dans le sens habituel, dans l'esprit des Kabyles.  Lğamaε, pour un Kabyle est un lieu de rassemblement,  mais différent de Tajmaεt, qui signifie assemblée. Tajemaεtest l'assemblée politique, où les hommes se rassemblent pour parler des affaires du village. Lğamaε est un édiffice, surnommé "la maison de dieu", là où les pratiquants musulmans prient, mais aussi le lieu qui devient à l'occasion le temple d'Anzar ou d'autres divinités. Lğamaε ne signifie pas spécifiquement lieu de culte musulman, il constitue un panthéon de tous les dieux ou tout simplement un lieu de culte qui peut regrouper toutes les croyances, comme le précise le serment Jmaεliman/Par toutes les croyances, qu'on entend souvent chez les hommes, en Kabylie.

 

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VI. Anzar, mythe et cérémonial érotiques

 

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Nous avons déjà remarqué que dans le mythe d’Anzar, tel qu’il est rapporté par Genevois, le dialogue entre le dieu Anzar et la jeune fille ne souffre d'aucune ambiguité. Le dieu n’y va pas par quatre chemins pour manifester son désir sexuel. "Ffek-iyi akejjuḍ m-fkan/Donne-moi le trésor qui est tien." - Akejjuḍ signifie clairement le sexe de la fille. Quant à celle-ci, elle reste, dans sa réponse, hésitante, malgré son envie de s'offrir. Elle dissimule cette envie dans une pudeur, chère aux Kabyles, de fille de bonne famille,  tout en encourageant la divinité à la forcer. Et elle justifie son désir en devoir, voire en sacrifice : "Ay Anẓar, ay agellid uzaγar, asif err-as lεinṣer, ṛuḥ-ed ad d-terreḍ ttaṛ/Ô Anzar, laisse à nous couler la rivière, et viens prendre ta revanche." 

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XV - Anzar, fête de Dionysos

 

 

       La matrone du village, femme aimée de tous et de conduite irréprochable, devait procéder elle-même à la toilette de la fiancée d'Anzar. Elle remet à la jeune fille une cuiller à pot (Aγenja) sans aucun ornement qu'elle tiendra à la main. Puis elle charge la fiancée d'Anzar sur son dos.

 

         Un immense cortège les accompagne composé des gens accourus du village qui les suivent derrière.

 

         La jeune fille, sur le dos de la matrone,  brandit aγenja/une louche ou une cuiller à pot, sans aucun ornement, c'est-à-dire toute nue; et un immense cortège les accompagne.

 

       La louche est-elle en bois ou en terre cuite ?

         La louche est-elle scupltée ?

 

         Le cortège est constitué de femmes et de jeunes garçons, il processionne vers le sanctuaire du village, derrière la louche.

 

       Que pourrait représenter la louche ?

 

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V. Anzar, source et renaissance

 

 

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Dans le rite d'Anzar, quand les femmes dénudent la jeune fille,  elle s'enveloppe d'un filet à fourrage qu'elle  compare, dans son invocation, à l'hydre. Une hydre qui a faim et qui revendique sans doute sa part de sacrifice.

Invocation qui sonne comme un appel au secours, un cri de détresse,  un recours à dieu Anzar pour arracher la jeune fille des tentacules de l'hydre : la bête hideuse qui détruit le pays en assèchant les terres et en mangeant la chair humaine.  

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XIV. Anzar, jeu rituel de la guerre

 

      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Selon le rite d'Anzar rapporté par Genevois, après que les convives à la cérémonie ont mangé, la matrone du village enlève ses habits à la fiancée et la laisse nue comme au jour de sa naissance. La jeune fille s'enveloppe d'un filet à fourrage. Puis elle fait sept fois le tour du sanctuaire, tenant la louche en main de façon à avoir la tête de la louche en avant comme si elle demandait de l'eau, tout en tournant, elle répête :

 

Tajemmaεt texla telluẓ,

Tḥers-iyi amzun d talafsa.

 

Le filet à fourrage est vide, il a faim,

Il m'étreint comme ferait une hydre.

 

        Nous constatons dans l'image usitée, dans le texte cérémonial, que l'eau, est encore une fois, comme dans toutes les traditions méditerranéennes, liée à l'hydre. L'hydre à sept têtes, talafsa m sebεa iqquray, représentée par les sept tours que la fiancée d'Anzar effectue, toute nue, autour du sanctuaire sacrificiel.

 

        Genevois écrivait : "... tenant la louche en main de façon à avoir la tête de la louche en avant comme si elle demandait de l'eau,..." - Comme si elle demandait de l'eau : Là, l'auteur se livre à une interprétation qui reste probable, mais peu certaine concernant le geste de la jeune fille. Car la tête de la louche/Aγenja ou Iflu, selon les villages, pourrait aussi signifier la tête de l'hydre ou l'arme avec laquelle l'hydre doit être décapitée. Nous reviendrons un peu plus tard sur l'interprétation que nous vous proposons à propos de la tête de l'ustensile.

 

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IV. Anzar, du mythe au folklore

 

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Nous vous livrons ici deux mythes, le mythe d'Anzar chez les Kabyles et le mythe d'Amymoné chez les Grecs et nous essayerons de les comparer.

Le mythe d'Anzar : Il était jadis un personnage du nom d'Anzar. C'était le maître de la pluie. Il désirait épouser une jeune fille d'une merveilleuse beauté : la lune brille dans le ciel, ainsi elle brillait elle même sur terre. Son visage était resplendissant, son vêtement était de soie chatoyante.

 

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XIII - Anzar, fontaine de vie, fontaine des origines


SEFRou

        "D acu-k, ay Aẓar, ma yettu-k Wanẓar ?/Que deviendrais-tu, racine, si Anzar t'oubliait ?" -  Voici un proverbe kabyle qui rend compte de l'importance d'Anzar, à la fois en tant que dieu et en tant qu'eau.  Il est impossible aux racines des plantes de survivre si l'eau vient à leur manquer. L'eau est un matériau vital à la vie de tous les êtres vivants. Aucune vie n'est possible sans ce liquide cristallin qui court dans les veines des roches, de la terre, des arbres et du corps animal. Tout l'univers est constitué d'eau, selon le philosophe présocratique Thalès[1].  

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III. Anzar, mythe clandestin

 

 

arc-en-ciel-cilaos

 

Zik-nni, illa yiwen qarren-as Anzaṛ. D netta i d agellid n ugeffur. Yebγa ad yaγ yiwet n teqcict : aggur deg igenni, nettat di lqaεa. Udem-is yettak ticci; talaba-s d leḥrir amceεεal.

 

Taqcict-agi, degmi ara d-tekker teccucuf deg yiwen wasif, aman-is d imẓerfen. Akken ara d-iṣubb ugellid-nni n ugeffur ar lqaεa γer teqcict-nni, nettat tettagad, dγa ad yuγal.

 

Almi d yiwen wass, yenna-yas :

 

Aql-i gezmeγ-d igenwan,

A yiwen n yetran;

Ffek-iyi akejjuḍ m-fkan,

Neγ ad am-kkseγ aman.

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XII - Anzar a-t-il existé?

 


 

L'histoire rapportée par Genevois commence ainsi : Zik-nni yella yiwen qqaren-as Anẓar/Il était jadis un personnage du nom d'Anzar."

Voilà ce que  notre informateur a rapporté à Genevois : Il était jadis un personnage du nom d'Anzar. Il était jadis, ce qui signifie que notre personnage du nom d'Anzar n'est plus. Affirmation étrange, dite au moment même où notre informateur rendait avec les villageois des Aît-Ziki  un culte à ce personnage du nom d'Anzar. Car juste après l'affirmation de notre informateur de la non-existence d'Anzar, voir la légende explicative du rite, les habitants des Aït-Ziki lui rétorquent le contraire, notamment dans le chant que la procession entonne en emmenant la fiancée à travers les rues du village :

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II. Anzar, rite féminin

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Aux temps de sécheresse, les vieilles femmes du village se rassemblent et fixent le jour de la célébration d’Anzar. Le jour venu, la matrone du village, accompagnée de quelques femmes, se rend chez la fille choisie pour être la fiancée du dieu. Cette dernière est parée de beaux habits et de bijoux et elle est portée sur le dos de la vieille. (1) 

La matrone ouvre la marche et le groupe de femmes la suit. Elles forment un cortège et font le tour du village en chantant les louanges d'Anzar. Chemin faisant, elles s'arrêtent à chaque porte, de nouveaux membres, exclusivement des femmes et des garçons, les rejoignent avec de la galette, de la semoule, des figues sèches, de la graisse, des oignons, de la viande fraîche ou séchée, etc. La procession grandit, telle une boule de neige, au fur et mesure qu'elle avance vers le lieu de la cérémonie, à savoir la "mosquée" ou l'un des sanctuaires du village, comme la place publique ou le cimetière. Arrivés sur les lieux, les femmes déposent la fiancée, puis se mettent à cuire la nourriture recueillie. Tous les accompagnateurs prennent part au repas. Celui-ci terminé, on lave les ustensiles et on jette l'eau usée dans la rigole.

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XI - Anzar, le corps, l’homme et la mort

 

 

        Dans le dialogue entre Anzar et la jeune fille, le dieu compare la jeune fille à une étoile brillante et, dans sa réponse la jeune fille décrit le dieu en roi avec au front une couronne de corail.

        Voici donc les images que le dieu et la jeune fille ont utilisées pour se décrire l'un l'autre.

 

        Comparer une jeune fille à une étoile brillante, est sans aucun doute l'une des louanges les plus belles que l'être désiré pouvait recevoir de la part d'une divinité. Etoile brillante, la personne comparée à cet astre ne peut avoir de place que dans l'infinité et l'éternité du ciel, parmi les dieux et les déesses.

 

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Tafigurit n ddunit ɣer Yemzwura-nneɣ

(ixf amezwaru)

claude lorrain miyazaki chateau ambulant

Imezwura-nneγ ttgen aṭas azal i tmeddurt d wayen sen-d-yezzin. Ttidiren swayen sen-d-tefka tmurt, degmi ḥemlen akal, ttjuṛ, abeḥri yelhan, lmal, ifṛax, aman. Nnan-d zik-nni, imezwura-nneγ, am nutni am yegduden n wagerkal, ttamnen s yiṭij. Ma tegrem tamawt ad tafem mazal ar ass-a llan wagad yettgalen s teḥbult n yiṭij. Acimi ttamnen s teḥbult n yiṭij ? Imezwura-nneγ ssnen d acu i d azal n yiṭij. Zṛan d netta i d tudert. Zṛan lammer ad yexsi yiṭij, d ayen, ad tenger ddunit. Zran lammer ulac iṭij, tilli ur tettili ara tudert, ur tettili ara ddunit.  Iṭij, neγ tiṭ n igenni (akka s-iqqar Ayskulus, amyaru agrikki n tallit tis V zwar tallit-nneɣ) d netta, γer imezwura-nneγ, i d bab n tudert. Assagi, ula d imusnawen nnan-t-id, ammer ad yexsi yiṭij, ad tenger ddunit. Ammer mačči d iṭij, ur tettili ara tudert dagi di lqaεa. D netta i yettaken tudert i kulci, d netta i yettaken afud i kulci.

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