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            Les Kabyles disent tous "Akken qqaren at zik", "Comme diraient les anciens ou nos ancêtres". Le mot "At Zik", les "Anciens ou nos Ancêtres", est récurrent dans nos discussions entre Kabyles. Mais en le prononçant, aucun Kabyle ne prend le soin de définir de quels ancêtres il s'agit. Le mot "At Zik"est sacré, personne ne le conteste, mais il reste  toutefois confus et nous pouvons mettre dedans tout et son contraire.

            Pour les Kabyles, acquis aux thèses arabo-islamistes, qui aiment à se présenter comme de vrais Kabyles, ils se font un plaisir de rappeler, à notre bon souvenir, les miracles et les dires, souvent religieux, de nos ancêtres, qui ne sont rien d'autres que les cheikhs des Zaouïa et les chefs des guerres saintes. Des cheikhs des zaouïa et des chefs des guerres saintes qu'on nous vend comme des modèles de vertu et de savoir. Ces Kabyles, alliés de la politique du pouvoir algérien, ne jurent que par leurs ascendants religieux. Des Cheikhs qui, profitant de l'ignorance des habitants de la Kabylie, en ont profité pour spolier beaucoup de Kabyles de leurs biens. Combien de Kabyles ont été dépossédés de leurs terres et d'autres biens encore par ces prétendus savants ?

 

            Voici donc une tendance qui lutte pour maintenir la Kabylie dans le giron de l'Arabo-islamisme tout en glorifiant des Saints musulmans dont on nous dit qu'ils sont Kabyles et qu'ils ont lutté pour l'identité et la culture kabyles.

            Ces Kabyles de tendance arabo-islamiste, quand il remontent loin dans l'Histoire, nous donnent comme horizon rétrospectif la conquête de l'Espagne par le général Tarik Ibn Ziad. Ils nous disent que la langue arabe et la religion musulmane sont des faits historiques en Kabylie que personne ne peut remettre en cause. Ils se donnent même le droit d'incriminer les Kabyles qui ne croient pas en eux, en leurs ancêtres et en leur Dieu; ceux qui ne font pas le ramadhan; ceux qui boivent du vin; etc. Ils tentent souvent de discréditer les francophones et les berbèristes qu'ils accusent d'être à la solde de l'ancien pays colonial, en l'occurrence la France. Cette tendance fait la promotion des arts islamiques,  dont les chants confrériques, qui, aujourd'hui, par la bénédiction d'un régime totalitaire d'obédience arabo-islamique, reviennent en force. Voilà des choses que nous pensions un moment avoir dépassé, mais dès qu'il y a des moments de crise ou de doute, dès que la Kabylie frondeuse lâche du leste, cette tendance revient à la charge pour raviver la morale islamique et les clichés complétement usés.

 

            Cette tendance est puissante en Kabylie. C'est elle qui, avec l'aide du pouvoir algérien, occupe le terrain, gère le religieux, influence les comités de villages, au point de pousser ces organisations à voter des lois réprimant les actes anti-religieux, à construire des mosquées et à changer même les habitudes et les coutumes vestimentaires et alimentaires. Cette tendance a ses défenseurs dans tous les secteurs, y compris parmi les affidés des partis d'opposition, dits démocrates. Ces militants d'expression française, parfois vivant en France, empêchent toute discussion sur la religion.  Ils sont les fameux défenseurs de "La religion est du domaine privé". Ils ne le disent pas dans le but d'instaurer le droit à toutes les croyances, mais ils le font uniquement dans le souci de protéger la religion de leurs ancêtres.  Il y a même parmi eux des communistes se voulant universalistes, que le mépris de soi, pousse à minimiser tout ce qui est kabyle. Ils sont les pourfendeurs du Kabylismeet du Berbérisme, qu'ils aiment à définir comme réducteurs et racistes. Ces derniers  donnent des exemples d'hommes universels, en oubliant que ces grands hommes universels, sans frontières idéologiques, ethniques et religieuses, ont tous des Etas et des pays. Ce que nos universalistes accordent à tous les peuples de la terre sauf au leur, en l'occurence, le peuple kabyle. 

           

            Certains de ces miltants, se disent athées ou agnostiques, mais ils s'opposent à la laïcité car elle n'est pas une valeur de chez nous, tout en revendiquant du bout des lèvres la séparation du religieux et du politique comme dans nos anciennes assemblées kabyles. Ils se moquent des jeunes Kabyles qui fêtent la Saint Valentin, Noël ainsi que ceux qui se convertissent au Christianisme ; ils les soupçonnent de se convertir uniquement pour obtenir des visas afin de quitter l'Algérie. En revanche, ils appellent au respect de la croyance des jeunes Musulmans de Kabylie, où ils défendent la construction de nouvelles mosquées ainsi que le voile islamique. En somme, ils interdisent les autres croyances au nom des ancêtres et encouragent l'Islamisme au nom de la liberté. Etonnant paradoxe!

            Ces militants sont les partisans du nouveau concept : l'Islam kabyle, qu'ils nous présentent comme tolérant, différent de l'Islam officiel et celui des Islamistes, lesquels ils qualifient de faux religieux. Ce qui signifie, enfin ce que nous devons comprendre, c'est que l'Islam demeure quoiqu'il advient une religion de paix et de tolérance. N'est-ce pas la même conception qu'ont les Islamistes modérés des  Islamistes durs, à savoir que ces derniers ne sont pas de vrais Musulmans ?   

 

            Les tenants de la tendance arabo-islamiste en Kabylie sont pour l'enseignement de la langue arabe et la pérennisation de l'Islam en Kabylie. Il n'est pas difficile de reconnaître cette classe politique. Souvent ces acteurs politiques se présentent comme Berbères, ils disent que toute l'Afrique du Nord leur appartient, que tous les Algériens sont Berbères,  parfois ils poussent la bêtise jusqu'à affirmer que Dihia, la reine des Berbères qui a combattu les armées arabo-islamiques, a poussé ses enfants à embrasser l'Islam, c'est-à-dire la religion de ses ennemis. Ils disent que nos ancêtres avaient raison de chasser les colonialismes romains et français. Sans jamais préciser que la France est un pays laïc, sans religion officielle, ni que la Rome impériale était païenne. Ils prétendent que Rome et la France étaient catholiques. Quant aux Turcs et aux Arabes, s'agissant des premiers, ils sont venus nous aider contre les Chrétiens et les seconds,  ils nous ont ramené la parole d'Allah et ils sont repartis.  Pour eux, ceux qui nous ont arabisés et islamisés sont des Berbères et ils concluent qu'aujourd'hui, nous ne pouvons rien faire contre ce fait historique. Et il faut se résigner à vivre sur une terre d'Islam!

            Aujourd'hui, cette tendance a mis main basse, grâce au pouvoir algérien, sur toute la culture berbère, dans les médias comme la télévision et la radio. Ils parlent une langue kabyle pleine de mots arabes, ponctuent leurs dires avec des Inchallah et des Salamalecs, chantent la beauté de l'Algérie et ses réalisations postcoloniales, etc. Ces militants pour la normalisation de la Kabylie, selon le goût du pouvoir d'Alger, prononcent maladroitement les mots kabyles,  encouragent tout ce qui dénigre le Kabyle et sa culture. Ils folklorisent et caricaturent celui-ci à souhait au bonheur des dirigeants arabo-islamistes et nos ennemis. Le comble, cest que ces artistes au rabais, à la solde du système, sont grâcement payés.  

 

            Puis il y a d'autres militants, ceux qui ne souhaitent pas être Musulmans. Ceux-ci s'engouffrent parfois sans concessions dans la défense du Judaïsme et du Christianisme. Il y en a même qui se retrouvent Témoins de Jéhovah ou Evangélistes.  Ce sont ces adeptes de Jésus qui fêtent Noël, qui se réunissent clandestinement le dimanche pour célebrer des messes. Ces militants évangélistes, comme les islamistes, revendiquent la terre de l'Afrique du Nord comme la leur, celle de leur Dieu. Eux aussi utilisent beaucoup les ancêtres pour légitimer leur présence et leur droit de pratiquer leur dogme.  Ces militants, par leur nombre, sont méprisés et discriminés à la fois par les pouvoirs publics et les tenants de l'Islam en Kabylie.  Quoique ces Chrétiens rappellent à qui veut l'entendre que l'Afrique du Nord était Chrétienne avant d'être Musulmane, en Algérie, l'Histoire n'est cependant pas prise en compte et avant l'arrivée des musulmans en Afrique du Nord rien n'a de sens ni d'existence, du moins pour le régime ainsi que pour ses complices arabo-islamistes. La communauté chrétienne développe exagérément des valeurs d'amour et de tolérance contrairement à leurs adversaires sur le terrain, en l'occurrence les Arabo-islamistes. Mais les deux religions font du prosélytisme. Les Evangélistes ne voient le salut des Kabyles que dans leur conversion aux Evangiles, et dans leur reconnaissance du sacrifice du Fils de Dieu pour les Hommes. Les Islamistes promettent l'Enfer aux mécréants. Leurs activistes ne laissent aux Kabyles aucun répit. C'est la chasse ouverte, toujours au nom des ancêtres, aux montagnards d'âme païenne, hésitants et ignorants, pour ces monothéistes, pour qui la Vérité est consignée dans la Bible et le Coran. 

 

            Si les Chrétiens de Kabylie, peu nombreux, ne sont pas aussi inquiétés par la population locale qu'ils pourraient l'être dans d'autres régions d'Algérie, c'est le fait du syncrétisme traditionnel que les Kabyles pratiquent depuis  des siècles, un mélange de paganisme, de judaïsme, de christianisme et d'islam. Même si les Kabyles dans leur majorité portent le badge islamique, célebrent les fêtes musulmanes, ils échappent pourtant au dogme et à toutes sortes de fanatisme. Ils abritent toutes les croyances sans discrimination aucune. Pour eux, seules comptent les valeurs humaines, la religion vient après. "Yezwar ṭṭεam taẓalit/Le pain est avant la prière" reste le slogan de la majorité des Kabyles.  

            Comme les détenteurs de l'Islam, les Chrétiens non plus n'ont pas une haute idée de l'appartenance religieuse des Kabyles. Ils les voient de la même façon : des montagnards ignorant la chose religieuse. Tout leur discours est basé sur la vie de Jésus, le Sauveur qui a racheté les péchés de la Chute par son sacrifice; ce qui ne les empêche pas de laisser périr ceux qui refusent de le suivre. Comme les Musulmans, ils préchent le Dieu d'Abraham, glorifient les familles d'Orient au détriment des païens Anté-chrétiens.  A ce sujet, un ami nous a dit un jour : “Si vous installez un Kabyle villageois, un Chrétien et un Musulman dans un lieu particulier, et que vous donnez à chacun une parcelle de terre à travailler, soyez sûrs que le Chrétien et le Musulman ne travailleront pas leurs terres, ils se mettront à harceler le Kabyle villageois, à qui va le convertir et le déposséder du fruit de son travail." Comme dirait Aït Menguellet : "Win i d-iṛuḥen yebbwi-d Ṛebbi-s d amεiwen/Chaque envahisseur a ramené son Dieu comme aide."

            Les Chrétiens et les Musulmans, tous deux monothésites, sont en concurrence sur la terre de Kabylie. Chaque communauté réclame la part du lion, les uns en nous attachant aux seuls saints et papes chrétiens comme saint Augustin, Saint Cyprien, Tertullien, Saint Donat, Gélase I, etc,  les autres, à Tarik Ibn Ziyad, Ibn Toumert, Ibn Badis, etc. Ils se disputent la région en brandissant leurs livres devant le regard parfois ébahi des habitants de la contrée kabyle. Des religions qui divisent parfois des foyers, qui provoquent des déchirements et des divisions entre les membres d'une même famille. Ils ne tiennent aucun compte des Kabyles neutres, comme dirait Ait Menguellet, encore lui: "Siwa Nutni i d imawlan, nekwni nerna-d sufella/Eux seuls sont les enfants de ce pays, quant à nous, nous sommes des laissés pour compte." 

 

            Les Chrétiens et les Musulmans kabyles se croyant gens du livre méprisent les croyances de la Kabylie profonde qu'ils assimilent à la superstition. Ils nient l'existence des dieux et déesses anciens, au point de faire disparaître toutes les fêtes religieuses anciennes comme Yennayaer/Nouvel an kabyle, Amagger n tefsut neγ tameγra n ijeğğigen/L'accueil du printemps ou la fête des fleurs, Anẓar/La cérémonie pour l'obtention d'eau, Timecret/La fête du partage de la viandeque les Musulmans ont détourné pour en faire Taεacuṛt/Donner un dixième de sa fortune, une fête religieuse musulmane.

            La société kabyle, prise en otage, a oublié la joie et ses fêtes rituelles qui, jadis, aidaient à renforcer la cohésion entre les membres de la communauté kabyle. Cette communauté, qu'on peut qualifier de majorité silencieuse, même si elle continue à résister aux monothéistes, d'esprit sectaire,  perd du terrain petit à petit devant la volonté insistante des Musulmans. Une minorité agissante et fanatique qui, avec l'aide du pouvoir, n'hésite pas à s'attaquer à tout ce qui ne fait pas écho à l'idéologie arabo-islamiste. Aujourd'hui, les monothéistes musulmans sont en train de changer tout le paysage culturel kabyle par l'habillement, l'alimentation, le façon d'enterrer, de construire des mosquée. Ils le justifient par l'incursion du Christianisme dans la société kabyle. Le Christianisme que les tenants de l'Arabo-islamisme  excluent de tout le paysage religieux nors-africain et ce, malgré l'Histoire. Mais comme nous l'avons déjà souligné, cette discipline n'a aucune influence sur les peuples du sous-continent africain.

            La majorité silencieuse pratiquant le syncrétisme, quand elle évoque les ancêtres, ne puise ni dans l'Histoire ni dans les écrits des uns et des autres. On évoque ses proches ancêtres sans toutefois insister sur leur appartenance religieuse. Celle-ci ne prend pas une grande place dans l'évocation des ancêtres, seules comptent les actions et les dires qu'ils ont laissés derrière eux. Aucun parent ne renie son enfant pour sa mécréance et son athéisme.  Les Kabyles de la Kabylie profonde n'aspirent qu'à la paix et à une vie harmonieuse et décente.

 

            Les monothéistes, des deux tendances, chrétienne et musulmane, ont la prétention de représenter la Kabylie au niveau religieux.  Les nouveaux Chrétiens pratiquent avec le même esprit que les Islamistes. Adeptes des télévisions chrétiennes arabes, ils utilisent la même terminologie que leurs frères-ennemis. Sidna Σisapour Jésus, Sidna Yaεqub pour Jacob, Sidna Yusef pour Joseph... ils emploient les mêmes mots, concepts et discours. Quand nous lisons leurs productions religieuses, nous avons du mal à faire la différence entre la langue qu'ils utilisent et celle des Musulmans.  Alors que nous avons le droit d'attendre d'eux une autre langue kabyle, celle qui s'appuie sur le latin de leur ancêtre Augustin. La langue kabyle aurait beaucoup à gagner. N'est-ce pas la traduction de la Bible qui a fait le bonheur de la langue allemande ? - Les Chrétiens kabyles sont loin de toutes ces préoccupations, ce qui les intéresse est uniquement l'âme des Kabyles. En somme, aussi bien le Christianisme que l'islam se font dans la langue arabe. Les sources d'informations sont les télévisions et les médias arabes libanais, sis à Londres.  

           

            Pour les Musulmans,  le Christianisme est la religion des Français, l'ancienne puissance coloniale que nos Chouhadaset Moudjahiddinesont fait sortir du pays. Pour eux, la guerre d'Algérie, n'était rien d'autre qu'une guerre sainte où les Musulmans ont chassé les Chrétiens d'Algérie. Ils tirent leur légitimité du sang de ces Chouhadas ou Martyrs, c'est-à-dire ceux qui ont donné leur sang pour qu'Allah vive sur notre terre, (terme qui pour les Chrétiens signifie témoigner de sa foi, créé par les premiers Chrétiens de Rome sous l'Empire païen) Pour ces Musulmans, seul le sang de ces Chouhadas compte,  contrairement au sang des Dihia et Aksil, asséché par les quinze siècles d'islamisme. A leur tour, les Chrétiens ont aussi leurs victimes et leurs Martyrs, en l'occurrence les saints et saintes berbères torturés par les païens romains. Chaque religion nous présente des gens à haïr, les Chrétiens, les Romains païens et les Musulmans, les Français chrétiens. Pour les Chrétiens, même les ancêtres païens comme Massinissa et Jugurtha ne font pas très ancêtres, car païens. Quant aux Musulmans, pour eux, ils étaient des Djouhala, des ignorants. Depuis que les monothéistes sont aux commandes, ils ont corrompu toute la culture berbère. Toute la terminologie des mots a pris la forme arabe. Même l'assemblée du village que nous disons kabyle a vu son champ lexical transformé : Laminpour le chef de village, ṭamenpour son second, lğamaεpour le temple, ccṛaεpour la justice, ttufiq pour l'organisation, etc. Puis grâce à la guerre d'Algérie, tagmatt/La fratrie est devenue Lxawa, awal/mot Lkalima, sans compter des mots comme Listiqlal/L'indépendance, lḥuria/ La liberté, nḍeḥ/Se battre, tuṛa/La révolution, lḥeṛb/La guerre et d'autres encore. Langage que le parti unique a utilisé et continue d'utiliser depuis son indépendance à travers les médias kabyles.

 

            Chaque monothéisme revendique à lui seul la terre d'Afrique du Nord. Du moins, voilà un point sur lequel tous les Monothéistes sont d'accord, la haine et l'exclusion des païens et des sans-dieu(x). Les Juifs d'Algérie ne sont pas en reste : ils nous rappellent la judéité de Dihia, qui bien entendu justifie leur présence en Afrique du Nord.

 

            Nous pouvons donc constater ceci : les Chrétiens revendiquent l'ancêtre Augustin qui a mené la vie dure au paganisme, les Juifs glorifient Kahina-Cohen qui a lutté contre l'Islam et les Musulmans inscrivent au paradis les Chouhadaset les Moudjahiddinesqui ont chassé le christianisme de leur terre d'Islam.  Tout cela se fait sur le dos du Kabyle montagnard que chaque courant essaye d'utiliser pour implanter son drapeau dogmatique moyen-oriental sur les restes de l'antiquité païenne. Les trois monothéismes ont le même combat, extraire l'Afrique du Nord de sa culture et civilisation profonde, celle de Zeus, de Jupiter et d'Anzar. Ils ne sont d'accord que sur une chose : faire disparaître les croyances premières. Ils ne se reconnaissent qu'entre eux.  Ils ne s'appuient sur les Berbères "ignorants" que pour se combattre les uns les autres.

           

            La Kabylie est prisonnière de ces trois religions. Des religions qu'aucun Kabyle de terroir ne revendique officiellement.   Lui qui, jadis, vivait en paix et en harmonie avec son environnement, qui croyaient aux esprits des arbres, des fontaines, des montagnes, des rivières, des champs et de la mer : ses sources de nourriture et de joie, le voilà aujourd'hui, perdu, loin d'Anzar et de ses croyances, devenu proie au Christianisme et à l'Islam qui monnayent son adhésion avec de l'argent sale. Seul le retour aux fondamentaux pourra sauver encore ce pays méditerranéen et sauver avec lui, le monde d'Homère, de Virgile et d'Apulée. Afulay/Apulée le païen, que les Berbères ont cédé gratuitement au monde occidental. Ce dernier pour mettre fin au calvaire des religions monothéistes a fait un retour dans la culture et les valeurs antiques méditerranéenes. Quant à nous, nous avons troqué les écrivains païens contre des saints de tout acabit!

 

            Kabyles, faisons confiance à notre passé antique, revisitons nos ancêtres Libyens, Grecs et Romains. Ils sont nos seuls alliés historiques avec lesquels nous avons partagé la même mer, la même huile, les mêmes valeurs et les mêmes croyances.  Les différences de rites entre la Grèce, Rome et l'Afrique du Nord n'étaient qu'une affaire de variantes. Variantes qui existaient au sein même de la Grèce, de Rome et de l'Afrique du Nord. Jamais il n y a eu de guerres religieuses entre les populations de ces pays.

            Le retour aux valeurs antiques est la seule condition d'échapper aux luttes de clocher des trois monothéismes. Sommes-nous condamnés à vivre sous l'influence de ces dogmes prêchant d'autres valeurs et d'autres coutumes ? Sommes-nous soumis à ces philosophies orientales au point de nous renier et de sous-estimer devant des prédicateurs étrangers à notre civilisation ? Nous n'avons rien à apprendre du monothéisme, ni dans le domaine sprituel ni dans celui de la morale. La Grèce, Rome et l'Afrique du Nord antiques ont produit des penseurs et de la pensée qui aujourd'hui fait le bonheur des grandes nations occidentales.

Ils sont les inspirateurs de l'humanisme et de la Renaissance européenne.

 

            Ne nous trompons pas d'Ancêtres. La Méditerranée ancienne nous a laissé un grand héritage civilisationnel inestimable. C'est de ce trésor que s'est nourri et continue de se nourrir le monde moderne. Ce sont nos ancêtres méditerranéens, d'Athènes à Cyrène en passant par Rome, qui ont créé la culture universelle. Revendiquons cet héritage. Il est le seul rempart contre l'hégémonie des monothéismes hébraïques et contre l'absolutisme oriental. La culture contre le dogmatisme!    

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