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"Mais, à peine en chemin, mes envoyés se lient avec les Lotophages qui, loin de méditer le meurtre de nos gens, leur servent du lotos. Or, sitôt que l'un d'eux goûte à ses fruits de miel, il ne veut plus rentrer ni donner des nouvelles," disait Ulysse dans l'Odyssée, avant de ramener de force ses compagnons sur les navires qui se dirigeaient vers Ithaque, et d'embarquer aussitôt.

 

Les Lotophages, comme l'indque leur nom, sont des mangeurs de lotos, une sorte de plante qui les rendait amorphes. Au cours de sa deuxième étape après les Cicones, Ulysse envoie deux éclaireurs non armés reconnaître les lieux. Les éclaireurs furent bien accueillis par un peuple, paisible, qui se nourrissait du matin au soir de lotus, plante de l'oubli. 

 

Selon Jean Pierre Vernant : "Le passage par les Lotophages marque pour Ulysse l'accès aux mondes inconnus et inquiétants, que son parcours va désormais avoir à affronter. Surtout, parce que ses habitants offrent la délicieuse nourriture de l'oubli, il est la première étape d'une épreuve existentielle, celle de la défaillance de la mémoire. Sur le périple d'Ulysse, pèse en effet le danger permanent de l'effacement du souvenir et de la perte du désir de retourner dans la patrie natale. Pour être homme, il faut pouvoir surmonter l'oubli, "se souvenir de soi et des autres". Tel est l'arrière-plan de toutes les aventures d'Ulysse.   

 

Ulysse, de peur d'oublier sa patrie,  a fui ce peuple pacifique, dont l'oubli est la manière de vivre : il a oublié d'écrire son histoire, d'écrire ses mythes, pour se souvenir plus tard de son passé. Il est tombé dans la léthargie, dans l'insouciance, dans l'oubli de soi. Il a toujours accueilli les voyageurs la fleur de lotus à la main. C'est "love and peace" avant l'heure. Mais les peuples passants n'étaient pas tous pacifiques comme lui. Ils ont profité de son Etat d'ivresse permanent, de son sommeil profond pour le spolier de son histoire, de sa terre, de sa culture et de son identité. Toujours ivre, le Nord-Africain - mais d'une ivresse venue d'autres drogues que le lotus - s'adapte, parfois fanatiquement, au monde de son dealer. 

 

  Si le lotus avait permis au Lotophage de vivre sans soucis sous le soleil, le nouveau dogme l'a poussé vers la ténébreuse caverne, le ventre du monstre du Tartare. Enchaîné, il ne voit passer qu'une faible lueur du soleil d'antan. Par la bouche de la grotte, il voit le monde des images "médiatiques" bouger sur les parois de son Tartare. Il voit sur son écran de fumée le théâtre des ombres d'un monde réel, qui se joue sur la Terre, sans lui. 

 

Un monde qui le décrit et le désigne comme il veut. Selon l'époque et l'air du temps, les passants s'amusent à lui rendre visite comme à un primitif dont on ignore l'origine et la provenance. Et lui, adepte des mirages et des ombres, ne croit plus à ce que son semblable, l'échappé des Enfers, revenu du réel pour le libérer, lui raconte d'un autre monde vivant, au-dessus de la terre, où le soleil brille, des êtres libres dansent, chantent, aiment et rêvent. Il finit même par le soupçonner, l'accuser de folie, puis par le menacer de mort s'il persiste à le convaincre de l'existence d'un autre monde. 

 

C'est l'Histoire des mangeurs de lotus devenu le peuple des cavernes. Celle de  l'enchaîné qui affectionne son bourreau, du prisonnier  qui embrasse ses chaînes en écoutant les poètes, les oiseaux de mauvaise augure, chanter la vie et la liberté. 

 

Il aime son ange Gabriel, le gardien de la grotte, qui lui promet la  délivrance le jour du jugement, à la fin des fins des temps.  Des jours meilleurs l'attendent au-delà du Léthé : des vallées florissantes, traversées par des fleuves de nectar, dans lesquelles se baignent des nymphes vierges qui ne demandent qu'à panser ses plaies, calmer ses douleurs et essuyer ses larmes, causées par des désirs de vivre diaboliques inassouvis qu'Apollon inspire par sa beauté et Dionysos par son ivresse de vivre, toujours présents, résistant dans son corps à l'oubli que leur impose son âme asservie, enchaînée;

 

Le Lotophage est toujours là, prêt à mourir pour retrouver les vastes vallées de Dieu. Gabriel n'omet jamais de lui raconter une histoire, son histoire à lui et celle de sa famille, comme à un enfant avant de dormir : l'histoire de ses parents aimés de Dieu, de sa terre sacrée qu'il a quittée, de ses nobles ancêtres, du paradis perdu à cause de la femme complice du serpent maléfique, des vices sataniques que la vie inspire, puis de la destination finale, la mort, le paradis retrouvé pour les souffrants et les enchaînés. 

 

De la caverne à la tombe, il n y a que la foi. La foi en un Dieu de la mort. Gabriel rappelle au Lotophage la parole de Dieu. La seule vraie. Mais quand le Lotophage lui demande de lui raconter l'histoire de ses parents à lui, Gabriel lui dit que ses ancêtres étaient des sauvages sans âme qui ne connaissaient pas la parole de Dieu, qui adoraient Bacchus et qui se vautraient dans le vice et la luxure. Quelle chance pour lui et ses frères d'être enchaînés! Les chaînes leur évitent la perdition et les empêchent de sombrer dans le pêché.

 

Parfois intrigué, le Lotophage se rappelle des paroles de son semblable qui est revenu du réel, il demande à Gabriel les nouvelles des gens qui vivent dehors sous le soleil. Gabriel le rassure de la mauvaise santé mentale de son semblable: celui-ci, en séjournant sur terre, a gouté dans sa faim au fruit de la connaissance. Le fruit qui a chassé l'homme du paradis et qui veut le maintenir sur Terre. Le fruit qui empêche l'homme de retrouver le paradis qu'il  a perdu. 

 

Gabriel maintient le Lotophage dans ses chaînes et dans la peur de les voir un jour se briser ou brisées par la volonté de son semblable, qui cherche à l'éloigner du droit chemin menant à la mort. Il a peur de suivre son semblable qui, en route vers la mort, aime prendre des détours, marche lentement, se repose en chemin pour dormir, manger, boire, faire l'amour et respirer. Ce vicieux qui quitte constamment le droit chemin, qui profite des joies et des plaisirs de la chair, qui n'est pas pressé d'arriver au terme de sa vie, qui hésite de franchir le ravin, qui ne croit pas aux nymphes vierges de l'au-delà... Le vicieux qui veut créer son paradis sur Terre, sans même l'aide de Dieu. 

 

Rassuré, le Lotophage toise d'un regard triomphant son semblable qui veut le libérer. Ce dernier, las et fatigué, n'a désormais qu'un seul allié : le Temps. Celui qui viendra un jour briser à coups de rouille ses chaînes et qui le fera fuir, comme Ulysse, sur un radeau de fortune. Radeau qui l'emmenera loin des mangeurs de lotus et du peuple de caverne. Loin, de l'autre côté de la Méditerranée, où il pourra rêver des lendemains qui chantent. C'est au delà que l'exilé de la liberté compte réveiller ses semblables enchaînés, leur faire quitter la grotte pour voir, enfin, le soleil. Eux, les enfants de Gaïa, emprisonnés dans le ventre de leur mère par le nouvel Ouranos, venu d'Orient, et que Kronos guette avec sa faucille d'acier.

 

Le petit Kronos, tenu loin de sa patrie, que le "nouveau héros pacificateur oriental" veut étouffer dans les airs de l'exil et l'empêcher de toucher sa mère Gaïa, qui lui redonne vie et force, à chaque fois qu'il pose le pied sur sa terre. 

 

La Renaissance de l'Africain du Nord est en cours. De l'émasculation prochaine du nouvel Ouranos, l'Africain du Nord reverra la renaissance de Vénus dans l'écume des eaux de sa Méditerranée. La déesse qui viendra à nouveau  faire battre son coeur pour la vie et l'amour de la vie. 

 

Cette idée est en marche, patience et longueur de temps font plus que...  Et comme dirait Victor Hugo : "Rien ne peut arrêter l'idée dont le temps est venu."

 

             

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