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Aux Chrétiens de Rome qui le surnommaient Julien l'Apostat, l'empereur Julien[1] disait : “Qui est l'apostat, vous qui adorez le dieu nouveau des Galliléens ou moi qui suis resté fidèle à Jupiter et aux dieux de nos ancêtres ?"

        Un ministre algérien vient de déclarer, au nom de son Etat et gouvernement, que Yennayer, le nouvel an amazigh, est une hérésie.     

        Cette déclaration d'un représentant politique algérien, issu d'un coup d'Etat, nous va droit au coeur et nous remplit de joie, car nous nous imaginons mal partager le retour du soleil avec les prédicateurs des ténèbres, avec les représentants politiques qui n'existent que par le déni de la lumière, de la vérité, de la joie et de la justice. Il est donc normal qu'un ministre algérien réagisse par la négative à la célébration de Yennayer, après tout, le faux ne reconnaît que le faux et l'illégitime ne se maintient que par l'illégitime.

        Nous ne nous pouvions pas nous attendre à mieux que cette déclaration de la part de tenants d’un pouvoir pratiquant l'inversion des valeurs, le mépris de tout ce qui leur rappelle leur position d'hommes sans valeur. Les voleurs, les criminels et les menteurs n' admirent que les voleurs, les criminels et les menteurs.

Yennayer est un repas d'amis, où l'on mange et festoie pour fêter le retour du soleil ensemble, non un repas d'affaires, encore moins un dîner dassociations de malfaiteurs et de bandits de grands chemins. Quand des familles amazigh se réunissent le soir, autour d'un couscous poulet, pour célébrer Yennayer, c'est juste pour déplumer un poulet de fête, mais pas les pauvres gens. 

        Yennayer, une fête antique, plurimillénaire,  qu'un pouvoir d'un demi siècle, politiquement hérétique et illégitime, veut faire passer pour une hérésie. Une hérésie, la joie que procure à l'humanité le retour du soleil? Le soleil adoré par nos ancêtres, à leur tête Massinissa, le grand roi numide dont l'héritage est tombé hélas entre les mains des serviteurs volontaires de tout ce qui les rabaissent, les diminuent et les humilient. Et pour se venger, ces esclaves “modernes”  se retournent contre leur peuple, leur histoire, leur langue, leur culture... en épousant les causes de leurs maîtres  comme l'esclave de Kafka, qui pour devenir maître, ôte le fouet des mains du sien et se met à se fouetter.      

        Dans le cas où le ministre l'ignore, il doit désormais savoir qu'il est sur une terre qui  a connu toutes les religions, il ne suffit pas de renier ou de déclarer une pratique religieuse hérétique pour qu'elle le soit, même au nom d'un Etat, qui - faut-il vraiment le dire? - est loin de détenir le savoir et la vérité. De quelle hérésie parle-t-on? D'une pratique païenne, plus vieille que tous les monothéismes réunis ? De quel droit décréte-t-on hérétique telle ou telle chose ? A croire que nous sommes encore au Moyen âge où l'église pratiquait l'inquisition contre l'hérésie, tout ce qui n’était pas orthodoxe. Notre ministre doit savoir que l'inquisition moyen-âgeuse a perdu la partie et c'est ce qui arrivera à toute inquisition monothéiste menaçant les libertés et les croyances des autres.  A ce sujet, l'islam n'a rien apporté de nouveau, en matière de lutte contre le paganisme, l'Afrique du Nord a connu les harcèlements de l'église bien avant ceux de la mosquée, et pourtant Anzar, Yennayer, Amagger n Tefsut sont toujours là.  

        Si l'Etat algérien renie Yennayer, il ne fait que son devoir d'Etat colonial ou d'Etat servile au service d'autres puissances coloniales, qui n'ont aucun interêt à voir renaître la civilisation méditerranéene, celle qui a disparu après la chute de Rome antique, et qui, aujourd'hui, est devenue le théâtre de déchirement des trois monothéismes. Vaincus au Nord de l'Europe, ils s'acharnent chacun à démonter la mer d'Ulysse,  pour empêcher chacun de nous à rentrer dans son Ithaque.

        Contrairement au ministre algérien qui fête ostensiblement et politiquement les fêtes musulmanes, le paysan amazigh fêtent les siennes païennes et même musulmanes sans aucune différence et sans tambour battant. A se demander où réside l'intolérance et l'ignorance, chez l'un, responsable d'un pays ou chez l'autre, qu'on traite d'hérétique et dont les ancêtres, selon nos chevaliers de l'islam, sont des djouhalas ?  Le paysan amazigh descendant d'Apulée, de Terence, de Juba II, qui est encore fidèle aux valeurs d'autres ignorants tels Platon, Socrate, Epicure, Sénèque et de tous ceux qui ont vécu avant que les lumières des monothéismes ne viennent nous montrer le ciel, tout en nous spoliant de nos terres. C'est cela même la fonction du prosélytisme et le rêve de tout gourou sectaire. Par la bouche de Zarathoustra, Nietzsche disait : "Je les connais trop bien ces hommes qui sont à la ressemblance de Dieu(x), ils veulent qu'on croit en eux et que le doute soit péché."

        Imaginons un moment le paysan amazigh, fier de ses ancêtres et de ses croyances comme l'est le ministre algérien, il pourrait lui aussi, à son tour, accuser de mécréance toute personne ne croyant pas à Anzar, ne fêtant pas Yennayer et Amagger n Tefsut. L'Anathème pourrait changer de camp et l'hérésie aussi. Comme dirait l'autre: "Nous sommes pour le respect des religions, mais uniquement de la mienne."

        Le ministre algérien et son Etat ont une religion, qu'ils imposent à tous comme une constante, comme si, dans leur fragilité et leur faiblesse, ils avaient besoin de l'affimer avec force, car ils savent que  l'Afrique du Nord est un carrefour de toutes les croyances, que Zeus-Jupiter-Anzar est encore là, que les Chrétiens revendiquent leur histoire et que des milliers de Musulmans amazigh ne refusent pas de fêter la vie et le retour de la lumière en hommage à leurs ancêtres.

        

        Seuls le fanatisme religieux et l'envie de domination de l'autre sourd dans le discours de ce ministre algérien, échappé des croisades et d'autres guerres religieuses révolues. Qu'il arrête de jouer au missionnaire rétrograde, le monde est assez grand pour abriter les êtres humains de toutes croyances et non-croyances. Seules comptent les valeurs humanistes connues et promues par nos ancêtres païens et auxquels les dogmes orientaux n'ont rien apporté qu'ils ne connaissaient déjà. Que les pouvoirs de l'Afrique du Nord prennent exemple sur les Romains. En occupant un pays, tout Romain s'installant sur les terres d'un pays conquis, oublie les dieux de Rome et se met à adorer les dieux locaux. Ils ont même accueilli symboliquement et en grandes pompes les dieux et les déesses africains après l'invasion de l'Afrique. L'empereur Hadrien a émis même une pièce de monnaie à l'effigie de Tifrit, Afrika en latin, déesse numide de l'agriculture. Mais ce temps-là, celui du respect des cultes des autres, de la mesure, de la raison et de l'honneur, c’est celui des valeurs des temps païens, que certaines populations, refusant les vérités du "maître" auto-proclamé, continuent non seulement de perpétuer, mais aussi de célébrer.            

        

 

[1] L'empereur Flavius Claudius Julianus (331/332-26 juin 363), empereur et philosophe, proclamé empereur de Rome de 361-363, période durant laquelle il tenta de rétablir le polythéisme dans l'empire romain, ce qui lui a valu le surnom de Julien l'apostat par les Chrétiens.  

 

 

 

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