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Yyaw kan !

            Akken kan mazal aggur i 20 yebrir, tudrin n Leqbayel bdant ttheggint i tikli tameqrant : tikli n ijeğğigen, akken ad maggren tafsut, tagwennect n tudert. Irgazen d tlawin, imeqranen d imecṭuḥen, glan s ibenduyar, s ijewaqen, s snitrat d ṛṛayat, ffγen deg ixxamen-nnsen,  gan tiqquftin, am zik-nni, ṭṭfen iberdan, s ccna deg yiles. D tiquftin timecṭuḥin, llulent-d di yal taddart, teddunt, ttεeddint γef tudrin nniḍen, renun-d γer-sent lγaci, ttumγurent.

            Atan iεdda-d yiwen umesbrid, ibedd, yuγal yesteqsa yiwen seg widak-nni d yeddan deg yiwet n tqufett : "Anada akka tetteddum ?" - Yenna uqeffaf-nni : "A nṛuḥ ad d-nagum aman." - Yenna-yas umesbrid-nni : "Anida ?" - Yenna-yas uqeffaf-nni : "Di Teqsebt." Amesbrid-nni, imi iwala akkenni, yettu γer wanda iteddu, dγa idfer taqufett-nni.

            D izumal n yemdanen i iteddun, ma d taḥbult n yiṭij, nettat, deg igenni, tesdarray fell-asen.  

Tikuṛsin d iṭubbisen ṭṭafaren deffir tquftin-nni, ttεawanen iwesuren d wagad yeεyan. Maca diγen m ara d-yili kra, yella win yeγlin neγ win ur nezmir ara ad yeddu, ad t-tawin. Tamurt n Leqbayel akk tedda-d, llan gar imesbriden-nni ula d wagad yeznuzuyen aman d umaçça.

            Aṭas gar iqeffafen-nni i ittebdaden, ttuγalen s axxam, maca ttuγalen akken ad d-sgunfun, zwar diγen ad d-uγalen γer tikli. Tiquftin-nni, nutenti, ttεeddayent γef tudrin, ttebdadent dinna m ara tent-yeṭṭef yiḍ, ttgen tieγriwin, anda cennun, tturaren amezgun, ceṭṭḥen.

            Abeḥri yelha, zeddig yerna yeḥma. D tafsut, uzu yeğğuğeg, yettakk-d tariḥt tsekker. Ifṛax, ttwaγwin, bdan ula d nutni ccna akk d iqeffafen-nni. D tafsut i d-yezzin, d tudert i d-yezzin. Irgazen d tlawin-nni, ccebḥen-d akk, feṛhen s ddunit-nnsen, feṛḥen imi llulen di tmurt n Leqbayel. Nγan tanumi, nγan leḥzen.  Ttefγen-d am iferṭeṭṭa di teγlafin-nnsen, akken ad zzin, am wid-n isekkren, γef ijeğğigen .

            Ilmeẓyen d telmeẓyin, cennun tajmilt i tudert, i Lala Zegza m iberwalen, tinna sen-icebḥen tamurt-nnsen d wulawen-nnsen. Kkern-as i webrid s talwa(joie) d tedfi(plaisir). Ad inigen a d-awin aman di Teqṣebt, aman, tala n tudert, winna akken swayes yumen Weqbayli si zzman aqdim. Aman, lwir n tmurt n Leqbayel alebdi, ayla n Wanzar,  agellid n ugeffur.

            Tamurt n Leqbayel akk tedda. Imesbriden teddun γer waman, anda ara maggren Tafsut akken iwata, anda ara s-rren tajmilt γef ccbaḥa-nni akk i d-tefka i tmurt-nnsen, tamurt n Wagerakal, i icebḥen am yesetma-s, timura n Tegrikt d Ṭelyan.

            Imedyazen cennun γef tmurt, isebbaγen sebbγen ayen ttwalint wallen-nnsen, agad yettfuṭuyen, nutni, ttaran d lebda tignatin-nni n tudert, yella yettidir wegdud, di tikli-ines γer tlelli, γer lisser, γer targit. 

            usan-d lγaci si yal tama. Yal  taqufett tusa-d am wasif, mlalelnt-d akk γer wemda n Teqṣebt, anda ten-negguni imesbriden nniḍen, iten-id-yettmaggaren s wezmumeg, s tesfifin d ujeğğigen.  Yal amesbrid yuẓẓa γer waman, iger ifassen-is, yeselxes udem-is akken a d-yaki, syen sakkin, iḍegger tajeğğigt-nni d-yewwi deg ufus-is ar waman, zwar ad yeẓẓel γef weksa azegzaw.

Yyaw a nesefrut Targit,

Yyaw a negt Inig,

Yyaw a nettrit tamurt n Leqbayel, akal-is, d tudert-ines,

Yyaw a s-d-nerret i wakal-is iseγma-ines n tidett; yyaw a tt-nerret d akal n tefsut, n tmeγra, d tensufit d tedfi;

Yyaw a nget tikli n zzman;

Yyaw a nerret tajmilt i Tfusi (nature) i γ-d-yefkan tudert;yya ad s-nerret, i tikelt tamezwarut, tajmilt tuklal;

Yyaw a nemlil yid-es, yyaw a nekkset tilist yellan gar-aγ d yiman-nneγ, d umezruy-nneγ d wayen d-yetteddun.

            Atah yinig i tra ad teg yid-wen, yiwen wass, Mare Nostrum. A nebbaεed γef tnumi, γef ffacal d leḥzen. A neḍfert taḥbult n yiṭij, γer uzekka yelhan, γer tefsyin nniḍen, tidak-nni ar γ-d-yettawin taggara imezuyaṛ di tmura n Wagerakal akk d ddunit meṛṛa. Yyaw ad d-nesken i leğnas nekkni d agdud yezhan, yerna nḥemmel talwit. Yyaw ad sen-d-nesken d akken taγerma-nneγ ur temmut ara. Yyaw ad sen-d-nessen d akken nessen a neddukkel, nezmer ad neg timeγriwin d tmesbaniyin timeqranin, am Ihendiyen-nni yeddan d Mahatma Gandi γer yilel wwin-d tasent; am Ihendiyen m ara refden ad serren tajmit i wasif n Gunj; i ibeṛzilen d Ibinisiyen i ttgen ikarnabalaten di Binisya d Riyu. Issefk azekka; as s-qqaren yegduden nniḍen, yal m ara d-yezzi useggas :

"Assagi d tafsut n Leqbayel."


Appel

Fête des fleurs

Imagine

            A un mois du vingt avril, les villages de Kabylie se préparent, pour la grande marche : la marche des fleurs, pour accueillir la belle saison. Des hommes et des femmes, jeunes et moins jeunes, munis de tambours, de flûtes, de guitares et de drapeaux, quittent leurs maisons, constituent des processions, comme dans le temps, et s'en vont par les chemins, avec des chants à la lèvre. Des petits cortèges naissant ici et là, dans chaque village, qui sur la route, ne tardent pas à grandir, en passant par d'autres villes et villages, qui les attendent.

           

            "Où vont tous ces gens-là ?" questionne un étranger de passage", "Accueillir le printemps", lui répond l'un des participants. "Vous marcherez jusqu'où ?" , "Chercher de l'eau à Taksebt". L'étranger interrompt son voyage et prend part à la marche.

            Des milliers de pélerins marchent, et le soleil, au-dessus veille, veille sur eux.

           

            Des voitures et des bus suivent derrière les marcheurs, secourent les fatigués et les plus âgés, les nourrissent, et à l'occasion, évacuent ceux qui ne peuvent plus avancer. Toute la Kabylie est mobilsée, il y a parmi la foule de pélerins même des vendeurs d'eau et de nourriture.

            Beaucoup de participants abandonnent parfois leur mission, rentrent chez eux, pour se reconstituer le corps et revenir plus déterminés que jamais à terminer le voyage. Les processions font des haltes dans les villes et les villages, pour y passer la nuit. Des nuits de fêtes où les hommes et les femmes assistent à des spectacles de chants, de théâtre et de danse.

           

            L'air est si pur et le temps est doux. C'est le printemps, les genêts ont fleuri et dégagent des parfums sensuels. Les oiseaux, excités, entament aussi leurs choeurs, à l'unisson, avec les hommes et les femmes. C'est le printemps qui arrive, c'est la vie qui revient. Les pélerins, tous gaiemment vêtus, sont contents d'exister, de naître en Kabylie et d'y vivre. Ils ont battu la monotonie, la tristesse et la mort. Ils sortent de leur cocons d'hiver, comme des papillons de leur chrysalide, pour aller tourner, comme des êtres ivres, autour des fleurs.

            Des jeunes, sur la route, chantent des hymnes à la vie, à la belle saison, celle qui embellit leur pays et leurs coeurs. Ils affrontent les routes avec joie et plaisir. Ils vont ramener de l'eau au barrage de Taksebt, l'eau, la source de la vie. L'élément que le Kabyle a et continue de vénérer depuis la nuit des temps. L'eau, la richesse de la Kabylie éternelle, l'attribut d'Anzar, dieu de la pluie.

            Toute la Kabylie est sur le chemin. Les pélerins convergent vers l'eau, pour accueillir Lala Zegza comme il se doit, lui rendre hommage et la remercier de la beauté dont elle pare le pays kabyle, ce pays méditerranéen aussi beau que ceux de Grèce et d'Italie.

            Des poètes récitent leurs hommages, des peintres peignent les paysages, des photographes éternisent des instants de vie d'un peuple qui marche vers sa liberté, son  bonheur et son nirvana.

            Arrivés de toutes parts, les pélerins entament la dernière ligne, avant d'arriver au point d'eau, où d'autres voyageurs les attendent. Ils accueillent les arrivants avec des fleurs, des dentelles et des sourires.

           

            C'est la halte finale, la fin du voyage, ils sont tous venus, de toute la Kabylie et le barrage les a tous pris dans ses bras. Ils touchent l'eau, ils se mouillent le visage, pour se réveiller, avant de jeter chacun sa fleur dans l'eau, et s'allonger sur le sol à herbe verte. 

            C'est le vingt avril, jour sacré, la fin des peines et des blessures, la reconciliation entre les fils de la terre kabyle, loin de toute préoccupation sociale, économique et politique. C'est la grande communion, où les hommes et les femmes, face à l'eau, renouent avec la fête et la vie. Tous les enfants de la Kabylie sont là, ils sont venus de partout, d'Europe et d'Amérique. Le voyage vaut le coup, initiatique et réunificateur.  Un voyage fondateur d'une nouvelle Kabylie. Un voyage de renaissance et retour aux sources.

Faisons le rêve;

Faisons le voyage;

Apprenons à aimer la Kabylie, ces paysages, et la vie qui s'y trouve;

Redonnons à notre terre les couleurs qu'elle mérite; faisons d'elle une terre de printemps, de fête, d'accueil et de plaisir;

Faisons la marche du siècle;

Soyons reconnaissants à notre nature qui nous a donné la vie, rendons-lui, pour une fois, l'hommage qu'elle mérite, communions avec elle, brisons les frontières qui nous séparent de nous-mêmes, de notre passé et de l'avenir.

            Voici Le voyage que Mare Nostrum aimerait faire avec vous, un jour. Loin de la routine, de la léthargie, du deuil, nous suivrons le soleil, l'astre céleste, vers les lendemains qui chantent, vers d'autres printemps qui ne manqueront de faire venir, plus tard, des millions de visiteurs de toute la Méditerranée et peut-être du Monde.  Montrons au monde que nous sommes un peuple joyeux et pacifique, que notre civilisation n'est pas morte, que nous sommes capables de nous organiser et d'organiser de grands évènements dignes de la marche de sel du Mahatma Gandi, du voyage initiatique des Indiens vers le Gange et  des grandes manifestations carnavalesques de Venise et de Rio. Faisons dire au monde, chaque année, à la même époque :

Aujourd'hui, c'est le printemps en Kabylie.  "Assagi d tafsut n Leqbayel."

 

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